Ma Vie De Château

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lundi, février 1 2010

Le plus joli des gâteaux

J'ai vu deux fois cette semaine les secours arriver chez moi et deux fois cette semaine j'ai senti mon cœur suspendu au fil très fin et solide de la vie, je dois lutter contre un rhume qui s'est invité et la fatigue de tout ça qui s'est empilé le temps d'une semaine.

Ce matin, il m'a encore dit qu'il me trouvait formidable. Il est amoureux et ça me va très bien. Je crois qu'il ne sait pas passé un seul jour de la semaine sans qu'il me dise qu'il me trouvait tellement grandi, sans qu'il ne me prenne dans ses bras pour me rappeler encore et encore que j'étais fantastique et qu'il m'aimait vraiment très fort. Je crois que j'ai puisé de ma force dans tout ça.

Je me souviens de mon adolescence et de ses maux qui l'ont accompagnée. Je garde en mémoire toutes les sensations et les interrogations, ce sentiment d'être trop différente, de solitude habillée d'un vide immense, pesant et devenu insupportable. Le temps que je trouvais terriblement long, les jours noir et les blanc.
Je me souviens de cet homme que j'ai aimé d'un amour tout puissant, celui que l'on ressent quand on a 15 ans et des 16 qui nous séparaient. Je n'ai pas oublié cette envie de mourir qui vient s'offrir comme une légèreté, une main tendue vers la liberté. Une amie en fait, la confidente de mon emprisonnement.
Parfois, je m'invente un monde à l'envers aux portes fermées. Je m'en vais courir pour rattraper toutes mes années à « rebours » avec les clefs que j'ai trouvées dans ce monde à l'endroit.

Je voudrais tellement lui offrir les siennes... J'aurais surtout voulu trouver une clef plus tôt, celle que je nomme aujourd'hui la petite étincelle magique, celle qui fait avancer, celle qui donne envie de continuer.
J'ai donné l'album photos du plus joli des gâteaux mais j'ai oublié de lui apprendre l'envie de le croquer. Avec un "si j'avais su" je commencerais par lui donner les ingrédients, j'applaudirais l'effort de chaque étape, sans oublier de l'encourager à trouver sa forme et sa décoration pour en faire une peinture unique qu'elle glissera dans une des pochettes de l'album photos du plus joli des gâteaux.

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Photo prise par une de mes filles, je ne sais plus laquelle...

lundi, janvier 25 2010

Cap au pays des rêves

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Le printemps arrive. Je sais qu'il est loin et je sais aussi qu'il faut que je retienne cette agitation qui me surprend tous les ans et qui rend le mois de février interminable. Je sais. Mais le soir, l'idée me rattrape parce que le soleil éclaire encore les trottoirs à cinq heures et demi par ici. C'est le soir que mes rêves les plus fous s'emparent de moi et depuis plusieurs jours, j'aime me laisser flotter pour le reste de la journée avec eux et surtout y puiser une force extraordinaire.

C'est toujours le matin, lorsque je me réveille que dans ma tête je rédige la liste des obligations de la journée, croyant m'aider à l'organiser ou pour me donner bonne conscience, je ne sais pas... La fatigue de la vieille s'est effacée aussi, je me sens « d'attaque » juste après mon café-tête-à-tête-avec-moi. Hier, c'est le repassage dont j'avais envie, au moins le commencer. Les chemises, le pire... je crois que c'est le côté bonne conscience qui me prend dans ces moments là.

J'ai finalement demandé à mes filles de bien vouloir s'occuper de Rémi, parce que j'avais trop envie d'aller me promener, avec Vincent et Sirano en chariot. Je suis rentrée complètement glacée mais pleinement heureuse. Mes rêveries s'étaient invitées plus tôt aujourd'hui et dans les bois, je crois que j'ai réalisé qu'un cap était franchit. Je sens encore sa fragilité et je n'ose pas trop en parler. Crédulité de petite fille qui me colle à la peau « si je le dis, si je l'avoue, il s'en ira pour toujours » Pourtant, hier soir, j'ai laissé échapper un peu de ce qui m'étourdissait en ce moment, ce qui m'avait donner la force et la volonté d'en finir avec tous ces kilos en trop.
Hier, je n'ai rien grignoté, je n'ai pas touché à un seul bonbon de la boite au dessus du frigo et je suis partie me coucher tôt pour en terminer avec cette habitude de manger devant la télé ou le PC. Je ne me suis pas pesée. Cette fois, je m'en fiche de voir de quel côté penche l'aiguille, j'ai juste besoin de sentir mon corps s'alléger. Je veux me le ré-approprier, je veux pouvoir monter sur mon cheval cet été, je veux pouvoir courir sans m'essouffler et même danser, me balancer au rythme des musiques que j'aime, comme avant... Il y a trop longtemps maintenant. La dépression, les antidépresseurs, l'arrêt du tabac, un nouveau bébé, une nouvelle vie. Je ne veux plus rien accuser. Je veux juste retrouver mon corps, il est temps de l'écouter me dire: «  stop!ça suffit avec tes conneries ». J'ai mal au dos depuis une semaine et dans le miroir je n'aime plus ce corps que j'avais découvert et appris à regarder avec ses yeux à lui.

Des projets pour la nouvelle année, j'en ai plein la tête et je ne sais pas encore lesquels je vais vraiment réaliser. Le potager, les travaux dans la maison, les peintures des fenêtres que je remets chaque année, le rangement des trucs que nous gardons : on-ne-sait-jamais-ça-peut-servir. Je voudrais faire une belle chambre pour mon petit garçon et une salle rien que pour le sport. Apprendre l'attelage et partir en Normandie pour apprendre durant cinq jours le comportement du cheval et améliorer la complicité toute neuve de Tylwyth et moi.... Je ne veux rien regretter si la liste n'est pas rayée. Pour commencer, le plus urgent, c'est la forme physique à retrouver et comme je sais où je veux aller, je sais que je vais y arriver...

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mercredi, janvier 20 2010

Gratin d'endives

Je le crois lorsqu'il m'assure que ce n'était pas une critique. Il m'est impossible de rivaliser avec les restaurants qu'il fréquente lors de ses déplacements professionnels, il le sait bien. Pourtant, depuis qu'il m'a avoué raffoler des moment-repas aux tables des hôtels, je n'ai cessé de culpabiliser. Je lui en ai même voulu.

Des amis de passage ici, elle me raconte son sentiment sur les mots posés par son mari. Je l'écoute me dire ce qu'elle a perçu lorsqu'il lui a parlé du désordre qui pouvait régner parfois dans les pièces de leur maison. C'est lorsque j'ai vu les yeux de son mari la supplier de bien vouloir comprendre ce qu'il voulait lui faire entendre ce jour là, que j'ai compris les mots du mien
Je souris en écrivant ces quelques lignes aux souvenirs d'une torture mentale d'une semaine. J'ai acheté des livres de cuisine en pensant qu'ils m'aideraient à démarrer et surtout à trouver la motivation nécessaire pour enfiler mon habit de chef cuisinier. Au moins, maintenant il sait clairement que je n'aime pas faire à manger. Il peut me demander un dessert et se régaler d'un goûter, je peux préparer des entrées ou composer de délicieuses salades d'été mais être obligée tous les jours de grignoter plusieurs heures d'un quotidien déjà bien rempli pour préparer et même penser à faire un repas, je ne sais pas... Et je n'aime pas.
Pour être chef cuisinier, il faut savoir organiser la semaine. Ça, il va falloir que je l'apprenne aussi et surtout que je m'y tienne.
Pas de promesse mais il m'a demandé un gratin aux endives, j'ai ressorti mon tablier et hier midi il m'a dit:
« Très bon ton gratin, merci! »

Recette d'ici:

Préparer les endives: (Retirer les premières feuilles, couper la partie basse et creuser pour enlever le milieu).
Cuire en cocotte, dans son panier sans toucher l'eau, 8 à 10 minutes .
Préchauffer le four à 200° et préparer une béchamel épaisse car les endives rendront de l'eau.
Enrouler les endives de jambon, les déposer dans un plat,
couvrir avec la béchamel et parsemer un peu d'emmental râpé.
Mettre au four pour faire dorer.

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lundi, janvier 18 2010

Un dimanche

J'ai aimé les moments de ma journée, je peux même dire que j'en ai adorés. Une chose est sûre, c'est que ce jour restera marqué par sa douceur et sa légèreté.
Je n'avais pas envie de la regarder se faire dévorer par les obligations et le petit ange-démon de la maison. Petit garçon de trois ans et demi, certains appellent ça: la petite adolescence... Ça lui ressemble.

Tout en m'habillant, je lui ai dit qu'il était important que je puisse "p'ti-déjeuner" sans notre petit garçon, que si je me pressais, c'était pour que je puisse entendre ce dimanche matin dans le silence de la cuisine et du jardin juste à côté, je voulais être seule à l'instant ou il m'offrait ses premiers rayons de soleil. Je savais qu'après ces quelques minutes de retraite, je pouvais laisser une tempête arriver même si j'étais très décidée à ne plus le laisser m'engloutir.
Je ne m'étais pas surchargée non plus de « trop à faire », juste une galette à préparer pour nos invités de l'après midi et le soleil qui chauffait la desserte m'avait ordonné d'enlever la poussière. C'est tout...
En fin de matinée, je me suis glissée dans un bain, j'ai entendu mon souffle respirer l'air jusqu'au bout des ses poumons, j'ai senti mon corps tout entier se détendre; morceaux par morceaux. Je les ai rassemblés et devant le miroir, je me suis trouvée jolie.

En avalant mon café, j'ai pensé aux milliers de choses que nous avions à nous raconter. Il y avait des enfants ici, je savais aussi que ce serait sûrement pour une autre fois le partage de confidences entre filles. Qu'importe, les retrouver, c'était la seule vraie envie qui me ravissait ce matin. C'est le parrain et la marraine de notre petit garçon, nos amis aussi et nous avons laissé beaucoup trop de semaines sans prendre ce temps qui, après coup, m'enveloppe de ses bras en me chuchotant le regret du "plus souvent" en me faisant promettre de ne plus négliger cette part de ma vie. Je n'ai rien promis en leur souhaitant une bonne fin de dimanche.

Je suis certaine aussi qu'il s'est gravé un essentiel aujourd'hui, sur le chemin que j'ai emprunté avec Tylwyth, il y a presque trois ans maintenant. Le moral peut descendre, même très bas, je sais ou regarder et j'ai trouvé des trésors à partager. Du travail, il y en a pour des années, toutes les années qu'il me reste à ses côtés, aujourd'hui j'ai relevé les manches, je sais que peux y arriver.

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mardi, janvier 12 2010

Sans lui

A plusieurs reprise, je lui ai dit qu'il allait me manquer. Comme à chaque fois qu'il doit partir, je pense aux avions qui ne sont jamais arrivés et avec l'hiver, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à l'accident de voiture sur la route de l'aéroport. Je me suis réveillée au milieu de la nuit et c'est ma main sur son oreiller qui m'a alerté qu'il s'était déjà levé. Je déteste le premier jour, le vide qu'il laisse derrière lui. Quoique je fasse à la maison, j'ai l'impression de tourner en rond, je ne dors plus et j'avoue détester aussi le silence qui gouverne toutes les pièces.

Juste après mon café, j'ai allumé mon ordinateur, il faisait bon dans mon bureau, j'ai pensé à lui et je l'ai remercié par la pensée d'avoir pris soin de remplir la chaudière de bois, avant de s'en aller. J'ai remis ma douche à plus tard et j'ai supplié le petit Capi de rester encore un peu au panier. j'avais juste envie d'essayer de trouver quelque part assez de force pour au moins la matinée.

Leia m'a appelé, elle s'en allait vivre sa journée de petite collégienne. J'ai eu envie de l'accompagner jusqu'en haut de la rue. J'ai appelé mon chien et nous sommes partis. Le thermomètre indiquait -12°, je n'ai pas senti le froid tout de suite. J'ai entendu chacun de mes pas revenir à la maison et c'est en rentrant que j'ai pleuré.

Je déteste ce premier jour, celui qui vient me flanquer son air de solitude en pleine figure, celui qui m'oblige à me regarder dans le miroir et à vivre en tête à tête avec moi...

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lundi, janvier 11 2010

La luge

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Je crois que je n'ai pas perdu ce petit truc de quand j'étais petite fille, cette douce chose si extraordinaire qui venait s'enrouler tout autour de moi lorsque le matin, je sautais du lit pour confirmer que les prés étaient tout blanc. A l'intérieur, la chaleur des radiateurs de ville se faisaient apprécier. Aujourd'hui, c'est celle du bois et son odeur qui flirtent avec l'hiver comme je l'aime. Depuis plusieurs jours, je n'ai pas passé une seule nuit sans me relever au moins deux fois pour vérifier les prévisions de la météo. Je pourrais passer des heures à regarder ses petits morceaux de chiffons tomber du tourbillon de tout là-haut.

Très souvent dans la journée, j'ai pensé à ses villes, pas si loin que ça, qui se couvrent de neige six mois dans l'année. Je me suis imaginée vivre comme ça. Je crois que j'aurais bien aimé une maison tout en bois là-bas.
Nous sommes sortis tous les quatre avec la luge « il faudra en retrouver une autre dans un vide grenier de cette année » Lorsque j'étais petite fille, c'est avec mon papa que je me préparais pour partir pendant des heures, tout en haut de la petite forêt qui se trouvait juste en face de chez nous. De l'autre côté, il y avait une belle pente à descendre. J'ai beaucoup pensé à lui aujourd'hui lorsque j'ai dû tirer la luge plusieurs fois pour remonter mon petit garçon. Il ne paraissait jamais fatigué lui... Enfin, je crois que je ne m'en souciais pas trop.
J'ai aimé aussi aligner les moufles, les gants et les grosses combinaisons sur le radiateur en rentrant . Le goût de la galette m'attendait pour l'heure du goûter, je l'avais préparée en pensant à cette sortie d'après midi. Ma fille a voulu m'accompagner pour boire un thé avec du lait. « je peux reprendre un peu de sucre maman ? » Devant la cuisinière à bois, j'ai savouré cet instant de plénitude. Les projets et les envies, les « il faudra qu'on » enflammaient notre passion pour les chevaux. Nous nous sommes imaginés glisser derrière eux «  Tu as bien des skis toi ? »

je crois qu'il me manquait cette preuve d'hiver pour continuer et penser au 355 jours qu'il reste avant la fin de cette année. 355 matins à me lever pour une journée, à l'organiser au gré de mes envies ou de mes humeurs aussi.
355 soirées aux souvenirs de quelques lignes d'une page avant de la tourner.
51 semaines à égrainer
et 12 mois pour habillés les saisons, parfois longues ou parfois ensoleillées.

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lundi, janvier 4 2010

Tous les jours ne se ressemblent pas

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Hier matin, j'aurais pu écrire que j'avais senti le vent de la nouvelle année. Tous nos visiteurs ont regagné leur domicile. Le calme et le désordre laissés m'ont donné cet élan qui prend généralement au printemps, lorsque le soleil s'installe tout entier dans la maison pointant de ses rayons chaque toile d'araignée ou grain de poussière. Ici, on parle de couche épaisse et de crasse au sol. Je n'ai même pas senti rosir mes joues lorsque j'ai eu terminé l'inspection des travaux ménager à faire. Il m'a fallu la matinée toute entière pour la cuisine. J'ai rendu l'éponge et le chiffon à l'heure du déjeuner en déclarant que c'était tout pour aujourd'hui concernant le ménage. Il me restait une galette à faire et après je voulais toute une après midi peinte de « rien à faire ».
Je me suis allongée pour une courte sieste et puis... Et puis les heures ont dévoré tout le reste de ce dimanche. Je me souviens qu'en me couchant je mettais promis
« demain je recommencerai avec la même ardeur ». Retrouver mes repères, ma maison à dorloter et ce qui me tient à cœur pour cette année:
apprendre avec Tylwyth la légèreté d'une douce complicité et apprivoiser les cordes de ma guitare.

Le réveil a sonné. A 6 heures, en janvier, je ne pouvais pas compter sur les oiseaux pour me chanter le petit matin, alors j'ai allumé un feu dans la cuisinière et j'ai bu mon café. Dehors il faisait -10° et il n'y avait pas le moindre petit flocon de neige comme je l'avais fanfaronné à Leia juste après le « bonne nuit » d'hier soir.
J'ai essayé de trouver par quel bout commencer le décrassage du château et j'ai un peu rangé. Je me suis installée plusieurs fois avec ma guitare et je l'ai quittée à chaque fois avec les larmes au fond de la gorge et l'idée que je n'étais vraiment pas douée... J'ai cherché plusieurs fois Tylwyth par la fenêtre et j'étais à deux doigts d'y aller. Ce soir, je l'ai ramenée au box sans la regarder, sans la caresser. Je ne sais pas par où commencer et je ne sais pas si je pourrai toucher un jour à mon rêve...
Ce soir, je me sens seule enfermée dans cette bulle que je connais par cœur et je ne sais pas si je dois avoir peur ou non de cette humeur là... Pour ça non plus je ne suis pas douée.

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samedi, janvier 2 2010

Fin d'année

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Juste avant de sortir mon petit chien, j'ai pris dans la main, mon cadeau de Noël de la marque à la pomme. Chaque matin s'habille de cette nouvelle habitude. Je glisse ses écouteurs dans mes oreilles après avoir interrogé les alentours parce que je sais que dans un instant je me transformerai en femme sourde.
Mon baladeur m'offre l'option aléatoire, c'est parfait pour ces minutes entre nature et musique que je choisis pour cette sortie obligatoire.
Dehors, il fait froid. Le nez dans le col de mon manteau, je m'engage sur le petit chemin de tous les jours. Le vent souffle sur mon visage et mes oreilles entendent celui qui me transporte ailleurs depuis que je « reconnais » la guitare: "Maxime Rodriguez"  accélère mon pas au rythme de ses cordes. Je n'entends plus la vie autour de moi, il faut que je me retourne, si une voiture arrive derrière moi... Sentiment d'insécurité... Mes pensées se dirigent auprès des sourds, ce monde là, ces gens là, leur vie à eux qu'est-elle vraiment ?

"Le monde d'Amélie Poulain" vient changer la réflexion. Je ne veux plus me retourner, tant pis. Le piano me donne l'ordre du repos, mon pas ralenti, mon regard est doux, je vois au loin la paix que les prés veulent me montrer. Je pense à la mère que je suis pour mes filles. Mes larmes m'engourdissent et brouillent ma vue. Je laisse l'émotion me parler d'un âge que j'ai connu et je compare les deux générations que je connais mieux depuis ces dernières années. Je pense à internet, blogs, musique... Ce monde virtuel qui attrape n'importe quel être humain dans sa magie et sa souricière. Je sens la fragilité de cet état changeant lorsque dans les oreilles une musique dicte la nostalgie ou bien l'envie de liberté...

"Dream a little Dream" tourne la page. Le voile de mes yeux se lève et mon dos aussi. Me voici transportée dans un monde d'envies et de certitudes. Un confort que j'aime trouver sur les pas du retour avant la porte de l'entrée d'une maison encore endormie. Je veux croire que je n'ai pas vieilli, que tout m'est encore permis. Une année écoulée, je ne suis pas sûr de savoir ou j'en suis et si toutes les pages que j'y ai laissées me plaisent, mais je sais que je n'ai rien à détester de moi pour cette année passée. C'est idiot ce calendrier, rien à changé entre demain et aujourd'hui mais aujourd'hui, j'ai des envies. Envie de préciser mes projets avec lui et je crois bien que je vais tenter la liste des résolutions. Je hais pourtant ce genre de pari, je sais qu'il nous sera impossible de tout réaliser mais j'ai envie d'essayer au moins cette année en promettant d'écrire au feutre rouge indélébile: "Jamais sévère pour ce qui ne sera pas fait"...

Ses filles sont reparties et les miennes aussi. Il nous faudra, comme à chaque fois nous réhabituer au vide laissé et nous reposer aussi...

Je vous souhaite une excellente année.

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mardi, décembre 15 2009

Pour le plaisir

Le froid est arrivé, le pré a séché et nos chevaux ont peu retrouver leur liberté...

vendredi, décembre 11 2009

A faire avant de mourir

Aller jusqu'au bout de mes idées au moins une fois
Aller aux US
Dormir dans un arbre
passer les savoirs en étholologie à l'académie de Firfol
partir dans les bois avec Tylwtyh, en rando plusieurs jours, grand galop dans un pré
savoir tenir sur le monocycle sans le mur
faire du kart
une journée thalasso
partir au ski/chalet en amoureux
partir en roulotte
assister à une mise bas d'un poulain et d'un veau
avoir un chat
passer mon permis moto
Partir avec tous nos enfants en gîte une semaine aux sports d'hiver
terminer les travaux de ma maison
Une soirée de princesse dans un grand grand restaurant/dansant
ne plus avoir peur des chevaux
Voir un opéra à Paris
Jouer de la guitare le morceau de Joshua
Partir avec une super copine quelques jours à la mer: plage/resto/ papotage
Monter sur un chameau
faire une jolie terrasse
Voir le Mexique
Voler en tandem avec lui
réussir à faire coucher Tylwyth
revoir la Corse
lire un livre en un jour
aller à un dîner spectacle équestre « Gruss »
apprendre l'osier
Rencontrer les Bloggeurs que j'aime bien
faire une chouette salle de sport
acheter une chaine hifi, un home cinéma et un projecteur
Une grande baignoire pour deux
terminer ma chambre
Faire de l'accrobranches
savoir atteler parfaitement et participer aux concours avec Tylwyth
Aller à Mouthe voir les chiens de traîneaux 
Allez au marché de Noël de Strasbourg
avoir un aquarium géant
Ne plus culpabiliser
réussir à m'orienter sans GPS
Ne plus être jalouse
Avoir totalement confiance en moi
visiter la Mongolie ( vie des nomades )
demander pardon au garçon de ma 6°

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J'en rajoute un peu au fil du temps...

Allez au Québec en hiver!

dimanche, décembre 6 2009

Isos

Je déteste cette vague d'émotion là. Je la sens monter, pas doucement non, très violemment. Je crois que c'est ça que je déteste le plus. « Les émotions à grande vitesse »

Lorsque je suis arrivée devant le classeur du samedi, comme à chaque fois, je me sens comme une petite fille qui veut, qui ne veut pas... Qui ne sait pas, qui accepte dans tous les cas, sans protester le choix du « maître ».

Aujourd'hui, lorsque j'ai lu son nom, je l'ai un peu détesté parce qu'il sait depuis le début que je ne veux pas monter les grands chevaux. Je lui avais raconté ma chute de petite fille sur ce grand grand cheval, L'humérus cassé et les chevaux au dessus de ma tête. Je l'avais averti que je n'avais même pas envie d'essayer puisque de toute façon ma jument sera classée avec les poneys ou « gabarit petit cheval »et c'était bien comme ça.

Je crois que si mon mari ne m'avait pas pris dans ses bras lorsque je suis rentrée et que dans son regard je n'avais pas trouvé la sincérité d'un homme me donnant raison, je me serais enfuie loin, très loin de ce monde qui me donne le vertige.

Chaque semaine, depuis plus d'un an, j'avance d'un pouce vers la gloire et la richesse de ma liberté et cet après midi j'ai entendu ma peur revenir au galop et aux travers de mes larmes, j'ai avoué au moniteur que je ne pouvais pas la surmonter aujourd'hui, que j'avais bien essayé mais que je ne pouvais même pas entrer dans le box pour le seller... Il m'a laissé rentrer à la maison coupable du crime que je venais de commettre. J'ai reposé la selle du grand grand cheval et son filet. Je me suis assise dans la voiture et j'ai pleuré, pleuré, pleuré et j'ai tourné la clef pour rentrer.

J'ai couru dans l'écurie pour voir Tylwyth. Elle était couchée, elle a "ronronné" lorsque je me suis approchée. Je suis restée près d'elle dans la chaleur et la douceur de son encolure. Je lui ai raconté... Elle m'a consolée et je suis rentrée.

Mon mari m'a pris dans ses bras et j'ai relevé la tête. Non, je n'ai pas encore gagné, peut être que jamais je serais la vainqueur mais je sais que je serais sur le podium. Un jour j'irai jusqu'au bout du chemin et ce jour là, ce sera avec ma jument...

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samedi, décembre 5 2009

Un jour sans fin

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Sur la route qui mène à la gare, je roule dans la nuit déjà bien présente. Dans une vingtaine de minutes je retrouverai ma Lucie pour un week end. J'imagine sa bouille d'ado lorsque je lui proposerai une soirée fast food et un ciné entre filles. La radio allumée sur des musiques de ma jeunesse, j'écoute en suivant le dessin du bitume. J'adore ces moments là. Le silence de mes pensées au rythmes de la musique dans le ronronnement de ma voiture. Je crois que c'est ce que je voulais exprimer lorsque je disais que plus tard ça ne me déplairais pas d'être routière.

Mes pensées me parlent d'une phrase toute faite juste entre deux villages. Sur cette longue route: - " Longue comme un jour sans pain " ...
mon esprit a dérapé sur : "comme un jour sans fin".
C'est comme ça les esprits, parfois ça dérapent ... Enfin le mien est comme ça. Souvent même je dois l'avouer... Bref, me voici partie en plein délire sur cette phrase en me posant la question suivante:

Comment serait un jour sans fin ?

La première remarque était qu'il n'y aurait plus de bonsoir ni de bonne nuit et encore moins d'à demain... Comment se quitterait-on alors ? A tout à l'heure ? A plus tard, je reviens dans la journée ?

Je pense aux matins où je me suis levée du pied gauche et aux jours de travers où j'ai dit: vivement ce soir que je me couche...

Un jour sans fin resterait toujours gauche ou de travers alors ?

Un jour sans fin commence forcement à sa naissance et alors on mourrait le même jour ?

Un jour sans fin n'aurait pas de lune et les pâquerettes ne dormirait plus ?

J'ai ralenti à cause des travaux tout près de la gare. Mon esprit s'est concentré sur ma conduite et l'arrivée de ma fille. Je souris encore une fois à mes fidèles pensées tordues, la voilà sur le trottoir d'en face... Bonsoir Lucie...

vendredi, décembre 4 2009

Noël

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Elle m'a dit que ça la « tuait » de savoir son père seul pour le soir de Noël, qu'elle préférait plutôt partager le réveillon du nouvel an avec nous parce qu'ici, c'est un peu mieux et que son papa pouvait être sans elle ce soir là sans problème...

Je n'ai pas pu m'empêcher de croire que les autres pensaient pareil.

Je n'ai pas pu m'empêcher de me dire qu'elle avait sans doute raison et pendant quelques secondes cette fichue culpabilité m'a rattrapée pour me coller sous le nez, l'étiquette que je croyais avoir jetée:
« Tu n'es que la vilaine qui est partie... »

Lui, il est seul et moi j'ai à mes côtés un mari et un petit garçon pour passer cette soirée d'enfants, sans trop de vide à surmonter. C'est sans doute, le seul message qu'elle a voulu passer...

Je ne sais pas si je dois rendre responsable la saison qui a décidé que le manteau blanc n'était pas encore pour maintenant mais je ne ressens aucun plaisir à habiller la maison de rouge, de vert et de fête, elle est d'ailleurs encore presque nue de décorations. Hier j'ai ramené la fleur de Noël, celle que je pose sur la table de la cuisine depuis ces cinq dernières années, j'ai trouvé un peu de gaieté en rajoutant dans mon sac, trois bulbes plantés dans un panier. Les jacinthes m'ont parlé d'après, lorsque mes yeux les ont regardées...

Mon âme d'enfant ne m'a pas quitté, dans les grands magasins j'ai des envies de poupées en chiffon, de petites souris et d'ours en peluche...

Je ne désire pas faire croire à Rémi qu'un soir dans l'année il y a un monsieur en rouge et blanc, avec une grande barbe blanche, vient par la cheminée pour apporter des cadeaux. Il saura parfaitement qui remercier.

Hier soir, nous avons trouvé les marionnettes pour notre fils sur clavier. A l'écran s'est affiché que la commande à bien été enregistrée. Je me souviens de l'an dernier, je découvrais la joie de l'emballage en papier craft . L'infidélité du grand froid qui annonce l'arrivée de sapin à la maison a retardé l'envie ici de paquets à habiller et de ruban à nouer mais j'entends le vent tourner... je laisse le temps au temps d'approcher et de m'enivrer doucement de ce que j'attends.

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mardi, décembre 1 2009

Bagarre dans la mangeoire

Chaque matin, j'ai l'impression qu'ils me demandent leurs graines. Parfois j'entends taper sur le carreau de la porte fenêtre. Je ne risque pas de les oublier!

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mercredi, novembre 25 2009

Trois souhaits

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En sortant de la maison, j'ai senti le froid et puis très vite, le soleil est venu me souhaiter une excellente journée. Vincent m'a parlé d'un ciel très étoilé à quatre heures ce matin. Aujourd'hui, C'est la sainte Catherine, c'est le prénom que mes parents ont choisi de me donner. Catherine c'est moi, aujourd'hui, c'est ma fête à moi...

Il y a quelques semaines de cela, je parlais de Madame B sur ces billets. Un jour, un monsieur m'a demandé pourquoi je parlais de moi à la troisième personne... ça m'a un peu bousculée parce que je n'arrivais pas vraiment à m'expliquer ce choix. Parler d'elle et non de moi... Pourquoi ?

Je crois que j'ai tenté d'échapper aux souvenirs de mon enfance, ils m'ont rattrapée et j'ai alors décidé d'en chercher le gris de leurs saisons passées afin de les colorer.

Je peux imaginer aujourd'hui que c'était moins douloureux, de me cacher derrière Madame B. Un peu comme au cinéma, le film peut toujours me bouleverser, me chambouler, m'agacer, me torturer ou m'interroger, je sais que ce n'est pas moi et qu'à tout moment, je peux retrouver ma bulle pour me « sauver/sauver ».

Je me suis retrouvée fatiguée, tellement fatiguée d'essayer de repeindre, sans aucun résultat, le tableau de ma vie d'enfant et fatiguée de toujours ressasser cette même fatalité. J'ai essayé l'empathie. Ce fût déjà plus coloré mais il restait encore quelques tâches d'ombres que je ne savais expliquer...

Aujourd'hui c'est la Sainte Catherine, c'est ma fête à moi et pour ce jour, le soleil est venu éclairer ma journée. Toutes les fenêtres de ma maison sont ouvertes, les lapins sautent dans le jardin et je suis déjà allée caresser ma Tylwyth. Mon mari m'a embrassé plusieurs fois déjà et m'a dit aussi que j'étais très jolie.
Catherine c'est moi et je désir écouter mon bonheur, mon cœur, ma tête et toutes mes envies. Si je compte bien, je suis à peu près arrivée à la moitié de ma vie mais c'est loin d'être fini.
Je ne serais jamais puéricultrice ni psychologue ou chercheur, ces tiroirs là je peux les refermer... Aujourd'hui, sans regret.
Je suis une maman de cinq enfants dont un petit garçon différent et je grandis avec eux. Chaque jour, je partage ma vie aux côtés de mon bien aimé et de ma liberté retrouvée.

C'est décidé, je garde mon âme d'enfant et le désir d'une vie remplie d'ours en peluche, de jouets et de bibelots, j'apprends la guitare, l'équitation classique, et l'attelage... Un jour j'irai à Firfol rencontrer des passionnés d'Irish Cob qui m'apprendront l'éthologie comme je l'aime, avec le dos droit, la tête haute parce que oui, Catherine c'est moi et j'ai le droit au bonheur de me connaître par cœur en me servant des outils collectionnés durant cette moitié de vie et ceux que je ramasserai sur la route qui s'ouvre devant moi...
Aujourd'hui, sans en avoir honte, je peux me tromper, tâtonner ou changer d'avis, j'apprends aussi à vivre avec la difficulté et la dureté des saisons à mes côtés.

Aujourd'hui c'est ma fête et si j'avais trois vœux à faire, voici ceux que je ferais:

1- garder toujours l'amour que nous avons l'un pour l'autre, Vincent et moi
2- Que les chercheurs trouvent le remède miracle qui donnera le tonus aux muscles de Rémi
3- Que la maladie ne vienne jamais frapper ceux que j'aime et moi.

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jeudi, novembre 19 2009

Un rêve de petite fille.

J'aurais vraiment adoré avoir ces petites souris dans ma chambre. J'aurais inventé des milliers d'histoires où bien sûr, j'aurais été leur maman adoptive et je les aurais choyées dorlotées... Elles m'ont fait rêver ce soir et retrouver un morceau de ma vie de petite fille. Je débordais d'amour pour tout ce qui était petit jouet, nounours et poupées.

lundi, novembre 9 2009

Le temps

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Il m'aura fallu attendre d'avoir 41 ans et demi, rencontrer la différence, un cheval et une guitare pour observer ce sentiment là. Oh! Je ne vais pas m'en plaindre... Il m'en aura fallu aussi du temps pour ça.

Apprendre que pour ne pas perdre mon temps il faut que je prenne mon temps.

J'ai laissé couler mes larmes plusieurs jours, j'ai senti le vide m'envelopper, sans pouvoir le maîtriser. J'ai écouté ma moitié, je me suis accrochée.

Je n'avais encore jamais, jamais, connu ce sentiment. J'en avais entendu vaguement parler, je l'avais certainement déjà lu et je dois même avouer qu'il y a 5 ans, c'est ça que j'ai aimé rencontrer, lorsque je l'ai embrassé.

J'ai voyagé dans le temps, le temps d'accepter le droit de me tromper et qu'il me faudra du temps, pour apprivoiser les cordes de ma guitare. Je suis revenue avec un panier rempli de richesses, de liberté et de fierté.

Hier soir, en ramenant Justine prendre le car qui la ramène chez son papa, j'ai essayé de lui expliquer. Je lui ai raconté qu'il y a trois jours, je venais de découvrir un nouvel ami, qu'il s'appelait: le goût de l'effort. J'ai essayé de lui raconter un peu sa vie. Qui, il était... Je ne crois pas qu'elle ai compris... Compris qu'on puisse aimer un tel ami.

Je lui ai dit aussi toute la difficulté que j'avais d'accepter de n'être plus qu'une spectatrice dans sa vie, qu'aujourd'hui je regrettais de ne plus l'avoir sous mon aile parce que j'aurais tellement aimé l'emmener là haut pour lui apprendre à s'envoler.

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jeudi, novembre 5 2009

Les sens

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Regarder et voir
attachés l'un à l'autre.
Inséparables ces deux là.
L'un sorti avant l'autre,
le regard est certainement l'aîné.
le regard trace le chemin d'une vie,
une vie en bonne compagnie,
Celle des sens,
tout une famille.
Le touché,
la peau comme partenaire.
L'odorat,
Ne se sentira pas bien sans son nez à ses côtés.
L'ouïe,
il ne s'entend qu'avec l'oreille
et le goût
c'est avec la langue qu'il déguste les journées.

Vous vous souvenez, je vous ai parlé du regard,
Il faut que je vous dise
Il a bien grandi.
Dans ses yeux,
toujours attaché à l'autre ( ne l'oublions pas, ils sont inséparables)
on peut y voir le bonheur d'une rencontre.
Ils se sont mariés
Perce et voir on une vie remplie de bon sens,
ainsi ils peuvent:
percevoir le goût des aliment
l'odeur comme bonne ou mauvaise.
En touchant une peau
en percevoir sa douceur
rien qu'en la regardant aussi, parfois, c'est facile.

Ont-ils eu des enfants?
C'est possible...

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mardi, novembre 3 2009

Un volcan

La terre tremble sous mes pieds. Je me retiens pour ne pas tomber.
Un volcan tout entier bouillonne au dedans
mes larmes qui ne veulent plus couler.

Je voudrais voir jaillir cette émotion qui me torture
la culpabilité me ronge et empêche le débordement de tous mes mots
Je voudrais parler de mes sentiments sans que craque le volcan.
Crier à son papa que je ne me sens vraiment pas à la hauteur
et surtout je ne veux pas que mon fils trouve dans mon regard
Le déséquilibre qui l'habille en ce moment.

Mes pas avancent sur ce chemin que j'ai décidé d'emprunter
J'avoue sincèrement que je reprendrais volontiers la place de Madame B
Cachée derrière, bien enveloppée.
Le « je » qui s'apprivoise depuis si peu, ne peut encore être rassurant
Ce n'est pas le moment de vaciller
et pourtant je sens sous mes pieds le terrain se dérober.

Je ne veux pas que cette "cage" abîme un seul poil
de mon petit clown
mon rayon de soleil
et la douceur de sa peau.

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mercredi, octobre 28 2009

Jus de pommes

Un plaisir qu'elle ne connaissait pas. Elle en avait entendu parler par ses voisins et elle avait même découvert un morceau de son charme et goûté ses saveurs, à plusieurs reprises. En fait, à chaque fois qu'elle les avait invité à dîner ou à déjeuner, elle pouvait s'en régaler et s'imaginer qu'au prochain automne, ils allaient expérimenter cette nouvelle occupation. Une activité qui plaisait tout autant à Monsieur B qui rêvait lui aussi de découvrir le résultat d'un travail partagé avec Madame B et leur pré qui a décidé d'être encore généreux cette année.

Elle se souvient bien au tout début de leur histoire, de sa rencontre avec les pommiers d'ici. Elle se demandait bien ce qu'elle pourrait faire avec tous ses arbres à pommes jaune, rouge ou rouge et jaune. Elle avait imaginé des salades pleines de ses différentes variétés et déguster ses Crumbles qu'elle sait si bien réussir. Il y avait les chevaux qui pouvaient eux aussi s'en régaler.

Malgré cela, elle sentait surtout le débordement d'une telle générosité et elle était rentrée un peu déçue. Elle se souvient aussi de cette merveilleuse idée offerte par les voisins qui étaient venus leur offrir une bouteille du fruit de leur labeur et de leurs pommiers, tout en expliquant la « simplicité » de la tâche . Au beau milieu des travaux et des cartons, du débarras et de leur nouvelle vie, avec un tout petit garçon à s'occuper, ils avaient juste souris à cette idée et aux pommes qu'ils se contentaient juste de croquer...

Le deuxième automne est arrivé... Le voisin leur a rappelé qu'ils avaient des pommes à ramasser.
Monsieur B disait: « Il faudrait »

Madame B lui répondait: « Après le bois à couper »

Cet automne là est passé plus vite qu'il n'ont eu le temps d'y penser pour finalement « s'excuser » en disant qu'ils étaient débordés.

L'automne 2009 a sonné à leur porte, leur voisin venait les informer qu'il faisait une démonstration dans l'ancienne gare où il y a le pressoir géant offert par la commune avec tout le matériel pour stériliser, capsuler et on y trouve même un alambic.

Monsieur et Madame B ont beaucoup questionné, ils ont observé et appris comment les utiliser. Ils sont rentrés avec plusieurs bouteilles de jus de pommes et le sentiment que des grosses journées comme celles qui les attendaient, n'étaient pas pour eux. Les pommes du pré ne mûrissaient pas en même temps, ils n'avaient tout simplement pas envie non plus de partir dans cette aventure des jours « obligés et convenus » mais juste écouter le fruit nous dire qu'il est prêt à être cueilli, partager ces heures là avec la nature, remplir les bouteilles, semaine après semaine, de soleil et de bonne humeur.

Le soir même, ils ont pesé le pour et le contre... Le pour a remporté la victoire et Monsieur B a commandé tout le matériel pour la fabrication du jus des pommes de « chez eux »

Dimanche, en fin de journée, avec l'aide de Lucie, Rémi et une merveilleuse journée ensoleillée, le jus des pommes ramassées a été pressé, puis gardé au repos jusqu'au lendemain afin de décanter...

Petit reportage photos au château:

-Secouer les pommiers et ramasser les pommes. Les passer au jet d'eau.

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-râper les pommes

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-remplir le pressoir et laisser la magie opérer...

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-S'arrêter un instant pour regarder le doux filet sucré s'écouler...

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-Après la nuit passée à décanter, stériliser.

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-Mise en bouteilles et capsuler.

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-On admire le résultat posé sur la table. On goute, on savoure...

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on conclue que c'est bien là le meilleur des jus de pommes bien entendu... Qu'il faut absolument en recommencer avec les autres pommes qui n'attendent qu'à être ramassées...

Maintenant, Madame B est certaine d'une chose: -Elle attendra l'arrivée de l'automne avec gaieté.

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