Ce qui me lasse le plus vite en congés, ce sont toutes ces heures trop libérées que je nomme volontiers "de n'importe quoi" et qui s'étirent jusqu'à plus de minuit. Je me retrouve alors souvent avec un évier rempli ou une table pas débarrassée à l'heure ou le marchand de sable vient déposer ses grains de sommeil et je fini alors par céder à son appel. Je me couche toujours avec ce sentiment de n'avoir passé aucune soirée "de grand", entre adultes, juste avec l'amoureux ou juste avec rien que moi, c'est bien aussi. Le désordre s'accumule sur un réveil matin ou il faut tout laver avant de petit déjeuner. Je boucle mes journées comme je les commence: sous un air de frustration accompagné d'un sentiment de saleté intérieure...et... Ce que j'aime le moins lorsque les vacances se terminent, c'est le rythme qu'il faut reprendre, le tic et le tac de l'horloge qu'il faut surveiller.
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Je me souviens lorsque j'étais petite et même encore plus grande que ça, les heures ça ne comptaient pas pour du beurre et je crois que finalement, c'était bien comme ça...
Je me suis toujours demandée pourquoi il fallait s'ennuyer à devoir faire son lit chaque matin et tout particulièrement lorsque j'avais école, puisque de toute façon, je ne revoyais ma chambre et mon lit qu'au moment de me coucher. Il fallait tout re-défaire pour tout recommencer le lendemain matin et pour une chambre vide toute une journée. Quand je protestais maman me répondais:
« comme on fait son lit ma fille, on se couche... »
Cette phrase là, je ne l'ai pas aimée. Je savais parfaitement bien dormir aussi dans un lit mal fait, maman ce trompait quand j'entendais au fond:
« Si tu fais mal ton lit, tu dormiras mal »
Elle est très souvent revenue dans mes souvenirs de jeune demoiselle aux ailes déployées. Toujours avec le même écho, il me disait que je dormais vraiment super bien dans des draps bien aérés, bien bordés avec sa couverture bien tirée... Je l'ai fait pendant des années.
Et puis, j'ai eu des enfants et à mon tour, j'ai commencé à rouspéter parce que je voulais que chaque matin, leur lit soit fait. Un jour, une de mes filles a protesté avec les mêmes arguments que moi petite et mot pour mot j'ai dit:
« comme on fait son lit ma fille, on se couche... »
Je me souviens à quel point cette phrase, à peine sortie de ma bouche, j'aurais voulu la ravaler, la faire disparaître. Finalement, je n'étais toujours pas convaincu qu'on dorme si bien dans un lit bien fait et je venais surtout de comprendre mon erreur d'interprétation. Cette phrase là, elle ne voulait pas qu'on l'écoute fredonner de simples mots, il fallait entendre le ton et c'est la vie de ces dernières années qui m'en a donné son véritable sens. La note que j'ai finalement mise à sa valeur, je veux l'entendre comme seulement mienne et dans mes humeurs aussi. Je la veux mon amie pour que dans mes bavardages, je lui dise pourquoi je veux rester, pour toujours avec elle. Une valeur que je veux bien m'accorder, pour essayer encore. Bercée par les saisons qui ne font pas toujours bien leur lit et qui finissent par des sécheresses et des inondations je veux bien essayer et oui, encore une toute dernière fois. Je suis ici, témoin de ce que j'ai semé, éparpillé, gaspillé, adoré et essayé. Fragile petite chose, j'entends une horloge qui me tic à me forcer et me tac à profiter ...




