


Je n'ai pas pris le temps hier pour écrire mon petit mot du soir. Mes pensées cuvaient encore toute la journée écoulée. Je me suis bien assise devant mon PC pour y laisser mes doigts raconter, Mais j'ai très vite compris que ma peine serait perdue et j'ai accepté volontiers ce besoin de rêvasser loin des mots posés.
Nos invités sont repartis très tôt et toute la maisonnée s'est très vite activée pour m'accompagner sur le chantier lorsque j'ai proposé de les emmener avec moi pour aller voir « en vrai » les animaux et leurs équipiers débarder.
Je n'avais pas vraiment de perception du ressenti de ma moitié lorsqu'il essayait de me raconter ce qu'il avait vu chez François où vécu avec Sirano. Je me suis très vite retrouvée hors jeu lors des descriptions et des explications que François savait commenter avec beaucoup de générosité et de culture. C'est sûr, cinquante ans de métier, ça fait énormément. J'étais trop frustrée de ne pas bien comprendre les codes de ce travail là. Il me fallait observer la pratique, j'avais besoin de concret.
Leia est resté collée au poulain « Trop mignon le petit Alex » et elle m'a demandé de la prendre en photo avec lui pour en faire un poster à accrocher au mur dans sa chambre. Le soir au lit, elle me disait encore combien elle avait aimé être avec lui.
Rémi a partagé un temps à mes côtés « wouaaa!!! » il répétait cette expression là à chaque fois qu'il voyait un cheval tirer les troncs d'arbres. Il a adoré l'ambiance des bois. Moi aussi. Je crois même que ça prend une très importante place dans les plaisirs de ce travail là.
J'ai vu un étalon trotter pour tirer sa très lourde charge et il me semble bien que j'ai vu aussi un athlète connaître parfaitement son métier. J'ai rencontré l'important de la précision et de la concentration. La beauté d'un duo extraordinaire et j'ai imaginé le plaisir certain que je pourrai trouver en partageant avec Tylwyth et bien entendu; à la hauteur de notre force à toutes les deux, la vie dans les bois avec ma moitié et son trait Comtois.
Nous sommes rentrés tous les quatre avec les souvenirs que chacun peut se raconter sans craindre d'ennuyer son voisin Nous avons déjeuner dans un fast food que nous avons croisé en chemin:
« Wouèèè!!! Momi veut des kikes et du coca et aller au togogan-tunel »
Notre matinée inhabituelle terminée, nous avons rejoint celle du quotidien. Un mercredi: piano/poney/courses/bain/diner/dodo. Coupé en plein milieu du cours dans le manège:
« Tu ne m'as pas vu tomber maman ? »
« Non, ça devait être juste au moment où j'étais au téléphone »
La voix enchantée de ma fille aînée est venue arrêter le fil du temps. En tous les cas le mien. Le ton du « maman ? » annonçait toute la joie de ce qu'elle avait à me raconter.
« Maman je suis sous admissible et Simon est admissible »
« Maman, tu te rends compte, ça veut dire que je suis dans les 500 premiers sur toute la France!!! »
Après avoir vérifié ce que « sous admissible » voulait réellement dire, j'ai n'ai pas pu me retenir de lui proposer une nouvelle fois de « cuber » même si je sais ce qu'elle en pense puisque nous avons discuté, longuement et très clairement à ce propos, bien avant aujourd'hui.
Une récompense qui lui permettra de choisir et d'être acceptée dans n'importe quelle faculté de langues étrangères, c'est déjà très glorieux. Alors je l'ai félicité. Sa moitié aussi:
« Tu te rends compte maman, Simon est le seul du lycée à être admis!!! »
Dans la soirée, sur MSN je lui ai demandé de me téléphoner pour savourer ses mots à l'autre bout du fil, j'ai essayé d'être au plus près d'elle et j'ai laissé mon coeur se remplir d'elle au son de sa voix.
C'est parfois très frustrant d'être « la maman du dimanche »...
Je suis partie me coucher avec le sourire, j'ai retrouvé mon livre de chevet et je me suis endormie.

