Ma Vie De Château...

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vendredi, juillet 2 2010

En vacances

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Hier soir, j'avais très envie de partir en vélo à la recherche de jolies fleurs trouvées aux bords des prés. J'en avais repérées lors de notre dernière balade, dimanche dernier. J'ai invité ma petite fille à m'accompagner:
"Mais on va mourir de chaud maman!"

C'était comme elle voulait mais, même l'écrasante chaleur de la journée ne pouvait me faire changer d'avis. Elle m'a suivie et je lui ai demandé de ne pas rouspéter, je voulais cette promenade dans la détente et la bonne humeur. Elle l'a été.

Voilà, les vacances d'été c'est aujourd'hui. Leia est partie pour un mois avec son papa ce soir. Dimanche, elles seront toute les quatre sur l'île de Beauté.
Les vacances d'été c'est aujourd'hui, Rémi très heureux d'ajouter:
"Momi rester avec maman"
Ce soir, nous avons commandé des pizzas que nous avons dégustées avec un bon vin. Ce soir, c'est les vacances et j'ai encore un peu de mal à les sentir vraiment. Hier, j'ai vu une de ses filles à lui sur une planche de surf, une photo rempli d'été, de souvenirs sans aucun doute extraordinaires et salées, mais je crois qu'il va me falloir encore quelques jours pour vraiment me rappeler que c'est: Les vacances d'été!

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jeudi, juillet 1 2010

Effervescence

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Ça tourbillonne, ça bouillonne, ça se calme et ça mijote. Parfois je coupe le feu sous mes projets, mes envies parce que ça fatigue et je me retrouve sans énergie pour la vie qui existe.
Il est partant ou très réticent et parfois totalement hermétique. Je crois que ça lui fais un peu peur. Je sais que je m'emballe très vite, que je commence et que je termine jamais. Je sais aussi que je déteste les étiquettes depuis qu'il m'a appris comment les décoller...
Écrire régulièrement ici m'aide à trier, à séparer l'important, des rêves, des illusions et du vivant. Mais en ce moment, mes doigts s'agitent, ils ne savent plus écrire l'essentiel, prisonniers de la tornade, ils attendent un peu de calme.

Un presque dernier petit déjeuner d'écolier, dans le jardin pour un air de presque vacances. Ici, même le chien à le droit à une "revue en sac"...

Bonne journée!

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mardi, juin 29 2010

En sacs

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Ce que j'aime le plus de cette saison, ce sont les odeurs très différentes entre le matin, au plus chaud de la journée ou encore lorsque le soleil est couché.
A peine sortie de mon sommeil, les yeux encore bien fermés, j'adore me concentrer sur le seul sens dont j'ai besoin pour écouter les musiciens à plumes se donner aux répétitions de leur concerto d'été. Les fenêtres ouvertes m'offrent un réveille-matin plein de gazouillis, de fraîcheur et un soleil à peine levé qui laisse mes yeux s'ouvrir sans être intimidés.
Je mentirais en disant que je m'en fiche si les nuages viennent mouiller le dehors le reste de la journée, que ce qui m'importe surtout c'est le commencement. Même si je sais que je trouverais de quoi m'occuper enfermée à la maison, c'est quand même l'été...

Le soleil à peine levé, c'est aussi le moment parfait pour travailler avec ma jument dans le pré. Pas de mouche, pas de moustique et dehors, la température est merveilleuse.
Je suis rentrée pas mécontente du tout, elle sait me suivre sans me coller et elle commence à céder lorsque je lui demande de reculer. Même si je dois encore aller jusqu'à la troisième phase, c'est un progrès et je l'ai félicité vivement avant de la laisser repartir.
J'avais dans la tête de reprendre les pinceaux mais avant il fallait que je nettoie l'encadrement de la porte qui demande un bon coup de peinture. J'ai croisé les sacs, le lin et la toile que j'avais lavés la veille, entre le pré et la maison. Tout était parfaitement sec, j'ai commencé à les plier, les empiler et je me suis demandée ce que je pourrais faire de tout ça.
J'ai alors laissé mon imagination et mes envies commander le reste de la journée. J'ai réuni à peu près tout ce que j'avais déniché dans le grenier ces jours derniers et quand j'ai vu les sacs marins, j'ai pensé aux marches que j'avais peintes en bleues pour faire de la cage d'escaliers qui mène aux chambres un thème qui me rappelait la mer, les vacances, les coquillages... Des petits morceaux de moi qui circulent dans mes veines. Mes souvenirs de petites filles sont venus réjouir mes idées. Il a souri quand je l'ai appelé pour regarder:
« Ça c'est un truc de fille, je te laisse complètement maîtresse de ce monde»
Il faudra que nous allions chercher une corde en chanvre pour la rampe et en bois, il fabriquera ce que nous avons imaginé tous les deux pour la glisser le long du mur et ensuite il fera appel à sa passion et son don pour les nœuds...

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dimanche, juin 27 2010

Il y a un demain

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Il faut parfois savoir accepter les mauvais courants. Je peux jurer que je me suis épuisée à essayer. Je reste mauvaise à ce jeu là et ils m'emportent encore trop souvent avec eux. Que ce soit moi le détonateur ou ceux, qui juste à côté m'assurent que je ne suis pas responsable de ce ras de marrée, Je me laisse engloutir toute entière par le trouble.

Je me lève avec des idées et puis en route, entre la chambre et le jardin, la cuisine et l'étage, un milliard de choses m'appellent, plus importantes les unes des autres et finalement, le matin s'achève et je n'ai rien fait. L'effet de toutes ces heures brouillons pèsent lourd en fin de journée. Je voudrais pouvoir tout démêler et recommencer avec un bout de fil qui saura suivre la courbe du temps.

Il y a eu la corde de la balançoire transformée en ce qu'il avait décidé lui. Sous ses doigts adroits, j'ai vu toutes les heures de patience défilées et le résultat plutôt brillant.
Il y a eu la porte que j'ai frottée et lavée avant de laisser mon plaisir suivre la trace du rouleau sur toute la longueur de la planche et la satisfaction d'une tâche accomplie.
Il y a eu la mauvaise humeur de mon petit garçon et son manque d'autonomie qui commence à peser très lourd et une bouille à croquer quand il me demande si je suis contente parce qu'il a mangé tout seul.
Il y a eu les confidences de ma petite fille aussi et moi contente de pouvoir enfin comprendre pourquoi tant de larmes dans ses jolis yeux depuis plusieurs semaines. Même si je devine combien elle a dû souffrir dans son mutisme, ses peurs et sa solitude, elle sait que je sais et que ses ailes ont le droit de pousser à la hauteur et au rythme qu'elle choisira et que personne d'autre qu'elle ne pourra changer ça.
Il y a eu cette heure partagée avec lui et les enfants sur la petite route entre le village et la forêt, les pieds posés sur les pédales de nos vélos, à la recherche de fleurs que Rémi voulait cueillir pour le plaisir de m'offrir un beau bouquet.
Il y a eu cette méchante piqûre d'insecte qui a gâché le dimanche de Leia. Il y a mon livre qui m'attend sur ma table de nuit et enfin un demain...

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vendredi, juin 25 2010

Savoureuse journée

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J'ai croisé de drôles de sentiments aujourd'hui et je voudrais emmener se coucher avec moi le souvenir de celui qui a caressé ma fierté. L'impatience s'est installée peu avant midi, juste après que l'incertitude soit passée me chatouiller les idées. Le sourire de Clotilde est venue sonner à la porte et nous avons partagé un café à l'ombre du Saule.
« J'aime vraiment beaucoup votre jardin »

C'est une femme qui sait parfaitement bien diriger ses mots pour toucher tout juste ce qu'il faut et son regard dans celui de Tylwtyh n'a rien laissé échapper d'autre que l'amour qu'elle porte aux chevaux. La main toujours précise, qui cherche sans cesse la justesse du geste et qui me fascine par tant d'assurance.
J'ai appris la  "technique du Siou", j'ai réussi à mettre ma jument "dans le cercle" et elle a accepté pour cette fois en tout cas, à ne pas dépasser ma "zone de sécurité-ma bulle à moi". Elle recule de mieux en mieux mais il faut encore trop se fâcher. Je l'ai regardé découvrir avec Clotilde ce qu'était une bâche en plastique et moi, j'ai joué au "yo-yo" dans le carré fabriqué avec les barres que mon amoureux nous a gentiment apporter dans le pré ...
la finesse des jeux me plaît et apprendre à les maîtriser modère mon instabilité:
« tu as réussi à rester concentrée durant presque trois heures! »

J'ai couché mon petit garçon après avoir promis que très vite nous irions chez son parrain et sa marraine pour leur demander de faire un tour sur leur "grand tracteur". J'ai dormi presque deux heures d'un sommeil de plomb.
Les foins sont enfin coupés et enrubannés, mon rhume va donc se terminer. Ce soir, c'était un merveilleux couché de soleil d'été qui a terminé cette douce journée. Il me tarde demain pour recommencer... Toute seule cette fois.

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jeudi, juin 24 2010

Du sol au plafond

Je suis éreintée, ce soir mon corps est épuisé et ça me rend très heureuse. Depuis quelques jours, je dépoussière, je déplace, je remplace, je décore, je bricole, je lave et je frotte. En bas, en haut et même jusqu'au grenier, dans le jardin aussi. Des trésors j'en ai trouvés, il faudra que je retourne farfouiller encore plusieurs fois sous les toits de la maison et je vais devoir attendre que les idées viennent me guider pour ré-apprivoiser toutes ces vieilles choses dénichées.

Ça y est, ce soir il y a des pièces que je peux faire visiter:
« Viens voir comme c'est tout beau, tout propre et bien rangé! » Le jardin attend une coupe d'été et les tables se languissent d'un bon nettoyage. J'ai des projets plein la tête, des envies en pagaille et tout ça ne me fait même pas peur. Je dirais même que c'est le moteur de toute la force que je trouve... retrouve ? Toute l'énergie pour me remuer, bouger ma vie. Ce soir, les enfants se sont couchés et je suis allée voir Tylwyth avec ma position de leader à ne pas oublier. J'aime le lien que nous tissons toutes les deux. J'ai rêvé, les yeux fermés, contre ma jument. J'ai rêvé que nous partions au galop dans les champs toutes les deux et que nous marchions côté à côté dans les hautes herbes, tranquillement. C'est son souffle chaud qui m'a sortie de mes songes, j'ai cru un instant qu'elle m'avait entendu...

Un vieux presse citron ? Qu'il a trouvé au beau milieu des vieux outils.

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mercredi, juin 23 2010

Quand je vais rejoindre Tylwyth au pré pour travailler

mardi, juin 22 2010

Changer

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La vie se nourrit de contraires. Hier, j'ai senti cette vie là, être au plus profond de moi. J'ai imaginé plusieurs fois que tant pis, je laisserais tomber l'idée de voir mes illusions s'accomplir, que tant pis je céderai la place à une seule vérité: Je ne sais pas me placer comme leader. J'ai passé toute la matinée avec cette certitude qui aime déchirer, piétiner, broyer toute mes ambitions et finalement je n'ai fait qu'avancer.
C'était presque l'heure du goûter lorsque je me suis décidée à me relever pour recommencer, encore et encore s'il le fallait. J'ai juste eu à poser mes yeux dans le pré et regarder la vie qui avançait pour m'accorder le droit aux erreurs sans avoir peur d'échouer et même si je reste "petite" tant que le plaisir habille ma vie, je continuerai.
J'ai pris le matériel et je suis partie dans le pré avec à l'esprit une seule pensée:
«Me placer comme leader est la seule chose dont elle a besoin pour avoir confiance en moi»
Je l'ai laissé venir... J'ai demandé, j'ai pris "les un peu" comme une victoire... Je me suis fâchée, je l'ai vu mâchouiller et s'abandonner à la justesse de ce que je lui demandais.

J'ai regardé mon petit garçon jouer à la poupée avec la plus jeune de mes filles. Parfois c'est le papa mais le plus souvent il est commandé comme le tonton des bébés de Leia. Il écoute les "on disait que", il exécute les ordres avec un immense plaisir et toujours infatigable lorsqu'il joue avec elle. Je crois que ma petite fille a ce petit truc avec les tous petits. J'aime voir sa patience et sa détermination éclairer leurs jeux. Hier soir, tous les deux étaient joyeux de prendre leur goûter dans le jardin et d'apprécier le sucré des premières groseilles.
Ce matin, elle est partie grognon et Rémi s'est réveillé avec une terrible toux et de la fièvre. La vie se nourrit de contraires et je la sens vivre tout autour de moi et je crois que maintenant je suis capable d'en accepter les règles du jeu.

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lundi, juin 21 2010

c'était hier

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Lorsque je me suis réveillée, le soleil venait à peine de se lever. Je suis allée la voir dans le pré. Elle est arrivée au galop. J'étais vraiment très heureuse de constater qu'elle ne boitait absolument plus et qu'elle n'avait pas perdu ses allures de pouliche heureuse. Il me semble bien que dans cinq jours je devrais me faire à l'idée que ce n'est vraiment plus un bébé. D'ailleurs, lorsque je pose mes yeux sur ses courbes, il n'y a aucun doute là dessus, elle a bien une ligne de jeune jument.

Je me suis posée devant mon petit déjeuner et j'ai laissé l'odeur du café me changer les idées. Ce matin, il était question de peinture à la maison, j'étais loin de me douter que j'arrêterais les travaux à même pas la moitié parce que la peau de mon visage réagirait aux petites éclaboussures, il ne le savait pas non plus qu'il devrait prendre le relais. (Bonne fête mon chéri!) Il l'a très bien fait.
Lorsqu'il s'est réveillé, je lui ai parlé d'un vide grenier à quelques villages d'ici en précisant que c'était leur tout premier. Nous n'avons pas mis beaucoup de temps à nous préparer:
« Nous aurions dû partir plus tôt, les brocanteurs sont sûrement déjà passés »
Il faisait un froid... Très froid pour la saison. Pour ceux de la région, si je dis que ce vent qui soufflait c'était la bise, ils comprendront comment "notre dedans" était complètement frigorifié. J'ai mis le bonnet sur la tête de Rémi. Nous avons décidé en rentrant de descendre allumer la chaudière, pour réchauffer un peu la maison.
« demain c'est l'été! »

Je suis vraiment très contente d'avoir enfin trouvé les rideaux, pour la fenêtre de la cuisine. Depuis que je suis ici, je rêvais de panneaux avec de la dentelle tout autour. Ceux qui résonnent avec mes souvenirs d'enfance, les rideaux bonne femme. J'ai donné deux pièces à la dame en la remerciant du "cadeau".
Juste avant de retrouver la voiture il m'a demandé si je ne désirais rien d'autre...Il y avait ce vélo qui me plaisait bien mais que je trouvais un peu cher pour "du vieux". Nous sommes restés le temps de discuter et de s'accorder sur son prix. Une fois l'affaire terminée, j'ai reconnu que j'aurais été très déçue si je ne l'avais pas ramené avec nous. Il était aussi comme celui que je souhaitais depuis tellement de temps. Sur le chemin du retour, j'ai imaginé mes balades avec ma petite fille, peut être aussi des goûter-pique-nique dans l'herbe avec nos bicyclettes couchées juste à coté. Des moments entre filles et puis des sorties avec mon petit garçon aussi. Lui, sur son "vélokike". hier soir, nous sommes sortis tous les quatre pour « essayer » et j'ai proposé des crêpes pour le dîner. Les bisous de bonne nuit distribués alors que le soleil n'était pas tout à fait couché, j'ai posé mon habit de maman et nous sommes partis en amoureux profiter de nos chevaux dans le pré.
« Tu sors Capi ? Alors je t'accompagne avec ton vélo si tu veux bien »

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samedi, juin 19 2010

Les manches relevées

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Tout le matériel est réuni, plus de raison de ne pas commencer les travaux puisque là haut c'est enfin débarrassé, lavé et aspiré. Il y a par contre une très bonne excuse pour me lancer sans hésiter, c'est le sale temps qui persiste et les températures en dessous de 15°, c'est parfait pour ne pas m'entendre me plaindre qu'il fait trop chaud pour travailler.
Demain matin, juste après mon petit déjeuner, j'enfile les vêtements pour me protéger des éclaboussures et je monte avec les pinceaux, le rouleau et la peinture. Il faut que je trouve quelque chose pour mes cheveux aussi car il paraîtrait que je risque fort de me retrouver couverte de taches blanches plus où moins grosses pour ne pas dire d'énormes coulures...

Dans l'entrée ça sent bon le pin et demain ça sentira aussi la peinture fraîche. Mon petit nid douillet commence à prendre ses aises et ça me plaît beaucoup. Il y a tant à faire encore. Cet été je veux vraiment avancer car les deux années où il fallait écouter, regarder et vivre à l'intérieur et à l'extérieur aussi, sans rien toucher ce sont écoulées. Je crois bien savoir ce que je veux maintenant. Oh! Pas encore tout et dans toutes les pièces, il y en a tellement. Je vais encore attendre une année pour la peinture de la chambre de mon petit garçon. J'imagine parfois un vert pétant sur un mur puis la fois d'après un gris souris. Je vais le laisser grandir un peu et peut être qu'il saura me dire lui, ce qu'il veut.

Ce soir, dans le pré, nos deux chevaux se sont retrouvés. Je vais essayer de ne pas penser que peut être demain matin je la verrai à nouveau boiter. Il n'y a pas de raison, le vétérinaire avait parlé de "bénin" et sa convalescence aura été largement à la hauteur de la guérison... je vais me coucher en pensant à elle et tout ce que nous allons pouvoir reprendre toutes les deux, je vais me coucher en pensant qu'il faut me reposer car demain le plafond d'à côté m'attend et que le ciel commence à se dégager.

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vendredi, juin 18 2010

Les nains de mon Jardin

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Je me souviens très bien de cette fantaisie qui me faisait bondir de joie lorsque j'en parlais à ma moitié, alors que nous n'étions pas encore ici. Je les imaginais courir dans mon jardin. Tous petits, avec les oreilles tombantes parce que je les préfère comme ça. Les couleurs m'étaient égales, ce que je voulais, c'était surtout les voir grandir près de moi. J'imaginais ses petites boules de poils bondissants comme des ressorts ou détalant à toute vitesse pour le plus grand plaisir de mes yeux.
J'aime être entourée d'animaux et j'ai souvent crâné en disant:
« Quand j'aurai ma maison, je verrai grandir des chatons et j'aurai deux chiens: un petit dedans et un gros dehors. J'aurai un cheval, un mini poney, une vache et une toute petite chèvre. Des poules aussi et un coq. »
Le lapin n'a pas toujours été un de mes préférés, j'avoue même que je m'en suis beaucoup méfiée. J'ai fini par détester ce mammifère lorsque j'ai dû m'occuper de cette jeune femelle que Justine m'avait confiée lors de son départ en vacances d'été, pendant tout un mois. "Fluffy" aura aussi été celle qui aura su me convaincre de les adorer. Elle a eu des premiers bébés, j'ai appris à les regarder vraiment et pour sa deuxième portée, je m'étais chargée d'une mission très délicate, une priorité absolue: Apprendre à mes petits protégés à nous apprécier sans craindre d'être manipulés. Un jour, une dame m'a demandé de lui choisir un lapereaux dans une portée que Fluffy venait de nous donner, Presque tous étaient blancs aux yeux bleus, ça tombait bien puisque ça faisait partie de ses exigences.Elle le voulait aussi très calme et très câlin et surtout qu'il n'ai pas peur de l'humain. Son métier c'est clown et elle voulait que son assistant lui fasse honneur. J'ai été très fière de nous à chaque fois que j'ouvrais ses gentils mails et puis, il y a eu tous ces enfants repartis avec leur petites boules de poils et les parents un peu plus tard qui m'écrivaient leur joie à eux aussi d'avoir un compagnon si sage et si docile à la maison.
Je voulais réaliser un petit élevage de lapins, les Béliers nains. Je rêvais d'atteindre une perfection dans le standard et le comportement de l'animal au fil des années... Et puis... Une vie de famille toute chamboulée et mon fils est né. Mon attention s'est tournée vers de lui. Il le fallait pour lui et je l'ai préféré comme ça aussi.

Aujourd'hui, je regarde les deux petits lapins qu'il nous reste gambader dans le jardin. Je raffole de leur proximité et je me rends compte que ma passion pour eux est toujours là, latente. Je sens de plus en plus son ardeur réveiller mes pensées et mes envies, ce matin nous avons discuté avec lui de mon désir de voir naître ici ce projet endormi...

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jeudi, juin 17 2010

Un beau matin, une belle journée

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Je n'ai pas pris le temps hier pour écrire mon petit mot du soir. Mes pensées cuvaient encore toute la journée écoulée. Je me suis bien assise devant mon PC pour y laisser mes doigts raconter, Mais j'ai très vite compris que ma peine serait perdue et j'ai accepté volontiers ce besoin de rêvasser loin des mots posés.

Nos invités sont repartis très tôt et toute la maisonnée s'est très vite activée pour m'accompagner sur le chantier lorsque j'ai proposé de les emmener avec moi pour aller voir « en vrai » les animaux et leurs équipiers débarder.
Je n'avais pas vraiment de perception du ressenti de ma moitié lorsqu'il essayait de me raconter ce qu'il avait vu chez François où vécu avec Sirano. Je me suis très vite retrouvée hors jeu lors des descriptions et des explications que François savait commenter avec beaucoup de générosité et de culture. C'est sûr, cinquante ans de métier, ça fait énormément. J'étais trop frustrée de ne pas bien comprendre les codes de ce travail là. Il me fallait observer la pratique, j'avais besoin de concret.

Leia est resté collée au poulain « Trop mignon le petit Alex » et elle m'a demandé de la prendre en photo avec lui pour en faire un poster à accrocher au mur dans sa chambre. Le soir au lit, elle me disait encore combien elle avait aimé être avec lui.
Rémi a partagé un temps à mes côtés «  wouaaa!!! » il répétait cette expression là à chaque fois qu'il voyait un cheval tirer les troncs d'arbres. Il a adoré l'ambiance des bois. Moi aussi. Je crois même que ça prend une très importante place dans les plaisirs de ce travail là.

J'ai vu un étalon trotter pour tirer sa très lourde charge et il me semble bien que j'ai vu aussi un athlète connaître parfaitement son métier. J'ai rencontré l'important de la précision et de la concentration. La beauté d'un duo extraordinaire et j'ai imaginé le plaisir certain que je pourrai trouver en partageant avec Tylwyth et bien entendu; à la hauteur de notre force à toutes les deux, la vie dans les bois avec ma moitié et son trait Comtois.
Nous sommes rentrés tous les quatre avec les souvenirs que chacun peut se raconter sans craindre d'ennuyer son voisin Nous avons déjeuner dans un fast food que nous avons croisé en chemin: « Wouèèè!!! Momi veut des kikes et du coca et aller au togogan-tunel »

Notre matinée inhabituelle terminée, nous avons rejoint celle du quotidien. Un mercredi: piano/poney/courses/bain/diner/dodo. Coupé en plein milieu du cours dans le manège:
« Tu ne m'as pas vu tomber maman ? »
« Non, ça devait être juste au moment où j'étais au téléphone »

La voix enchantée de ma fille aînée est venue arrêter le fil du temps. En tous les cas le mien. Le ton du « maman ? » annonçait toute la joie de ce qu'elle avait à me raconter.
« Maman je suis sous admissible et Simon est admissible »
« Maman, tu te rends compte, ça veut dire que je suis dans les 500 premiers sur toute la France!!! »

Après avoir vérifié ce que « sous admissible » voulait réellement dire, j'ai n'ai pas pu me retenir de lui proposer une nouvelle fois de « cuber » même si je sais ce qu'elle en pense puisque nous avons discuté, longuement et très clairement à ce propos, bien avant aujourd'hui.
Une récompense qui lui permettra de choisir et d'être acceptée dans n'importe quelle faculté de langues étrangères, c'est déjà très glorieux. Alors je l'ai félicité. Sa moitié aussi:
« Tu te rends compte maman, Simon est le seul du lycée à être admis!!! »

Dans la soirée, sur MSN je lui ai demandé de me téléphoner pour savourer ses mots à l'autre bout du fil, j'ai essayé d'être au plus près d'elle et j'ai laissé mon coeur se remplir d'elle au son de sa voix. C'est parfois très frustrant d'être « la maman du dimanche »...
Je suis partie me coucher avec le sourire, j'ai retrouvé mon livre de chevet et je me suis endormie.

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mardi, juin 15 2010

Des Ardenais dans le pré

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Elle aurait pu me dire la même chose qu'hier matin, je lui aurais répondu qu'elle avait raison cette fois ci, nous avons bien des invités ce soir à la maison. Une très jolie famille venue passer la nuit dans le pré de chez nous.
« ça s'appelle un poulain le bébé du cheval et la maman cheval c'est la jument »
Nous avons aussi le papa « ça s'appelle un étalon »

Rémi est très impressionné de voir des chevaux dans un camion. Les trois bien "rangés" et sages. « chevaux = plusieurs cheval mon loulou... Tu suis ? »
Moi, c'est l'étalon qui m'a impressionné. Un trait Ardenais, je n'en avais jamais vu en vrai, alors en plus un entier et qui travaille au débardage, une bête dans toute sa puissance, c'est sûr que ça en impose. C'est la première fois aussi que je m'approche d'aussi près d'un étalon. J'ai croisé son regard, il était étonnement doux et j'ai pu le caresser, juste un peu parce que quand même! C'est très très intimidant. Le poulain est un adorable bébé aux crins tout frisés. Je l'ai caressé lui aussi et il a raffolé des gratouilles que je lui ai tendrement proposées sur le dos et les épaules. Son regard à lui était ailleurs, partout autour de moi avec une attention particulière pour sa maman mais qu'importe, j'ai pris cet instant comme cadeau offert par la fibre de leurs vies à eux que j'ai longtemps observées et qui m'ont rappelé celle que je suis...

Je crois que c'est ça qui tourne encore et encore dans tout mon moi et qui essaie de se libérer depuis tellement d'années. Pour des raisons qui m'échappent, l'essence de toute ma vie, je l'ai bâillonnée, ficelée, enfermée, négligée. J'en ai libéré cinq merveilleux enfants mais tout le reste, le bouquet final, l'accomplissement, je l'ai totalement occultée.
Je crois que je suis née pour aimer regarder la vie s'accomplir, la photographier avec l'appareil et mes yeux. L'apprivoiser avec les battements de mon cœur et avec toute mon attention. Finalement, petite fille je savais très bien écouter ce qui était le meilleur pour moi. Dans le jeu, s'était toujours avec des personnages et des animaux que je me savais à ma place. C'était toujours inventé pour naître et regarder grandir, observer des heures et des heures sans rien dire. Je me reconnaissais parfaitement en sage femme, puéricultrice ou infirmière et même psychologue aussi. En devenant adulte, j'ai laissé toute mon enfance derrière moi, je crois que j'en ai gardé que l'insouciance mais leurs souvenirs les plus lointains restent emprunts de ces instants là.

Je ne sais pas encore ce que je vais faire de cette liberté que m'a offert le monsieur assis dans le fauteuil en cuir noir, lors de ses deux derniers RDV . Dans ma vie amoureuse, j'en apprécie beaucoup de ses bienfaits mais il y a aussi des idées toutes neuves qui arrivent. Des desseins construits avec le regarde d'aujourd'hui et avec tout ce que la vie m'a montré. J'en discute un peu, doucement, timidement parce qu'il ne sait pas ce que je veux vraiment et je crois que moi non plus. Ça bouscule et je ne veux pas ébranler l'équilibre que nous avons bâti. Alors, je vais faire ce que j'ai appris à faire et qui sera le mieux à faire:
Attendre encore un peu... Le temps qu'il faudra et je saurai entendre.

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lundi, juin 14 2010

Tout chambouler

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Ce matin, j'avais dans l'idée de dorloter mon "château" et de lui faire un brin de toilette. J'ai mis les chaises sur la table. Le petit déjeuner de ma collégienne n'était pas encore tout à fait terminé .
« Et bah maman, qui vient à la maison aujourd'hui ? » Sympa ma fille... Sympa...

Il a emmené Rémi à l'école et j'étais seule. J'ai appuyé sur le bouton marche de la machine à laver qui était prête depuis la vieille au soir et avant de relever mes manches pour un bon décrassage des sols, j'ai pensé qu'il serait bon d'aller m'occuper de ma jument avant...Ce qui est fait ne sera plus à faire...

C'est juste après être sortie de l'écurie que ça m'a pris. Dehors, il faisait le temps idéal pour désherber le petit coin que la vieille 4L cachait depuis deux ans C'est ce que j'ai fait... Et puis par ci aussi et puis par là vite fait... J'ai entendu sonner les cloches de l'église et j'ai compté onze coups. Il était temps de rentrer préparer le repas.

Aujourd'hui, je n'ai pas nettoyer les sols de la cuisine mais je suis très heureuse d'avoir un devant de maison tout propre. Il reste encore beaucoup, beaucoup de travail mais chut! Je ne regarde que la beauté du déjà fait. J'ai très envie de planter des fleurs aussi. Je me laisse un peu de temps pour réfléchir mais les rosiers me tentent énormément et je raffole des succulents. Le plafond de la "pièce-projet-en-cours" est totalement poncée!

dimanche, juin 13 2010

Tranquillement avec les manches retournées

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J'ai imaginé que cette journée serait tranquille parce que je me suis réveillée un peu tard, les enfants semblaient contents du petit déjeuner que je leur ai proposé et la vie me paraissait légère. Le ciel m'a laissé supposer que je n'avais pas intérêt à m'organiser une dimanche dehors. Je tenais malgré tout à aller au vide grenier à quelques villages à côté. Alors j'ai un peu bousculer ceux qui voulaient m'accompagner pour être certaine de ne pas devoir annuler cette sortie à cause de la pluie qui menaçait.
« Je donne à boire à Tylwyth et après je pars! »
J'ai ramené un petit jeu d'assemblage pour Rémi que j'ai trouvé juste après avoir dit à Leia:
« Nous allons rentrer sans rien avoir trouvé cette fois »

Dans la voiture, j'ai beaucoup pensé aux poneys que nous avons vus dans la rue. Leurs petites tailles m'amusent tellement et je trouve leurs pieds vraiment très petits, adorables. J'ai toujours adoré les Shetland et personne n'a encore réussi à me persuader qu'ils étaient si peu sympathiques. Moi, je les trouve terriblement attachants. J'ai détesté ce petit garçon qui secouait très fort les rênes pour que sa toute petite monture avance. Je ne voyais que le mord dans la bouche du poney et ses yeux qui m'ont fait énormément de peine. Il avançait sans âme, comme un robot, obéissant aux ordres, avec sur son dos une selle mal ajustée.
Je crois qu'il me plairait beaucoup d'expliquer à tous ces enfants que je croise dans ce monde d'animaux que le poney est très robuste, intelligent mais avant tout qu'il est très sensible et d'une infinie patience.

J'ai préparé le repas du midi que nous avons terminé de manger après 14h. J'ai couché Rémi pour la sieste en lui rappelant qu'il ne devait pas sortir de sa chambre sans avoir dormi aujourd'hui et je me suis assoupie sur le canapé.
Lorsque Leia est rentrée à la maison pour prévenir que les lapins s'étaient sauvés sur la route, je me suis réveillée avec l'envie furieuse d'en terminer avec le « débarrassage/décrassage » de la pièce en haut et qu'il me tarde de voir enfin peinte et meublée comme je la veux.
Je crois que ce soir, si j'avais à noter une chose dont je peux être fière aujourd'hui, j'écrirais ça:

« La pièce est entièrement vide et aspirée »

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samedi, juin 12 2010

Quelques idées

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Parfois, il y a des idées de regret qui me traversent l'esprit...
J'imagine une vie sans ce petit garçon qui me tyrannise les jours ou le diable a décidé de s'emparer de lui.

Ce soir, je lui ai demandé de prendre le relais parce que j'ai senti le vent tourner. Mon corps est épuisé, je sens des douleurs un peu partout sans vraiment savoir où.
En fin d'après midi, nous sommes sortis acheter un DVD pour le regarder quand Rémi sera couché.

Ce soir, le soleil s'est couché et j'ai senti la fraîcheur m'inviter dans le jardin. Je suis allée m'asseoir à côté de mes petits lapins qui avaient l'air de savourer eux aussi la bonté de cette soirée. Le calme aussi. Que c'est bon un petit diablotin couché. Que c'est doux d'entendre les grillons et les oiseaux chanter une dernière fois dans la journée et encore plus sans un petit chenapan à ses côtés.

Parfois, il y a des idées de regret qui me traversent l'esprit...
Depuis quelques jours, tourne en boucle dans mon existence, un petit truc que je n'arrive pas vraiment à reconnaître. Je ne sais pas encore ce qu'il veut me dire mais je le sens me tourner autour, me taquiner et chavirer tout mon moi intérieur. Depuis que dans le bureau du monsieur au fauteuil noir, j'ai trouvé la clef de ma liberté, mon corps tout entier semble vouloir se libérer. Je ne sais pas encore quoi faire de cette liberté qui pour le moment, je dois l'avouer, me donne comme un vertige. Une grande porte s'ouvre sans savoir quel chemin je dois emprunter. Il y en a tellement... Lequel dois je prendre ? Je n'ai peut être plus le temps ? Mais je ne veux pas mourir sans l'avoir accompli pleinement... Un vertige qui m'étourdit, j'ai devant les yeux mille façons de mourir.

Parfois, il y a des idées de regret qui me traversent l'esprit...
J'ai pu profiter un tout petit bout de mes deux filles venues me rejoindre dans le jardin, une glace à la main. J'aurais aimé dire à la plus grande que je la trouve de plus en plus jolie et que j'adore sa joie de vivre et pour ma petite fille, j'avais une place à lui offrir sur mes genoux pour un câlin, juste nous deux. Je n'ai rien dit. J'ai caressé mes deux lapins en pensant seulement aux paroles et aux gestes. Je crois que le plaisir de retrouver un peu de mon nombril a totalement accaparé la maman que je suis.

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vendredi, juin 11 2010

Sans nom

J'ai caressé la pierre de ma maison et je l'ai remerciée pour son authenticité dans sa servitude. Il a fait très lourd hier, toute la journée le ciel a pesé sur nos têtes, toute la journée j'ai aimé cette sensation étrange qui venait m'envelopper entre le dedans et le dehors à chaque fois que je franchissais le seuil de la porte.

Je me demande quel est le nom de cette fleur qui revient chaque année nous offrir toute sa grâce et colorer le par terre, juste à coté du tas de fumier.
Hier soir, je suis partie accompagnée de Vivaldi sur mes oreilles. Partie dans le pré de nos chevaux , j'ai entendu gronder au loin la perturbation et dans le ciel, les Cumulonimbus se rassemblaient, de plus en plus épais, ils allaient bientôt nous offrir leur concert.
Une légère pluie est venue refroidir un peu ma peau encore brûlante par l'effort que je venais de faire entre le box de ma pouliche et le tas de fumier.

J'ai appuyé sur lecture, le contact avec le dehors a disparu et alors, Vivaldi s'est fondu dans le décor. Il me semble être un peu perdue depuis quelques jours entre mon dedans et mon dehors. Un quelque chose sans nom, une sorte d'amnésie. Je me laisse flotter entre rêve et réalité. J'aime ma maison et tout ce qui l'entoure. Je suis bien ici, la pluie peut venir...

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jeudi, juin 10 2010

Une 4 chevaux

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J'aurai pu avoir le cœur tout retourné en la voyant s'en aller, mais je crois que la joie de ne plus voir cette vieille chose devant ma maison a remporté contre les souvenirs plein de douceur, les énormes bouleversements et les grands chamboulements qu'elle habite. Des vies, un nouveau départ et puis, je dois avouer aussi qu'il est facile de ne pas me laisser déborder par mes sentiments car je sais qu'elle reviendra pour une autre existence. Une vie de services et de toute beauté, enfin pour lui. Pour moi... Je ne manquerai sans doute pas de venir ici le raconter, ce jour où elle reviendra toute transformée... Mais chuuut!!! Pour le moment c'est juste entre eux et nous.

Je pouvais enfin mettre un visage sur ce François. Il m'a tellement parlé de lui et j'étais vraiment très curieuse de connaître cet homme capable de refléter tant d'admiration dans les yeux de ma moitié.

Le café servi, François nous a raconté sa passion et sa façon de débarder avec ses chevaux de traits. J'étais émerveillée par tant de savoir et même si je n'arrive pas à comprendre la technique, il a animé ma curiosité et j'ai très envie d'aller sur un chantier pour apprécier le travail dans toute sa perfection. J'ai été très surprise de voir que son coéquipier était une femme.

Nous sommes forcément sortis leur présenter nos chevaux. Tous les deux très fiers, nous vantions les qualités et la beauté de son trait Comtois et de ma pouliche Irish Cob. Très vite, nous nous sommes retrouvées entre filles à "gagater" elle, de sa "nénette" et moi, de ma "louloute". J'avais en fasse de moi une personne à qui je pouvais parler de communication, d'échange et de liberté. Elle entendait parfaitement bien les mots que je lui confiais, ils résonnaient juste lorsque je disais que Tylwyth m'avait aidée à surmonter certaines difficultés dans ma vie d'adulte. J'ai laissé sortir aussi ceux qui disent combien je me sens parfois frustrée de ne pas pouvoir échanger entre filles sur le sujet et que sa visite d'aujourd'hui me remplissait de joie.
Les garçons sont partis parler de chariots et de matériel agricole. De sifflet fabriqués en saule aussi. Nous avons passés tous les quatre, je crois, un agréable moment.

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mercredi, juin 9 2010

Chère amie

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Je t'ai choisie pour refaire le monde, nos vies et celles des autres aussi. Imaginer ce que nous serions si cela avait été comme ci ou bien comme ça. Critiquer quelques personnes et particulièrement celles que nous aimons le plus. Laisser le précieux devenir inutile le temps de le dire et puis balayer toutes ces petites paroles inutiles. C'est une des saveurs entre nous que j'aime le plus retrouver.
S'en aller en se souhaitant une bonne soirée sans se remercier mais s'accorder le sourire et le regard d'une complice. Un air amusé terminera ce délicieux moment passés entre amies, celui qui dit en silence que c'était génial, qu'on va se manquer quand même et qu'on attendra joyeusement de recommencer.
Sans toi, je penserai à tout ce qui se dira la prochaine fois, pas de point final sur la dernière page parce qu'on reprendra le cour de la discussion sans rien en avoir perdu. Savoir que l'essentiel surtout, c'est l'oreille que l'on tend à l'autre. Une écoute sans faille, sans négatif et sans accusation. Une oreille qui entend le bruit du dedans sans écouter le son parfois cinglant des mots maladroitement posés. Ceux qui naissent juste pour s'accorder à la mesure de la mélancolie ou d'une joyeuse symphonie.

S'inventer une vie entièrement faite de si et puis s'autoriser à en rire ensuite. Parfois ne rien dire aussi. Etre juste à côté, partager la vie dans toute sa simplicité. S'offrir nos joies et savourer le régal du passionné. Apprendre dans les gestes de celle qui précise la beauté de ce qu'elle sait rendre beau, tout ce que soit même n'avait jamais penser à réaliser ou même croiser. Deviner l'orage qui arrive sans avoir peur du bruit. Laisser l'éclair piquer sa colère parce qu'il ne pourra jamais déchirer le ciel tout entier.

J'adore voir grandir tes autres vies à toi et aussi aux êtres qui t'entoure. Apprécier les louanges qu'on s'entend dire sans en rougir parce que justement! A toi on peut tout dire...
Me rassurer souvent, c'était sans doute la peur de ne plus me sentir aimer. Aujourd'hui, je sais que même loin de tout, je peux te retrouver sans avoir perdu l'éclat de notre proximité.

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mardi, juin 8 2010

Un éclair

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Moi hier, j'étais formidablement heureuse dans les pré avec ma moitié. Moi debout derrière lui sur le Marathon, j'étais rayonnante.
Ce matin, il m'a invité pour une nouvelle balade. Musique-sur-les-oreilles-appareil-photos-très-mauvais-sens-de-l'équilibre-et-de-l'orientation, j'avais tout de réuni pour être un mauvais coéquipier et je l'ai été.

Ça faisait vraiment très longtemps que je n'avais pas ressenti dans mon ventre tant d'agressivité contre moi. Je me souviens encore parfaitement des douloureuses pensées qui ont presque réussi à me ramener chez moi, à pieds. J'ai senti toute mon énergie se fixer sur le terrible malheur qui venait de m'assaillir: Je suis vraiment trop nulle. A ce moment précis où je veux tout jeter, écraser et disparaître et puis...Dans ses yeux j'ai retrouvé l'incompréhension qui le secoue à chaque fois que je suis comme ça. Je me suis détestée et j'ai entendu son regard me dire qu'il fallait écouter et essayer.

Ma tendre moitié a gagné. Je suis rentrée vraiment très heureuse d'avoir combattu la nullité et défié la facilité. Derrière le Marathon je crois que je saurais ne plus me tromper maintenant. L'attelage et ses challenges me transportent à chaque fois loin des frontières de mon univers et j'adore rentrer de mes voyages avec le sourire de ses souvenirs.

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