Ma Vie De Château...

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jeudi, septembre 2 2010

Une case à cocher

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Dehors, il fait presque nuit. Les enfants sont couchés et les bisous, un peu spéciaux ce soir, ont été donnés. Demain Leia retrouve sa vie de collégienne et Rémi sa nouvelle maîtresse qu'il a vu ce soir à la sortie de l'école. Elle est très gentille et son sourire m'a affirmé que mon petit garçon passera sans aucun doute, encore une chouette année.

Demain, lorsque je franchirai la porte d'entrée sans lui, je sais déjà que le vide qui viendra me prendre juste là, me parlera aussi de liberté. Cette année, je n'ai pas envie de culpabiliser parce que je fais partie des mamans heureuses d'avoir déposé un dernier baiser sur la joue de son petit garçon en pensant: « A moi la liberté!. » Cette liberté, un peu étourdissante au début, je veux la dévorer, la croquer à pleines dents. Je sens déjà que ses trois heures accordées vont me sembler très courtes aussi, qu'il me faudra plusieurs matinées pour être rassasiée et j'ai déjà fixé mes priorités.

Ce matin, avec beaucoup d'émotions dans la gorge, je lui ai confié mon envie d'aller droit au but, je lui ai parlé des chevaux et je lui ai dit que je pensais réellement pouvoir enfin me trouver et peut être même « m'accomplir »aussi. Je déteste ce que j'ai fabriqué de ma vie et je n'aime pas encore ce que le miroir me reflète aujourd'hui. Je voudrais malgré tout essayer encore, une dernière fois, vivre toute entière. Je ne sais pas encore comment je vais m'y prendre, mais la mèche a été allumée le jour des feux d'artifices de cet été. J'ai tourné le dos aux sucrés et aux excès parce que je devais commencer par rendre à mon corps sa légèreté et en lui donnant ce qu'il me suppliait tant, j'ai trouvé une énergie nouvelle, les ailes de ma jeunesse, ses envies et sa nostalgie aussi.

Il faudra du temps encore pour y voir clair et beaucoup de temps aussi parce que les gros efforts à fournir me démoralisent encore trop souvent mais je sens cette petite flamme venir me chauffer tout l'intérieur, le dedans de mon moi . Peut être que je suis prête, ou presque...

J'ai deviné ou il fallait aller et dès demain, je vais essayer de marcher là ou le vent m'a poussée. Demain, c'est le jour de la rentrée pour les deux derniers de la fratrie et demain j'ai bien envie de déposer sur le calendrier ce petit grain de sable pour marquer, peut être le début d'une nouvelle année, un peu plus grande moi aussi.

mardi, août 24 2010

Mal au dos

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Je me souviens de la douleur qui m'avait attrapée le troisième jour de grand remue-ménage dans le jardin. Je m'occupais du soupirail et je n'avais pas voulu entendre ce que mon dos me disait. Je voulais absolument terminer cette lourde tâche "faire beau" cet endroit là et je trouvais décidément très bon ce goût pour l'effort.
Une sorte de frénésie est venue se loger dans mes artères depuis que les premiers kilos envolés ce sont affichés sur la balance. Mes mouvement et la totalité de mon corps semblaient retrouver l'énergie oubliée.
Je suis partie en vacances en pensant à la piscine que j'allais trouver là-bas et qui guérirait tous les maux et les courbatures de mes journées physiques. Je me suis mise à préférer les bains à la douche parce que mon corps se vidait de toutes les douleurs dedans, j'en ressortais toujours en paix.

J'ai très vite pensé que ces brûlures, cette douleur diffuse en haut du dos provenait d'une mauvaise tenue et d'un certain manque de muscles. Alors j'ai fait attention, très souvent je me concentrais sur mon dos et je me suis mise à courir et compter le nombre d'abo réalisés dans la journée et à compter le nombre d'heures qui me séparaient du dernier anti douleurs aussi...

La piscine a été mon ennemi, plus je nageais, plus je souffrais. J'ai alors arrêté et j'ai hissé le drapeau blanc, j'ai rendu les armes, je me suis accordée du repos. Il me disait souvent d'aller voir le médecin qui saurait me dire pourquoi et surtout me soulager. J'ai attendu je ne sais quoi et hier matin, j'y suis allée parce que la douleur m'avait réveillée plusieurs fois dans la nuit.

« Vous aviez trois vertèbres de déplacées madame...et vous avez une grosse contractures musculaire »

Assise devant son bureau, je lui ai parlé du régime que j'avais commencé le 14 juillet précisément, des nombreux kilos déjà perdus et je lui ai demandé si le lien que je lui ai attribué pouvait exister.

« Avec ces régimes là, il y a toujours une fonte des muscles plus ou moins importante, c'est très fréquent. Il va falloir muscler tout ça.»

Je crois que je suis sortie soulagée et heureuse parce qu'il venait de me féliciter aussi pour cette bataille commencée. Nous avons beaucoup discuté. Il a condamné la façon de manger des gens d'ici, il a applaudi celle du sud et nous avons beaucoup critiqué ce que nous rencontrions dans les rayons des supermarchés. Chez lui aussi il mange comme nous ici maintenant: « Ce sont des habitudes alimentaires que nous gardons depuis des années »

Je suis rentrée un peu bousculée parce que je crois que j'ai réalisé aussi combien, j'avais mal mené celui que j'habite depuis ma nouvelle vie. Je me suis reposée et j'ai nettoyé, vidé, rangé toute une pièce qui attendait depuis trop longtemps son tour. Je me suis reposée et je suis partie avec ma jument dans le pré pendant une heure... Elle m'a chuchoté qu'il faudrait vraiment que je me pardonne et que je me libère de ce sac qui m'emprisonnes. Elle m'a aidée encore à regarder du bon côté et je l'ai caressé. Longtemps.
Je me suis allongée encore enivrée par son odeur et la tête renversée par ce que j'ai trouvé dans le miroir de son regard. j'ai cédé aux maux qui brûlaient le haut de mon dos. Je lui ai demandé de s'occuper du bain de Rémi et j'ai laissé de côté toutes mes pensées.

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jeudi, août 19 2010

Paresse

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Je me le dis depuis quelques jours, à chaque fois que je passe le long couloir d'en bas ou dans la cuisine. Ce matin, ce n'était pas en passant par là mais au saut du lit. Je n'aime pas ce sentiment qui vient toujours me souffler un vent de culpabilité.
Ma maison est sale, poussiéreuse, mal rangée et je n'arrive pas à passer en mode grand ménage de l'intérieur. Mes pensées sont en effervescences, mes idées et mes envies semblent plutôt ce trouver au dehors en ce moment.

"Fais déjà ça au lieu de vouloir... Pourquoi faire ? Ça sert à rien... Ça ne rapporte rien... Tu n'iras pas au bout.... Tu as toujours des idées bizarres... Je n'en vois pas l'intérêt.... Si c'est comme la dernière fois... Tu as déjà fort à faire avec ... Tu n'y arriveras pas"....
La liste est grande et elle ne devrait pas m'affecter. Pourtant je me retrouve trop souvent prisonnière par la peur de décevoir et d'échouer. Résolue à la facilité et à l'abandon de ce qui devrait me porter , je marche nonchalante sur ce chemin là.
Je tourne le dos à mes désirs et je fini par détester celui qui s'accomplit devant moi, je deviens finalement comme tous les piégés de cette erreur là. La frustration vient habiller mes gestes et mes paroles deviennent piquantes. Les reproches tombent et je me retrouve enfermée dans ce cercle très vicieux d'insatisfaction et de crasseux dans le dedans et ma maison en devient son témoin.

Le plus difficile est de réussir à franchir le premier pas Je crois que je manque d'organisation et de constance aussi. J'ai envie de listes de choses à faire, je voudrais courir acheter un agenda au rayon des élèves parce que je me souviens encore combien toutes ses affaires neuves sentaient bon l'espoir et les bonnes résolutions.
L'automne de mes 42 années hors apesanteur pointe le bout de son nez et j'ai des envies de jeunes gens qui commencent dans la vie. Souvent, la cloche sonne qu'il est peut être trop tard mais je refuse d'obéir à son appel.

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dimanche, août 15 2010

Une dimension toute nouvelle

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J'ai réussi ce que j'imaginais impensable depuis quelques semaines. J'ai fini par vaincre la peur de l'échec., en tous les cas, pour ce coup là. Aujourd'hui, j'ai conduit ma jument juste avec le corps, sans aucun mot, juste les mouvements pour dire. Certes un peu gauche et sans doute brouillon aussi, mais totalement muette de son.

« Après tout, elle ne parle pas humain, je ne parle pas cheval mais nous savons parler toutes les deux les gestes. »

Dans ma peau, j'ai senti mes veines se gonfler doucement de cette certitude là. Pour chaque déplacements des antérieurs ou des postérieurs, je l'ai guidée au dessus de la barre, sans lui toucher un seul de ses poils. Mon corps et ma pensée ont demandé et l'incroyable s'est accompli. J'ai touché une nouvelle dimension, peut être la sienne ou tout simplement la notre. Éphémère, qu'importe puisque je l'ai rencontrée.

Je suis rentrée complètement étourdie, impressionnée de ce que je venais d'accomplir. Je n'ai rien dit parce que je voulais attendre le lendemain pour recommencer, vérifier.

Je me suis trompée, j'ai tout raté sous le regard de ma moitié et je n'ai presque rien avoué des sentiments qui me dévoraient dans le dedans de moi. Je n'ai rien jeté. J'ai recommencé et j'ai franchi une nouvelle fois le seuil du paradis.

Le vrai apparaît, j'ai appris pendant deux jours qui je pouvais être ou qui j'étais... peut être. Je comprends mes gestes au quotidien et je vois ce qui habille celle que je suis toute la journée. Mes idées sont mélangées encore, mais je saisie l'essentiel et j'ai deviné ce qui me brise lorsque l'être humain condamne, accable et dévalorise. Je me reconnais encore fragile et je n'irais plus me frotter à ces individus tant que je n'aurai pas trouvé le chemin changeant cette vulnérabilité.

Tylwyth est celle que j'ai choisie pour devenir ma jument de randonnées, celle que j'imaginais galoper dans les près ou avec ma moitié à nos côtés dans d'immenses forêts, assise tout en haut, sur une selle western, parce que je trouvais ça "trop beau"...
Je ne savais pas puisque je ne connaissais pas la réalité de cette existence là et je n'aurais pas su l'inventer non plus.
J'ai vu des spécialistes, ils m'ont parlé d'enfance et de reconnaissance, de différence aussi, mais aucun d'eux ne m'a chuchoté qui j'étais réellement. Tylwyth a su le faire. Depuis qu'elle partage ma vie ici, elle s'est battue pour me sortir de l'ombre. Je lui ressemble, elle me ressemble beaucoup aussi. Ce qui est fantastique, c'est l'éternel recommencement qui s'accomplit chaque fois que je vais dans le pré. La passion qui m'embrase est le moteur de notre relation, la peur qui m'a longtemps dévorée est devenue une force extraordinaire. Tylwyth est le miroir de mon existence, je suis convaincue aujourd'hui que c'est auprès d'elle que j'apprendrai qui je suis réellement et qu'en remerciement, je saurais être à la hauteur de son existence.

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lundi, août 9 2010

Se reconnaître

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Ce que j'aime le plus lors des retours, lorsque je rentre à la maison, après un séjour plus ou moins long, loin de chez moi, c'est l'odeur qui vient me souffler qu'ici, c'est le verdoyant qui règne même au beau milieu de l'été. Les sapins, les chênes, les bouleaux, le frêne, les feuilles vertes, denses en forme de forêt à perte de vue se mélangeant au doré des champs cultivés.
Ce que j'aime le plus lors des retours, lorsque je rentre à la maison c'est de reconnaître les vaches de la région, le trait Comtois et le chant des oiseaux.
J'ai toujours aimé le tout premier regard aussi, l'unique seconde où dans la pièce qui s'ouvre derrière la porte d'entrée je dis:
« C'est beau chez nous »

Je me souviens encore, lorsque j'étais petite et que je rentrais d'un mois tout entier loin de la maison, je retrouvais ma chambre et la douceur du cocon qu'elle savait m'offrir en cadeau de retour. C'était le moment dans l'année où je trouvais les meilleures résolutions pour les mois à venir. Je commençais par ma chambre que je me promettais de toujours, toujours ranger, quoi qu'il arrive, qu'il m'arrive, ma chambre serait jolie et ordonnée. Je changeais mon lit de place et tout le mobilier qui se trouvait dans la pièce, un ré-emménagement. Je terminais allongée sur mon matelas et je contemplais l'œuvre, fière de mes idées encore meilleures que la fois d'avant, bien évidemment... Et puis, le vide venait me prendre, sans savoir vraiment pourquoi, je me sentais légère et lourde en même temps. Dans ma tête bouillonnante il y avait les envies et les bonnes intentions et sous mon corps tout entier je sentais un aimant me tirer, m'oppresser, me coller. Je devenais un poids lourd et je n'arrivais jamais à choisir, à démarrer. Les idées étaient toutes bien là, mais il s'en assemblaient d'autres, encore et encore et toutes devenaient prioritaires... Aujourd'hui, je peux encore sentir vibrer ces sentiments mais je ne veux plus les laisser me dévorer. Je suis rentrée dans ma maison, j'ai senti les odeurs et cette frénésie venir m'habiller et tout le reste aussi. Je me laisse bercer au rythme de ces ardeur avec la certitude que les jours qui suivront sauront me donner le départ que je n'ai même pas essayer de chercher de la journée.

samedi, août 7 2010

En Vendée

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Nous avons traversé la France. D'un bout à l'autre. Nous avons quitté notre "château" pour quelques jours de vacances loin de nos animaux et de tous les travaux en cours. Un voyage long, avec des enfants occupés à regarder leur petit écran. Pas très emballés par l'idée au départ, une idée tombée juste en fin de soldes, une idée qui a su faire basculer la balance de son coté lorsque nous avons imaginé la paix qui règnerait dans la voiture. Elle a pris ses airs de gloire sur l'autoroute. Nous n'avons pas une seule fois entendu: « On arrive bientôt? »
C'était plutôt: « Momi veut voir les tois petits totons et ki-i-kou »
Un voyage pas si long que ça finalement qu'il faudra refaire à l'envers. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est toujours comme ça quand les choses sont terminées, qu'on se dit: c'était pas si terrible que ça « Pas si pire, comme une amie le dit aussi. »
Il faudra que je m'en souvienne demain, c'est sûr.

Mon petit garçon est fou de joie depuis qu'il est arrivé. Il est vraiment heureux de reconnaître ses grands parents qu'il n'avait pas vu depuis un an. Il se souvient parfaitement de ce qu'il avait laissé derrière lui l'année dernière. L'échelle de la piscine, le tracteur à démonter et la batte de base-ball qu'il réclame. La place qu'il lui est attribuée dans la grande chambre réservée aux enfants et il me dit clairement son impatience de monter sur le tracteur tondeuse.
« Momi veut couper l'herbe » Nous avons goûté l'eau d'un océan en marrée descente. Juste celui que je préfère parce que je sais que je trouverais des petites marres pour emmener Rémi s'y baigner. Il a préféré jouer avec le sable fin et partir avec son papa dans les grandes vagues d'un atlantique très salé.
Il a rencontré des chevaliers dans un château. Très impressionné, il les a observés au combat et il s'est proclamé chevalier « Momi ». Il lui fallait son épée et son bouclier.

Aujourd'hui, j'avais envie d'écrire ce petit billet là accompagné de jolies photos, mais mon PC refuse de télécharger quoi que ce soit. Parait-il que mon très cher ordinateur est plein à craquer. J'attendrai donc de rentrer à la maison pour le ménage informatique et les sauvegardes. Nous avons discuté de mes envies de vraies photos dans de vrais albums, des cadres aussi. Il a cherché des idées pour les protéger, l'informatique c'est son domaine et je suis bien heureuse de me reposer totalement sur son savoir faire d'homme de métier pour préserver ces souvenirs si précieux. Encore des envies à écrire sur une liste déjà bien remplie. Je crois que la fin de l'été sera mouvementée et que l'automne sera beau.

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jeudi, juillet 29 2010

Débardage

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Il a fallu s'arrêter plusieurs fois parce qu'il était vraiment très fatigué. Il m'a tendu la main souvent, j'étais très fière parce qu'il a tenu bon. Il n'a même pas râlé lorsque je lui ai dit que j'étais trop fatiguée aussi pour le porter très longtemps sur mon dos et moi de mon côté, j'ai essayé de chasser le sombre de mes pensées. Sa faiblesse musculaire ne nous avalera pas. Nous avons rencontré un monsieur avec sa tronçonneuse et Rémi lui a crié qu'il avait perdu son papa dans les bois. J'ai beaucoup ri en le regardant ainsi partager son émotion avec un étranger. Il le fait de plus en plus souvent et à chaque fois, je me souviens des mots du directeur du centre, il nous parlait de sociabilisation « Vous allez rencontrer de gros problèmes si vous continuez comme ça! »
Le monsieur lui a promis qu'il était certain qu'il le retrouverait très vite son papa. Moi, j'ai quand même douté quelques secondes parce que dans la forêt les chemins se ressemblent tous et encore plus lorsque l'on a pas du tout le sens de l'orientation. Il avait eu beau décrire parfaitement l'endroit où nous devions monter pour le rejoindre, j'ai eu quelques difficultés à le trouver. Des arbres tout seuls finalement, il y a en plein.
Il faisait chaud et il était vraiment très heureux de trouver une bouteille d'eau, dans le sac de son papa. Il s'est assis sur un tronc, je l'ai laissé se reposer. Je suis allée admirer le travail de Sirano sous les mains de son maître et les conseils de François, l'homme à débarder, l'homme qui connaît parfaitement bien son métier.
Je n'ai pas réalisé tout de suite que c'était un bout de la 4L que le cheval tirait. La transformation est royale et j'admire la simplicité du travail et des idées géniales bricolées par ci par là afin d'améliorer l'attelage. Un avant-train pour tirer les troncs et une remorque pour le bois coupé et le fumier. Sur le chemin du retour, j'ai marché derrière eux en direction du village qui me semblait tout à coup très loin. Je les ai regardés ramener les morceaux de bois coupés, le père victorieux et le fils complice dévorant chaque instant. Je ne serais pas étonnée si Rémi devenait lui aussi un passionné et je serais très heureuse aussi des les accompagner avec Tylwyth pour rapporter les fagots et pourquoi pas, tirer quelques perches...
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mercredi, juillet 28 2010

Relais

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J'ai regardé le temps qu'il faisait dehors alors que mes pieds étaient encore sous la couette. Je suis sortie de mon lit ravie de constater que le ciel était de mon côté ce matin.

Clotilde L est venue travailler avec Tylwyth et moi pour la troisième fois. Je n'ai aucun repère pour reconnaître le mérite de notre travail, je lui ai avoué que ça m'étais difficile d'applaudir mes performances. Elle l'a fait très gentiment. Ses mots resteront très longtemps dans ma mémoire, je crois que je suis fière d'être choisie pour marquer le haut de la courbe. C'est peut être stupide et même totalement con. Sûrement... mais à moi, ça m'a fait du bien.

Elle a posé son regard sur le ralenti de mes gestes et sur mes déplacements avec ma jument. Elle a félicité ma tenue très assurée lorsque j'avançais et elle m'a demandé si je savais pourquoi j'étais si prudente lorsque je demandais de reculer. J'ai souri parce qu'à l'instant même où sa question venait d'être posée, je décodais enfin ce qu'il ce passait, là au dedans de moi et pas seulement aujourd'hui avec Tylwyth , mais dans ma vie de tous les jours. Je l'ai ressenti aussi fort que lumière d'un projecteur sur scène, quand tout est dans l'obscurité, celle qui vient éclairer la représentation. Je ne sais pas ce qu'elle a compris de mes petites confidences, de mes sentiments quant aux bienfaits de ce travail là sur ma vie personnelle. Je crois qu'elle en a compris l'essentiel.

J'ai encore beaucoup, beaucoup de travail à accomplir avec ma jument, je ne suis qu'au pied d'une immense montagne mais j'ai aperçu le drapeau du première relais lundi matin et j'ai découvert un morceau de moi que je ne savais pas. Je voudrais le décrire mais il m'est encore difficile de trouver les mots pour le raconter. Il est question de facilité, de petites feintes, de laisser tomber, de ne pas oser tout simplement parce que je me suis fabriquer comme ça: Pour éviter les conflits, pour ne pas rendre l'autre potentiellement malheureux parce que je dis non.

« Tu sais Clotilde, ça me fait penser aux petites choses du quotidien. Le cartable que je vais ranger, le jouet qui traîne, les morceaux du verre tombé que je ramasse à la place de l'autre... »

Il faudra aussi que je comprenne pourquoi je crains tant l'affrontement et leurs réactions au point d'inhiber celle que je suis. Je crois que je vais prendre un peu de temps pour digérer et trouver le mode d'emploi d'une vie affirmée.

samedi, juillet 24 2010

Flocon

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Lui, c'est le plus âgé, le lapin de Justine, le lapin aux yeux bleu et c'est le plus grand demandeur de gratouilles-papouilles au dessus de la tête et puis le long des oreilles aussi. Il peut rester de très longues minutes à se laisser caresser. Même lorsque la main de mon petit garçon est... comment dire... disons très marquée par l'intense désir d'expérimenter ses pouvoirs de petit homme sur l'animal et extrêmement dense en émotions de toutes sortes, celles qu'il aimerait bien lui manifester, Flocon ne bouge pas d'un poil, les yeux fermés, il est confiant. C'était d'ailleurs le papa du merveilleux petit artiste clown qui était parti pour une merveilleuse vie, je crois, chez "le clown Framboise" et ses spectacles pour les enfants. C'est le plus gentil et le plus doux. C'est le plus têtu aussi, le soir venu, pour rentrer au clapier.

Je ne sais pas s'il pourra affronter encore un hiver, je vais peut-être devoir le rentrer au chaud, à la maison, lorsque les températures extérieures descendront un peu plus bas que le zéro. Je me souviens qu'au printemps dernier, j'avais prévenu ma fille que son petit lapin fêtait ses sept ans cet été et que son âge avancé commençait à se voir. Je lui avais confié ma crainte de le voir nous quitter très vite, il était vraiment très maigre. Il y a eu les beaux jours qui sont arrivés et ma décision de les laisser en totale liberté dans le jardin. Plus aucun granulé à manger, juste de la verdure et des fleurs à volonté, toute la journée et du foin la nuit tombée
« Ne t'inquiète pas tu sais, ils savent ce qui est bon et pas bon à manger » .
La nature s'est occupée de lui apporter force et beauté et un poil crasseux aussi. Il est vivant et bien vivant. Je lui ai confié hier soir, dans le creux de son oreille un secret qu'il a bien aimé: « Au prochain printemps, tu pourras faire tout plein de bébé avec Plume»...

vendredi, juillet 23 2010

Entre bougies et pluie

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Plusieurs fois, j'ai pensé que c'était bien de voir cette pluie tomber. Je crois que je l'ai répété aussi de nombreuses fois dans la journée. La terre colle sous mes chaussures dans le jardin et les chevaux ont dû s'en donner à cœur joie à se rouler dans le pré, ils sont totalement couvert de boue. Ils ont laissé le dessous du pommier toute l'après midi pour profiter des jeunes repousses sucrées que leur a offert cette pluie incessante mêlée à la chaleur de l'été.

Je me souviens des fois où j'ai râlé parce que encore il pleuvait et que sur le calendrier nous étions en été, mais pas d'une seule fois où je me suis réjouis de voir la pluie arriver. Même si je dois avouer que quand même, c'était toute la journée et que j'aurais préféré être dehors, j'ai regardé les nuages avancer et offrir ce que le sol réclamait depuis plusieurs semaines, j'ai laissé les heures passer sans aucun ennemi à mes côtés.

Une après midi cinéma avec lui, ça faisait vraiment trop longtemps et ça nous avait manqué. Julie m'avait proposé de garder son petit frère pendant que nous allions voir la suite de ce film que j'attendais impatiemment. Vivement le prochain: «  Il reste combien d'épisodes déjà ? »

Nous devions y aller la veille mais je n'avais pas envie de me presser et pas non plus envie de rentrer très tard.

« Tu sais que c'est mon anniversaire maman demain ? »

Nous sommes tombées d'accord pour partager cette journée particulière, cette journée rien qu'à elle. J'avais envie d'une jolie table teintée de sa couleur préférée. Les roses du jardin ont joué les complices; ça faisait trois jours que je les suppliais de s'ouvrir pour les dix neuf ans de ma fille aînée.

Une journée pluvieuse et calme, une journée heureuse. Je ne me sens pas « vieille » Elle a fêté ses dix neuf ans et moi j'en suis seulement à la moitié de ma vie.

« Tu crois que ça va te faire quoi l'année prochaine maman lorsque je fêterai mes vingt ans ? »

J'aime beaucoup être leur maman à elles et à Rémi. J'aime aussi être son amante à lui. Un équilibre que je crois avoir trouvé, il ne me reste plus qu'à accomplir le moi que je suis.

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mercredi, juillet 21 2010

Plume

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Elle est arrivée en début d'après midi. Elle est encore timide et un peu perdue. Elle adore déjà les câlins. Plume, c'est son petit nom. Parce que Plume, va bien avec Mousse et Flocon les lapins de la maison. Elle pèsera moins de deux kilos, un poids plume...

Elle a quitté son papa Socks, Gibelotte sa maman et l'élevage: Les lapins nains de la cabane pour une vie avec nous. Nous allons prendre notre temps toutes les deux pour nous habituer l'une à l'autre. Je veux qu'elle sache qui je suis avant de déclarer au prochain printemps: Plume et Flocon ont fait des bébés...
La pluie est arrivée mais demain, j'espère pouvoir continuer un peu les travaux du côtés des clapiers. Je me dis que la terre sera peut être plus facile à travailler avec l'humidité.

Je me sens bordée par la douceur de mon choix et surtout convaincue que je ne me trompe pas de chemin en mettant mon tablier de toute petite éleveuse. J'aime beaucoup les animaux de la ferme et leur compagnie flatte mon côté gamine. Une nouvelle aventure commence.

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mardi, juillet 20 2010

Plénitude

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Je souris rien qu'en pensant à mon petit garçon tout à l'heure, il sera fou de joie et je ne serai absolument plus le centre de son univers. En tous les cas, plus pour une poignée d'heures. Juste après, ce sera Leia et nous partirons avec elle retrouver ses autres sœurs, du côté de son papa cette fois. Ses vacances de fils unique s'achèvent
. Ce soir, la famille commencera à se ré-agrandir, un peu, juste une fille aînée avec son chéri. Je l'attends un peu plus impatiente cette fois, parce que sa vie d'en ce moment s'agite et se presse. Il me manque son visage pour rassembler tout ce que je ressens. J'entends dans ses mots le stress qu'elle veut bien me livrer et dans sa voix, je suis partagée entre l'envie de la porter et la laisser suivre son cheminement d'étudiante avec juste la main de sa moitié à ses côtés. J'hésite à lui confier entièrement la vie de mon bébé qu'il voit femme aujourd'hui et le désir de m'en mêler.
« Mais maman, je vis mes expériences. Tu sais j'apprends comme ça aussi »

Hier, en raccrochant le combiné, j'ai senti mes larmes montées. Ma gorge s'est serrée et je suis sortie à l'ombre du noisetier respirer cette nouvelle liberté, tant pour elle que pour moi. Enfin... j'ai essayé.
Je dis souvent qu'il faut s'écouter parce que je suis persuadée que c'est là, tout au dedans que naissent nos vérités et les chemins à emprunter. Hier, en raccrochant le combiné s'est exactement ça qu'il s'est passé. En écho, c'est la confiance que j'ai entendu résonner et je me suis apaisée.

Ce soir, je retrouverai son visage lié aux mots et au ton de sa voix.

Ce soir, je vais essayer d'écouter, surtout et surtout de ne pas secouer leur embarquement à tous les deux avec ce talent de conseillère qu'on sans doute tous les parents qui ont oublié qu'eux aussi ont dû se frotter aux difficultés de la sagesse.

dimanche, juillet 18 2010

ce sont les petites choses...

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Il y a la fois où j'ai invité mon petit garçon, aux yeux écarquillés, devant les toutes petites graines qui devraient se transformer très vite en vrais radis à manger et un mot nouveau dans sa collection
Il y a ce crapaud qui m'a impressionnée juste sous la pierre que j'ai soulevée en m'occupant des joubarbes et de leurs voisines.
Il y a les lapins encore dans le pré des chevaux et qui ne veulent pas écouter ma mise en garde à propos du renard.
Il y a ce désir effervescent pour un amour de lapereau fille qui habite la région juste au dessus de la notre.
Il y a la fatigue physique qui commence à se faire sentir parce que j'ai décidé d'entreprendre les travaux de l'enclos pour mes lapins en même temps que le déblaiement des soupiraux et les quelques travaux qu'il me reste à la maison
Il y a les cinq jours d'un régime qu'il fallait démarrer qui me prive de mes plaisirs sucrés, ceux que j'avais trouvés lorsque j'ai arrêté de fumer il y a presque cinq années.
Il y a deux êtres humains amoureux qui se donnent la main et qui décident qu'une sortie à trois seraient une super idée pour changer celles de la maisonnée.

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mercredi, juillet 14 2010

Une idée fixe

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J'étais sous la douche, je me souviens encore exactement de l'air avec lequel je lui ai posé la question. Je ne voulais surtout pas l'agacer ou titiller chez lui ce côté là parce que vraiment, c'était juste une idée, comme ça, juste "pour voir", juste pour savoir.

Je garde en mémoire son sourire un peu bête et le son de sa voix. Je me rappelle que très vite, j'ai changé de sujet, un peu clown, j'ai eu vite fait de désengager le sujet que je sentais devenir lourd. L'idée première, c'était l'envie de savoir si je pouvais encore choisir. C'est très important de me savoir en accord avec moi, sans vivre avec l'obligé. C'est pour cette unique raison que je ne veux pas d'intervention irrévocable sur le sujet. J'aime me garder un petit côté "et si" C'est sans doute le bout de moi qui ne veut pas grandir et qui adore m'emmener avec lui dans ses rêves, ses folies parfois et ses fantaisies.

Ce matin, en sortant mon petit chien, cette idée est revenue caresser mon esprit. Je n'ai pas compris pourquoi et même encore maintenant en tapant chacune des lettres sur le clavier, je ne comprends pas que ce désir puisse faire chavirer tout mon moi intérieur. Je me sens des ailes pousser et puis très vite viens interférer la raison... D'ailleurs, si elle connaissait le fond de mes pensées, elle me dirait que ce n'est qu'une folie et même totalement irresponsable. Elles pointerait le doigt sur ceux que nous avons déjà et dirait qu'il y en a assez, que nous n'avons certainement plus l'âge non plus. Elle m'ordonnerait sur le champs d'ouvrir grand les yeux sur mon fils chéri et ses difficultés et de faire attention parce qu'il y a pire aussi. Elle me rappellerait qu'il a encore beaucoup besoin de moi. Elle me racontera aussi combien je suis heureuse et comblée, que ma vie devient tranquille et que je jubile tellement quand j'ai des moments, où je n'ai que la charge de mon moi à suivre. La victoire est à ma portée.

J'aime rester à côté de lui et regarder nos enfants grandir. Pour une de mes filles, le temps de s'envoler est même arrivé. Ses toutes nouvelles ailes déplient les miennes.

Je ne fais pas partie des mamans qui se demandent comment occuper son temps sans aucun enfant, sans eux, je ne ressens pas de vide. Je me réjouis à l'avance en les imaginant dans leur tout nouveau nid et je m'amuse à me sentir l'invitée chez eux. Un jour, je serais seule avec lui, un jour, je serai grand mère aussi. L'un m'enchante et l'autre me fait rire.

Mon tout premier bébé va fêter ses 19 ans dans quelques jours et le mois prochain elle s'en va, main dans la main avec l'amoureux, dans une bien plus grand ville que celle où elle vie aujourd'hui. Des études encore, sûrement glorieuses, un début de vie très autonome. Je suis fière.

Je me sens immensément bien dans ma peau de femme lorsque je suis dans ses bras. Je découvrir la formidable sensation d'être en ma compagnie, à faire des choses rien que pour moi. Je m'évade de plus en plus et je construis mes idées. J'entrevois la douceur de mes passions derrière cette porte que j'ai trop longtemps laissée fermer et je sens leur appétit, leur envie d'apprendre, je veux continuer et grandir avec. Je ne veux pas gâcher tout ça, j'ai tellement mis de temps à le trouver et d'énergie pour l'apprivoiser... alors pourquoi j'ai envie d'un bébé ?

lundi, juillet 12 2010

Sieste et bain

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Il fait chaud, très très chaud.

Sieste pour les animaux,

Bain,

pour les humains...

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vendredi, juillet 9 2010

Les arbres du jardin

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C'est le troisième été que nous passons dans cette maison. Trois étés que je le harcèle: « Il y a trop d'arbres dans le jardin, il faut en couper ».
Trois étés que je le déteste et que j'affiche sur mes humeurs:
« Il n'y a rien pour moi ici »
Il y a eu en première ligne de mire: le noisetier. Il est énorme et en automne je suis terriblement frustrée de ne pas atteindre ses fruits beaucoup trop hauts. Il masque une grande partie du pré et il cache nos chevaux que j'adore regarder vivre, par dessus tout ici. Lui, me parle de souvenirs d'enfance et de soleil trop chaud...
Ensuite, j'ai tenté de faire pousser un potager, deux années de suite. En carré et puis au ras du sol, plus traditionnel. Partout aux alentours, les légumes poussaient à merveille avec une large avance sur les miens. Il m'a souvent suggéré d'aller demander aux voisins le secret de leur réussite ce qui avant pour don d'attiser le feu déjà brûlant. Je lui répondais à chaque fois que ce n'était pas la peine, je savais parfaitement d'où venait le problème.
Les frênes poussent comme les mauvaises herbes ici. Ils sont tout autour et d'une hauteur assez impressionnante pour la plupart. J'adore les prunes, les pruneaux comme on dit par ici. Nous en avons en grande quantité, sauf que leurs fruits on le goût d'un manque de soleil certain et je suis certaine qu'ils pourraient être plus gros s'ils n'avaient pas de voisins. Il y a celui juste à l'angle de la porte grillagée, entre pré et jardin, entre la maison des humains et celle des équidés. Celui là, je l'aime beaucoup, il me rappelle des souvenirs d'été à moi et j'adore sa forme. Je voudrais vraiment que rien ne vienne l'empêcher de me donner le meilleur de son sucré. Pour lui, je vais encore discuter du frêne, j'ai vraiment peur pour mon bébé-cerisier même si j'avoue que cette année, il m'a gâtée de petits fruits rouge juteux et sucrés.

Nous étions assis tous les deux sur la balancelle et Rémi profitait de sa balançoire et de l'attention que nous lui portions. L'église a sonné sept fois, c'était bientôt l'heure de dîner mais c'était l'occasion pour un apéro, j'en avais très envie et eux aussi.
Je lui ai avoué: « tu as raison tu sais, c'est une très bonne idée de garder les arbres. »
Son sourire affiché n'a pas manqué de me flanquer une bonne leçon...

Sans eux, je ne pourrais pas écrire ce billet dans le jardin, accompagnée du bonheur que m'offre l'ombre du noisetier. Je sens juste sur la peau le petit vent tout doux qui vient aider à lutter contre la chaleur de la saison. Sans eux, je ne pourrais pas m'offrir de récréations, par ci ou bien par là, au gré de mes plaisirs dans le jardin, de mes humeurs aussi. J'ai envie de peinture colorée sur les tables rondes. Une couleur sous le pommier, une autre sous le saule et encore une sous le noisetier et même sous le seringat.
Les clapiers auront besoin eux aussi d'une bonne protection. J'ai déjà repéré un gros pied de vigne que j'imagine laisser courir sur le béton des cages et du lierre aussi. Le petit noisetier que j'ai découvert avant hier fera un beau parasol, je ne vais certainement pas lui demander de le couper. Il y a cette petite forêt que forment tous les arbres au fond du jardin et qui était rien que pour lui lorsque nous sommes arrivés ici. Doucement, c'est devenu un lieu pour son fils aussi avec l'idée de construire une cabane, celle qu'il aurait adorée petit. Aujourd'hui, je l'ai apprivoisée et j'aime ce qu'on y trouve dedans. C'est vrai qu'on dirait une petit forêt.
« ce serait une bonne idée de refaire le toit de cette petite maisonnette tout au fond. Tu crois que tu saurais fabriquer son mobilier tout en bois ?  Ce serait la cabane du bûcheron, ce serait rigolo comme chambre à coucher pour nos invités ou pour celui d'entre nous qui aurait besoin de solitude»

J'ai bien envie aussi d'offrir un bout de la petite forêt à mes lapins pour leur amusement dans les feuilles mortes en automne, la fraîcheur en été et un peu de douceur en hiver.

Il avait raison de ne pas se presser et surtout d'insister, de ne pas céder aux ardeurs parfois diaboliques de sa moitié. Si l'idée d'un potager revient me titiller, je lui offrirai une place ensoleillée dans le pré.

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jeudi, juillet 8 2010

Nouveauté

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Une catégorie pour les nains de mon jardin. Il fallait bien ça pour fêter ce tout début d'aventure. Il y aura leur site aussi à célébrer mais ça, je le garde pour les journées "sans rien à faire". Les bras griffés et dans les mains les toutes premières ampoules témoignent de mon intense activité. Non, non pas de mon manque d'adresse et de ma mollasserie! Je parle bien de l'acharnement au travail et de ses conséquences physique et je ne veux pas entendre glousser...

Bon alors moi, j'ai découvert hier ce qu'était le compost. Plutôt ce que devenait un compost de trois ans. De la terre! Une merveilleuse terre qui sent bon comme dans les sous bois. Une terre très légère que j'ai prise en main et là! J'ai eu l'impression de tenir un véritable trésor. Ça l'a fait rire:

« Tu ne savais pas ce que c'était qu'un compost ? »

« Bah... J'avais imaginé mais jamais vu « pour de vrai »

C'est dingue quand même non ? Du crottin de cheval et ceux de mes lapins. Avec les pipis aussi bien sur. Les vieilles pommes pourries, les feuilles d'automne, les tontes les branches coupées et les mortes. Je crois bien qu'il y a aussi les vieux restes de mon potager et ses épluchures ainsi que quelques coquilles d'œufs. Bref, une poubelle géante qui se transforme en une richesse absolument fantastique.

Moi, ça m'a fascinée. Je ne sais pas encore ce que je vais en faire. Il faut que je le déplace parce que c'est exactement là que je veux installer les clapiers.

Notre gardien de chevaux à mi temps va se retrouver aussi gardien de lapins et à l'année. Un travail pour faire plaisir à ses maîtres et qui sera récompensé par leur fierté et leurs caresses. Valko m'a regardé toute l'après midi avec ma fourche, ma pelle et ma brouette. Remuant la queue à chaque fois que je lui disais qu'il aura bientôt de nouveaux compagnons là, juste à côté.

J'ai dégagé le grillage de ses énormes ronces, du lierre, et des branchages. Je suis rentrée physiquement exténuée:

« Tu veux bien t'occuper du dîner de Rémi ? »

Il lui a donné son bain aussi.

Aujourd'hui, je voudrais vraiment terminer la peinture des portes et commencer la cage d'escaliers. Je serais partagée entre le dedans et le dehors, l'horloge et les deux garçons de la maison et peut être aussi freinée par la chaleur qui est annoncée...

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mercredi, juillet 7 2010

En place

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Rémi semble profiter de sa place d'enfant unique qu'il gardera le mois complet. Ses sœurs se partagent entre deux autres parents. J'ai tenté de mettre un nom de famille juste derrière les prénoms. Il y a les sœurs B et les sœurs C et le truc rigolo, c'est qu'il y a deux Julie: une B et une C. Ça l'a fait se marrer et il a ajouté que lui s'appelait « Momi B »

Il exprime encore beaucoup de ses frustrations en pleurnichant ce qui a le don, suivant le moment de la journée et de mon humeur à moi aussi, de m'avaler toute crue. Les piles de mon activité sont déchargées et mon petit garçon demande alors inlassablement: « Maman est contente ? » les spécialistes parlent d'écholalie, moi je préfère dire que la touche "repeat" est activée.
Les fées lui ont donné un cadeau très précieux: L'aptitude à savoir dévisager le dedans d'une dimension que nous ne savons pas contrôler.. Une fonction qui sait s'arrêter lorsque je lui demande, à mon tour, si je suis fatiguée. Le plus souvent elle cesse parce que ses yeux ont traversé mes pensées, détecté un sourire intérieur, ce qui rassure sans doute la machine emballée: « Maman est contente ». Il retourne alors à ses occupations.

C'est peut être le temps encore très chaud qui m'a aidé à m'installer dans ces vacances d'été ou la toute nouvelle occupation estivale tant réclamée par notre petit poisson-plongeur-éclabousseur et par sa sœur aussi. Une "piscinette" avec un jouet qui flotte et un qu'il faut aller chercher tout au fond. Ce n'est plus la baignoire et je me régale à le regarder s'approprier cet espace là. Il faudra quand même aider le soleil à réchauffer l'eau qui est un peu trop froide pour un petit garçon qui se refroidit très vite. Je me suis surprise à imaginer Rémi à la sieste et moi profitant de l'eau, de la chaise longue et du soleil sur ma peau. Peut-être un livre à la main, le "pavé" que j'aimerais bien terminer de lire parce qu'il faut vraiment que je sache maintenant comment ça finit. Peut-être m'endormir avec le bruit des oiseaux ou bien regarder le silence et la sieste des chevaux.
J'ai encore quelques petites choses à faire à l'intérieur, du ménage, du rangement, de la peinture et encore de nombreuses remorques à remplir qu'il emmènera à la "dèch". J'ai du plaisir pour tout ça parce qu'ici c'est chez moi, parce qu'ici j'ai terriblement envie d'investir tous les recoins que seules les araignées occupent pour l'instant.
Mon idée pour un espace réservé à mes lapins s'installe tranquillement et nous avons commencé à en discuter sérieusement hier soir. Nous sommes tombés d'accord. Je crois qu'il y a plus qu'à... Qu'à relever les manches et m'habiller aussi car l'endroit est rempli de ronces et d'orties. j'ai un énorme compost à déplacer aussi. Une fois terminé, je crois que ça sera un savoureux petit coin très accueillant et pas que pour les enfants . J'ai même ramené du grenier un vieux chevalet qui me servira pour la déco que je devine déjà...
« tu es bien une nana toi! »

vendredi, juillet 2 2010

En vacances

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Hier soir, j'avais très envie de partir en vélo à la recherche de jolies fleurs trouvées aux bords des prés. J'en avais repérées lors de notre dernière balade, dimanche dernier. J'ai invité ma petite fille à m'accompagner:
"Mais on va mourir de chaud maman!"

C'était comme elle voulait mais, même l'écrasante chaleur de la journée ne pouvait me faire changer d'avis. Elle m'a suivie et je lui ai demandé de ne pas rouspéter, je voulais cette promenade dans la détente et la bonne humeur. Elle l'a été.

Voilà, les vacances d'été c'est aujourd'hui. Leia est partie pour un mois avec son papa ce soir. Dimanche, elles seront toute les quatre sur l'île de Beauté.
Les vacances d'été c'est aujourd'hui, Rémi très heureux d'ajouter:
"Momi rester avec maman"
Ce soir, nous avons commandé des pizzas que nous avons dégustées avec un bon vin. Ce soir, c'est les vacances et j'ai encore un peu de mal à les sentir vraiment. Hier, j'ai vu une de ses filles à lui sur une planche de surf, une photo rempli d'été, de souvenirs sans aucun doute extraordinaires et salées, mais je crois qu'il va me falloir encore quelques jours pour vraiment me rappeler que c'est: Les vacances d'été!

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jeudi, juillet 1 2010

Effervescence

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Ça tourbillonne, ça bouillonne, ça se calme et ça mijote. Parfois je coupe le feu sous mes projets, mes envies parce que ça fatigue et je me retrouve sans énergie pour la vie qui existe.
Il est partant ou très réticent et parfois totalement hermétique. Je crois que ça lui fais un peu peur. Je sais que je m'emballe très vite, que je commence et que je termine jamais. Je sais aussi que je déteste les étiquettes depuis qu'il m'a appris comment les décoller...
Écrire régulièrement ici m'aide à trier, à séparer l'important, des rêves, des illusions et du vivant. Mais en ce moment, mes doigts s'agitent, ils ne savent plus écrire l'essentiel, prisonniers de la tornade, ils attendent un peu de calme.

Un presque dernier petit déjeuner d'écolier, dans le jardin pour un air de presque vacances. Ici, même le chien à le droit à une "revue en sac"...

Bonne journée!

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