Ma Vie De Château...

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lundi, septembre 6 2010

tic-tac

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Ce qui me lasse le plus vite en congés, ce sont toutes ces heures trop libérées que je nomme volontiers "de n'importe quoi" et qui s'étirent jusqu'à plus de minuit. Je me retrouve alors souvent avec un évier rempli ou une table pas débarrassée à l'heure ou le marchand de sable vient déposer ses grains de sommeil et je fini alors par céder à son appel. Je me couche toujours avec ce sentiment de n'avoir passé aucune soirée "de grand", entre adultes, juste avec l'amoureux ou juste avec rien que moi, c'est bien aussi. Le désordre s'accumule sur un réveil matin ou il faut tout laver avant de petit déjeuner. Je boucle mes journées comme je les commence: sous un air de frustration accompagné d'un sentiment de saleté intérieure...et... Ce que j'aime le moins lorsque les vacances se terminent, c'est le rythme qu'il faut reprendre, le tic et le tac de l'horloge qu'il faut surveiller. . Je me souviens lorsque j'étais petite et même encore plus grande que ça, les heures ça ne comptaient pas pour du beurre et je crois que finalement, c'était bien comme ça...
Je me suis toujours demandée pourquoi il fallait s'ennuyer à devoir faire son lit chaque matin et tout particulièrement lorsque j'avais école, puisque de toute façon, je ne revoyais ma chambre et mon lit qu'au moment de me coucher. Il fallait tout re-défaire pour tout recommencer le lendemain matin et pour une chambre vide toute une journée. Quand je protestais maman me répondais: « comme on fait son lit ma fille, on se couche... »

Cette phrase là, je ne l'ai pas aimée. Je savais parfaitement bien dormir aussi dans un lit mal fait, maman ce trompait quand j'entendais au fond:
« Si tu fais mal ton lit, tu dormiras mal »
Elle est très souvent revenue dans mes souvenirs de jeune demoiselle aux ailes déployées. Toujours avec le même écho, il me disait que je dormais vraiment super bien dans des draps bien aérés, bien bordés avec sa couverture bien tirée... Je l'ai fait pendant des années.
Et puis, j'ai eu des enfants et à mon tour, j'ai commencé à rouspéter parce que je voulais que chaque matin, leur lit soit fait. Un jour, une de mes filles a protesté avec les mêmes arguments que moi petite et mot pour mot j'ai dit:
« comme on fait son lit ma fille, on se couche... »

Je me souviens à quel point cette phrase, à peine sortie de ma bouche, j'aurais voulu la ravaler, la faire disparaître. Finalement, je n'étais toujours pas convaincu qu'on dorme si bien dans un lit bien fait et je venais surtout de comprendre mon erreur d'interprétation. Cette phrase là, elle ne voulait pas qu'on l'écoute fredonner de simples mots, il fallait entendre le ton et c'est la vie de ces dernières années qui m'en a donné son véritable sens. La note que j'ai finalement mise à sa valeur, je veux l'entendre comme seulement mienne et dans mes humeurs aussi. Je la veux mon amie pour que dans mes bavardages, je lui dise pourquoi je veux rester, pour toujours avec elle. Une valeur que je veux bien m'accorder, pour essayer encore. Bercée par les saisons qui ne font pas toujours bien leur lit et qui finissent par des sécheresses et des inondations je veux bien essayer et oui, encore une toute dernière fois. Je suis ici, témoin de ce que j'ai semé, éparpillé, gaspillé, adoré et essayé. Fragile petite chose, j'entends une horloge qui me tic à me forcer et me tac à profiter ...

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jeudi, septembre 2 2010

Une case à cocher

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Dehors, il fait presque nuit. Les enfants sont couchés et les bisous, un peu spéciaux ce soir, ont été donnés. Demain Leia retrouve sa vie de collégienne et Rémi sa nouvelle maîtresse qu'il a vu ce soir à la sortie de l'école. Elle est très gentille et son sourire m'a affirmé que mon petit garçon passera sans aucun doute, encore une chouette année.

Demain, lorsque je franchirai la porte d'entrée sans lui, je sais déjà que le vide qui viendra me prendre juste là, me parlera aussi de liberté. Cette année, je n'ai pas envie de culpabiliser parce que je fais partie des mamans heureuses d'avoir déposé un dernier baiser sur la joue de son petit garçon en pensant: « A moi la liberté!. » Cette liberté, un peu étourdissante au début, je veux la dévorer, la croquer à pleines dents. Je sens déjà que ses trois heures accordées vont me sembler très courtes aussi, qu'il me faudra plusieurs matinées pour être rassasiée et j'ai déjà fixé mes priorités.

Ce matin, avec beaucoup d'émotions dans la gorge, je lui ai confié mon envie d'aller droit au but, je lui ai parlé des chevaux et je lui ai dit que je pensais réellement pouvoir enfin me trouver et peut être même « m'accomplir »aussi. Je déteste ce que j'ai fabriqué de ma vie et je n'aime pas encore ce que le miroir me reflète aujourd'hui. Je voudrais malgré tout essayer encore, une dernière fois, vivre toute entière. Je ne sais pas encore comment je vais m'y prendre, mais la mèche a été allumée le jour des feux d'artifices de cet été. J'ai tourné le dos aux sucrés et aux excès parce que je devais commencer par rendre à mon corps sa légèreté et en lui donnant ce qu'il me suppliait tant, j'ai trouvé une énergie nouvelle, les ailes de ma jeunesse, ses envies et sa nostalgie aussi.

Il faudra du temps encore pour y voir clair et beaucoup de temps aussi parce que les gros efforts à fournir me démoralisent encore trop souvent mais je sens cette petite flamme venir me chauffer tout l'intérieur, le dedans de mon moi . Peut être que je suis prête, ou presque...

J'ai deviné ou il fallait aller et dès demain, je vais essayer de marcher là ou le vent m'a poussée. Demain, c'est le jour de la rentrée pour les deux derniers de la fratrie et demain j'ai bien envie de déposer sur le calendrier ce petit grain de sable pour marquer, peut être le début d'une nouvelle année, un peu plus grande moi aussi.

mardi, août 24 2010

Mal au dos

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Je me souviens de la douleur qui m'avait attrapée le troisième jour de grand remue-ménage dans le jardin. Je m'occupais du soupirail et je n'avais pas voulu entendre ce que mon dos me disait. Je voulais absolument terminer cette lourde tâche "faire beau" cet endroit là et je trouvais décidément très bon ce goût pour l'effort.
Une sorte de frénésie est venue se loger dans mes artères depuis que les premiers kilos envolés ce sont affichés sur la balance. Mes mouvement et la totalité de mon corps semblaient retrouver l'énergie oubliée.
Je suis partie en vacances en pensant à la piscine que j'allais trouver là-bas et qui guérirait tous les maux et les courbatures de mes journées physiques. Je me suis mise à préférer les bains à la douche parce que mon corps se vidait de toutes les douleurs dedans, j'en ressortais toujours en paix.

J'ai très vite pensé que ces brûlures, cette douleur diffuse en haut du dos provenait d'une mauvaise tenue et d'un certain manque de muscles. Alors j'ai fait attention, très souvent je me concentrais sur mon dos et je me suis mise à courir et compter le nombre d'abo réalisés dans la journée et à compter le nombre d'heures qui me séparaient du dernier anti douleurs aussi...

La piscine a été mon ennemi, plus je nageais, plus je souffrais. J'ai alors arrêté et j'ai hissé le drapeau blanc, j'ai rendu les armes, je me suis accordée du repos. Il me disait souvent d'aller voir le médecin qui saurait me dire pourquoi et surtout me soulager. J'ai attendu je ne sais quoi et hier matin, j'y suis allée parce que la douleur m'avait réveillée plusieurs fois dans la nuit.

« Vous aviez trois vertèbres de déplacées madame...et vous avez une grosse contractures musculaire »

Assise devant son bureau, je lui ai parlé du régime que j'avais commencé le 14 juillet précisément, des nombreux kilos déjà perdus et je lui ai demandé si le lien que je lui ai attribué pouvait exister.

« Avec ces régimes là, il y a toujours une fonte des muscles plus ou moins importante, c'est très fréquent. Il va falloir muscler tout ça.»

Je crois que je suis sortie soulagée et heureuse parce qu'il venait de me féliciter aussi pour cette bataille commencée. Nous avons beaucoup discuté. Il a condamné la façon de manger des gens d'ici, il a applaudi celle du sud et nous avons beaucoup critiqué ce que nous rencontrions dans les rayons des supermarchés. Chez lui aussi il mange comme nous ici maintenant: « Ce sont des habitudes alimentaires que nous gardons depuis des années »

Je suis rentrée un peu bousculée parce que je crois que j'ai réalisé aussi combien, j'avais mal mené celui que j'habite depuis ma nouvelle vie. Je me suis reposée et j'ai nettoyé, vidé, rangé toute une pièce qui attendait depuis trop longtemps son tour. Je me suis reposée et je suis partie avec ma jument dans le pré pendant une heure... Elle m'a chuchoté qu'il faudrait vraiment que je me pardonne et que je me libère de ce sac qui m'emprisonnes. Elle m'a aidée encore à regarder du bon côté et je l'ai caressé. Longtemps.
Je me suis allongée encore enivrée par son odeur et la tête renversée par ce que j'ai trouvé dans le miroir de son regard. j'ai cédé aux maux qui brûlaient le haut de mon dos. Je lui ai demandé de s'occuper du bain de Rémi et j'ai laissé de côté toutes mes pensées.

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jeudi, août 19 2010

Paresse

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Je me le dis depuis quelques jours, à chaque fois que je passe le long couloir d'en bas ou dans la cuisine. Ce matin, ce n'était pas en passant par là mais au saut du lit. Je n'aime pas ce sentiment qui vient toujours me souffler un vent de culpabilité.
Ma maison est sale, poussiéreuse, mal rangée et je n'arrive pas à passer en mode grand ménage de l'intérieur. Mes pensées sont en effervescences, mes idées et mes envies semblent plutôt ce trouver au dehors en ce moment.

"Fais déjà ça au lieu de vouloir... Pourquoi faire ? Ça sert à rien... Ça ne rapporte rien... Tu n'iras pas au bout.... Tu as toujours des idées bizarres... Je n'en vois pas l'intérêt.... Si c'est comme la dernière fois... Tu as déjà fort à faire avec ... Tu n'y arriveras pas"....
La liste est grande et elle ne devrait pas m'affecter. Pourtant je me retrouve trop souvent prisonnière par la peur de décevoir et d'échouer. Résolue à la facilité et à l'abandon de ce qui devrait me porter , je marche nonchalante sur ce chemin là.
Je tourne le dos à mes désirs et je fini par détester celui qui s'accomplit devant moi, je deviens finalement comme tous les piégés de cette erreur là. La frustration vient habiller mes gestes et mes paroles deviennent piquantes. Les reproches tombent et je me retrouve enfermée dans ce cercle très vicieux d'insatisfaction et de crasseux dans le dedans et ma maison en devient son témoin.

Le plus difficile est de réussir à franchir le premier pas Je crois que je manque d'organisation et de constance aussi. J'ai envie de listes de choses à faire, je voudrais courir acheter un agenda au rayon des élèves parce que je me souviens encore combien toutes ses affaires neuves sentaient bon l'espoir et les bonnes résolutions.
L'automne de mes 42 années hors apesanteur pointe le bout de son nez et j'ai des envies de jeunes gens qui commencent dans la vie. Souvent, la cloche sonne qu'il est peut être trop tard mais je refuse d'obéir à son appel.

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mercredi, juillet 14 2010

Une idée fixe

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J'étais sous la douche, je me souviens encore exactement de l'air avec lequel je lui ai posé la question. Je ne voulais surtout pas l'agacer ou titiller chez lui ce côté là parce que vraiment, c'était juste une idée, comme ça, juste "pour voir", juste pour savoir.

Je garde en mémoire son sourire un peu bête et le son de sa voix. Je me rappelle que très vite, j'ai changé de sujet, un peu clown, j'ai eu vite fait de désengager le sujet que je sentais devenir lourd. L'idée première, c'était l'envie de savoir si je pouvais encore choisir. C'est très important de me savoir en accord avec moi, sans vivre avec l'obligé. C'est pour cette unique raison que je ne veux pas d'intervention irrévocable sur le sujet. J'aime me garder un petit côté "et si" C'est sans doute le bout de moi qui ne veut pas grandir et qui adore m'emmener avec lui dans ses rêves, ses folies parfois et ses fantaisies.

Ce matin, en sortant mon petit chien, cette idée est revenue caresser mon esprit. Je n'ai pas compris pourquoi et même encore maintenant en tapant chacune des lettres sur le clavier, je ne comprends pas que ce désir puisse faire chavirer tout mon moi intérieur. Je me sens des ailes pousser et puis très vite viens interférer la raison... D'ailleurs, si elle connaissait le fond de mes pensées, elle me dirait que ce n'est qu'une folie et même totalement irresponsable. Elles pointerait le doigt sur ceux que nous avons déjà et dirait qu'il y en a assez, que nous n'avons certainement plus l'âge non plus. Elle m'ordonnerait sur le champs d'ouvrir grand les yeux sur mon fils chéri et ses difficultés et de faire attention parce qu'il y a pire aussi. Elle me rappellerait qu'il a encore beaucoup besoin de moi. Elle me racontera aussi combien je suis heureuse et comblée, que ma vie devient tranquille et que je jubile tellement quand j'ai des moments, où je n'ai que la charge de mon moi à suivre. La victoire est à ma portée.

J'aime rester à côté de lui et regarder nos enfants grandir. Pour une de mes filles, le temps de s'envoler est même arrivé. Ses toutes nouvelles ailes déplient les miennes.

Je ne fais pas partie des mamans qui se demandent comment occuper son temps sans aucun enfant, sans eux, je ne ressens pas de vide. Je me réjouis à l'avance en les imaginant dans leur tout nouveau nid et je m'amuse à me sentir l'invitée chez eux. Un jour, je serais seule avec lui, un jour, je serai grand mère aussi. L'un m'enchante et l'autre me fait rire.

Mon tout premier bébé va fêter ses 19 ans dans quelques jours et le mois prochain elle s'en va, main dans la main avec l'amoureux, dans une bien plus grand ville que celle où elle vie aujourd'hui. Des études encore, sûrement glorieuses, un début de vie très autonome. Je suis fière.

Je me sens immensément bien dans ma peau de femme lorsque je suis dans ses bras. Je découvrir la formidable sensation d'être en ma compagnie, à faire des choses rien que pour moi. Je m'évade de plus en plus et je construis mes idées. J'entrevois la douceur de mes passions derrière cette porte que j'ai trop longtemps laissée fermer et je sens leur appétit, leur envie d'apprendre, je veux continuer et grandir avec. Je ne veux pas gâcher tout ça, j'ai tellement mis de temps à le trouver et d'énergie pour l'apprivoiser... alors pourquoi j'ai envie d'un bébé ?

mercredi, juin 9 2010

Chère amie

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Je t'ai choisie pour refaire le monde, nos vies et celles des autres aussi. Imaginer ce que nous serions si cela avait été comme ci ou bien comme ça. Critiquer quelques personnes et particulièrement celles que nous aimons le plus. Laisser le précieux devenir inutile le temps de le dire et puis balayer toutes ces petites paroles inutiles. C'est une des saveurs entre nous que j'aime le plus retrouver.
S'en aller en se souhaitant une bonne soirée sans se remercier mais s'accorder le sourire et le regard d'une complice. Un air amusé terminera ce délicieux moment passés entre amies, celui qui dit en silence que c'était génial, qu'on va se manquer quand même et qu'on attendra joyeusement de recommencer.
Sans toi, je penserai à tout ce qui se dira la prochaine fois, pas de point final sur la dernière page parce qu'on reprendra le cour de la discussion sans rien en avoir perdu. Savoir que l'essentiel surtout, c'est l'oreille que l'on tend à l'autre. Une écoute sans faille, sans négatif et sans accusation. Une oreille qui entend le bruit du dedans sans écouter le son parfois cinglant des mots maladroitement posés. Ceux qui naissent juste pour s'accorder à la mesure de la mélancolie ou d'une joyeuse symphonie.

S'inventer une vie entièrement faite de si et puis s'autoriser à en rire ensuite. Parfois ne rien dire aussi. Etre juste à côté, partager la vie dans toute sa simplicité. S'offrir nos joies et savourer le régal du passionné. Apprendre dans les gestes de celle qui précise la beauté de ce qu'elle sait rendre beau, tout ce que soit même n'avait jamais penser à réaliser ou même croiser. Deviner l'orage qui arrive sans avoir peur du bruit. Laisser l'éclair piquer sa colère parce qu'il ne pourra jamais déchirer le ciel tout entier.

J'adore voir grandir tes autres vies à toi et aussi aux êtres qui t'entoure. Apprécier les louanges qu'on s'entend dire sans en rougir parce que justement! A toi on peut tout dire...
Me rassurer souvent, c'était sans doute la peur de ne plus me sentir aimer. Aujourd'hui, je sais que même loin de tout, je peux te retrouver sans avoir perdu l'éclat de notre proximité.

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samedi, juin 5 2010

Toutes les clefs

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Lorsque je me suis assise en face de lui, je savais ce que j'allais répondre à son « oui ? » habituel...
Un oui qui ne me plaisait d'ailleurs pas du tout. Je lui ai dit que je n'avais rien à lui raconter. Je lui ai dit aussi que j'avais des soucis d'un quotidien ordinaire à porter et que je ne ressentais pas le besoin d'en parler, en tous les cas, pas avec lui.

Je lui ai demandé ce qu'il pensait de mon envie d'arrêter le médicament que je prend tous les matins depuis quelques mois. Son air confiant m'a convaincue que c'était une bonne idée. Nous avons posé les derniers mots et je suis repartie avec la tranquillité que je pouvais y retourner quand je le voulais...
Je n'y retournerai pas. Je le sais parce que tout est réglé. Il me manquait une seule clef et il m'a aidé à la trouver. Je sais que j'ai beaucoup de travail encore à faire avec moi. Je sais. Je sais aussi que c'est moi et seulement moi qui pourrai ouvrir la porte de tous mes possibles.

Je suis confiante, maintenant que je pourrai combattre les vieux démons quand ils oseront pointer leur nez. J'ai déjà retrouvé des morceaux d'images et des sensations reviennent timidement. Je veux leur rendre leur vraie place, leurs vraies couleurs et leur douceur. Toute la réalité qu'elle auraient dû apprivoiser il y a très longtemps.

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jeudi, mai 27 2010

Ma petite fille

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Elle avance sur le chemin de ses onze ans. Je crois qu'elle adore son petit frère. Complice dans le jeu et surtout sœur patiente et attentionnée. Je sais reconnaître dans ses yeux le ras-le-bol de la valse des RDV pour Rémi d'une ville à l'autre et d'une maman qui en rentre à chaque fois épuisée. Plus de place pour ce soir dans sa tête et elle le sait. Elle l'accepte et je sais aussi qu'un jour plus tard, elle me le reprochera. Je saurai m'excuser alors et peut être pleurer avec elle ces moments qui nous ont été volés.

J'aperçois la jeune demoiselle dans sa tenue et elle souri en se redressant, lorsque mon regard trahi ma pensée. Je crois qu'elle est contente de prendre cette direction obligée, même si la petite fille reprend très rapidement sa place une fois démasquée.
Ici, on le sait quand elle est là où quand elle rentre de chez son papa. Il y a chez elle un flot de paroles continuels qui souligne bien son caractère de bavarde. D'ailleurs, si je devais la décrire, je crois que c'est ce que je dirai en tout premier.
Elle est douce dans ses gestes et ses yeux sont remplis de tendresse. Ce qui me "tue" c'est qu'il en ressort trop souvent une maladresse étonnante que je connais, puisque petite fille, je l'étais aussi.
Je retrouve avec un amusement certain des petites choses de moi "de-quand-j'étais-petite" dans chacune de mes filles. Souvent, je voudrais leur souffler les difficultés qu'elles rencontreront avec tel ou tel comportement, mais je sais qu'il faut "vivre ses expériences" pour grandir.
Je crois que c'est elle qui me ressemble le plus et je reconnais surtout la petite fille que j'ai été lorsqu'elle dit: « Je- n'y-arriverai-jamais-de-toute-façon! »
Je connais trop bien la douleur de ses piqûres et je sais qu'il faut que je lui apprenne l'autre côté, parce que maintenant, je sais combien cet autre côté est doux et bienfaisant.

La jeune fille qui s'occupe d'elle lors de la reprise à poney a très bien compris le fonctionnement de ma petite cavalière et hier, elle lui a juré qu'elle ne céderait pas:
« Tu es celle qui trotte le mieux sans étrier, tu peux y arriver »
« Leia! Fais-toi-confiance-s'il-te-plait!!! »
Dans la voiture, je lui ai dit que j'aimerais bien pouvoir lui prêter mes yeux pour qu'elle puisse se regarder avec. Au piano c'est pareil et à l'école aussi...

Elle avance sur le chemin de ses onze ans et je veux la voir marcher sur celui de son adolescence avec l'envie d'essayer, sans avoir peur d'échouer et la volonté de semer l'effort pour en récolter ses jolis fruits colorés et gonflés de vitalité.

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lundi, mai 17 2010

Sans regretter

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J'explore silencieusement cette vie installée depuis tant d'années. La mienne.
J'explore ce retour en arrière, cette toute nouvelle connexion avec mon passé. J'ai marché à reculons jusqu'à rejoindre les souvenirs de mes jeunes années qui me collent à la peau et même ceux oubliés, mis de côté.
La seule vérité, c'est une énorme colère qui bouillonne. Je suis elle et elle m'accompagne sur mon chemin d'adulte et nous marchons ensemble vers la fin. Une fin que je ne veux surtout plus vivre à réparer. J'avoue ici que je suis terrifiée à l'idée de mourir avant de m'être rencontrée. Je veux vivre pleinement ma vie, celle que j'observe depuis quelques jours, celle que je devine pour les années à venir, celle que j'ai découverte juste derrière le rideau levé, dans le bureau du psy, sur ma légitimité dans le regard de celui qui m'a quitté trop vite, trop tôt. Je n'ai pas eu le temps de lui dire comment je l'avais aimé, je n'ai pas eu le temps de la remercier. Il faudra peut être que je prenne ce temps là...

Je sais l'erreur de toutes ces années, je connais la source de ma fatigue et l'échappée de mon énergie. Je ne veux plus voir juste mon nombril mais tout autour, le drapeau blanc est dressé, le combat contre moi est terminé.

Chaque matin qui me sera offert, je veux me rappeler mon intention de savourer les sourires d'une journée de calme ou de tempête, je veux en garder leur parfum ici pour moi. Pour elles et puis pour eux aussi. Pour tous mes amis et pour ceux qui passent ici lire ce qui pourrait peut être leur parler et les aider à comprendre que:

Ce n'est pas tant ce qui nous arrive qui est le plus important, c'est ce que nous faisons!
« J. Salomé »
Cette phrase là, décidément, je l'adore!

mardi, mars 30 2010

Stress et émotions

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Il suffisait de franchir le pas. Sur le chemin, j'ai croisé l'affront, le doute mais c'est la volonté qui a gagné et je ne regrette pas. J'aurais même dû consulter plus tôt.

Je n'imaginais pas combien la force du stress et des émotions pesaient sur ma vie...
Je respire enfin à pleins poumons, je dors toute la nuit et ce qui est incroyable, c'est de revoir sourire les petits plaisirs simples d'un jour ou d'un instant. J'ai ramené à la maison quelques branches choisies avec leurs bourgeons surprises pour décorer la table de son arbre de printemps. Je l'ai décoré avec Leia après le petit déjeuner de ce matin. Je revois encore les yeux enchantés de Rémi lorsqu'il a découvert cet air de fête dans la cuisine. Mon cœur bat à nouveau au rythme des jours et surtout au boum-boum que la vie m'offre chaque matin.

Je n'imaginais pas combien la force du stress et des émotions pesaient sur ma vie...
Je prends mon petit garçon dans mes bras et il sent bon. J'ai retrouvé le plaisir de m'enivrer au dedans de son petit cou si doux et j'aime écouter Leia me raconter ses dix ans. Je prends du temps pour dire bonne nuit à mes enfants et je crois qu'eux savourent ces moments tout naturellement.



Un grand merci à tous pour le soutien que j'ai reçu dans vos commentaires ici, par mails ou sur MSN

mercredi, mars 24 2010

Pas seule

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Toute la nuit, j'ai marché à reculons, jusqu'à arriver au même jour qu'aujourd'hui. Je peux dire que j'y suis parvenue avec une sensation étrange et vraiment très désagréable. Je tape sur mon clavier, les mots qui me viennent et dans mon ventre tourbillonne le chimique des petits pilules tout juste avalées. Dans quelques minutes, l'artificiel coulera dans mon sang et je sentirai une certaine stabilité d'humeur m'habiter. J'ai peur. J'ai peur parce que cette nuit, le souvenir de ces six ans en arrière mon rappelé l'état émotionnel dans lequel je vais baigner maintenant.
En fait, je ne sais pas vraiment si j'ai peur ou si j'ai honte. Si j'étais vraiment honnête avec moi, j'avouerais plutôt que cet affront me blesse. Je l'ai dit hier chez le généraliste:
« Je ne comprends pas, j'ai dans ma vie tout pour être heureuse et je ne le suis pas »
Je lui ai confié que je ne voulais pas d'une rechute vers la dépression parce que j'ai tout réglé aujourd'hui, la petite fille est en paix et la femme que je suis est amoureuse et a tout pour être heureuse. Les soucis dans la vie, tout le monde en a et puis, ce n'est pas pareil cette fois ci, j'ai des envies en abondance, des projets concrets et ma passion pour le cheval me rempli de joie à chaque jour qui passe auprès de Tylwyth.
Et puis, elle m'a dit qu'il y avait ma personnalité sur la balance et m'a rappelé que j'étais maman d'un enfant différent aussi. J'ai pleuré, je n'ai pas réussi à tenir mes larmes. J'ai dit des choses que même mes pensées ne voulaient pas entendre. Une maman ça doit aimer son enfant et le protéger, le chérir. Moi, je n'attends qu'une chose chaque semaine, c'est de signer de la main au revoir au petit écolier garçon de la maison. A la grille de l'école, je regarde toutes ces mamans qui attendent leur bambin, heureuse de le retrouver enfin. Moi, j'attends Rémi et j'appréhende le conflit. Vide de ce bonheur là. Je n'ai pas vraiment envie de le retrouver, je pense déjà au demain matin...
Je lui ai raconté un petit bout de mes tourments concernant mes filles, de ma culpabilité et du sentiment d'impuissance qui me ronge chaque fois que je suis seule avec moi.



Elle m'a donné le nom et le numéro de téléphone du médecin spécialiste qu'il me faudra consulter très vite. Elle m'a un peu rassurée aussi:
« Aujourd'hui le mot dépression est trop fort en résumé, mais il ne faut plus attendre et agir maintenant, seule vous n'y arriverez pas. »
Son empathie quant au poids du quotidien que je vis par ici depuis bientôt quatre ans m'a rempli de sanglots et puis, je suis rentrée raconter cette demi heure à ma moitié. Je lui ai dit que j'avais peur, il m'a dit qu'il était toujours très amoureux. Il m'a serrée dans ses bras en disant que la vie est dure parfois, que nous allons y arriver. J'ai téléphoné pour un RDV mardi prochain.

Hier soir, j'avais décidé de ne pas en parler. ce matin, à l'intérieur j'ai senti "mon-moi" qui me disait le contraire parce que j'ai appris avec les années que les non-dits pourrissent la vie.

lundi, mars 22 2010

Haut les coeurs!

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Lorsque je me pose contre lui, je sens mes "niveaux" remonter et ça me fait du bien.  Dans le box de Tylwyth, je sens aussi la magie opérer. Ce n'est pas le même état émotionnel qu'il y a six ans, non, la dépression ne peut pas me rattraper, je l'ai déjà battue. Non, c'est autre chose et je ne veux pas me laisser impressionner par cet état...

Juste avant d'aller me coucher, je lui ai confié mon sentiment d'être arrivée au bout du rouleau. Je suis épuisée et je pense ne plus avoir de ressource. Je lui ai expliqué qu'au dedans de moi, j'entendais le tic-tac qui se déclenchait trop souvent ces derniers temps et qu'il me faisait peur.

Oh! Certaines personnes qui me connaissent pourront dire qu'il est bien normal d'en arriver là aujourd'hui, pour d'autres ce sera juste la récolte de ce que j'ai semé et enfin, que je suis entourée et aimée et qu'il ne faut pas m'affoler... C'est vrai pour les trois.

Alors ce matin, j'écris ici les mots d'un ras-le-bol et d'un essoufflement émotionnel. J'écris ici pour ne pas oublier que cette nuit j'ai décidé que j'allais me reposer. Me dorloter et interdire aux soucis de venir me foudroyer. J'ai besoin de récupérer. Je suis épuisée. Cette nuit, je me suis promis de prenne soin de moi, parce que la vie ici va se compliquer. Le corset de Rémi s'invitera vendredi dans nos vies, pour de très longues années et même si ce petit garçon là est un amour de fiston, son comportement est souvent éreintant. Ça aussi d'ailleurs, je l'ai entendu sortir de la bouche de son papa, un matin, pas si lointain et c'est peut être bête, mais rien que ces mots là, ça m'a fait du bien.

Voilà, j'écris ici les maux au dedans de moi, le tic-tac d'un compte à rebours que je ne veux surtout pas exploser. M'asseoir et trouver les combinaisons pour désactiver le son d'un dispositif enclenché.

Ma vie de château, à l'intérieur ceux et ce que j'aime. Il me manque le pétillant des yeux de mes filles à mes côtés, même si j'ai toujours gardé ce petit quelque chose qu'elles ne partagent qu'avec moi. Il me manque encore un peu de certitude dans ma vie de maman et dans celle de mon "intime" une bonne dose d'assurance. Je veux y arriver car ici, la vie est tellement jolie. Les murs du nid sont à peindre, les projets en abondance et les yeux de ma moitié qui aiment ce que je suis. Sa douce main dans la mienne, il me console et son empathie réchauffe un bout de moi, je souris.

mardi, mars 2 2010

Sur un fil

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Je suis en colère et très frustrée et j'ai hurlé qu'elle s'est trompée de route. J'ai pleuré sans elle toute la souffrance qu'elle endure. Je ne peux pas accuser la société d'avoir tendu ses tentacules pour l'enserrer. C'était à nous de l'en dissuader.
Il y a aussi le monde virtuel d'aujourd'hui, je sais seulement depuis les « si j'avais su » que je n'aurais pas dû lui ouvrir si grande la porte de la souricière.

J'ai eu peur de ma colère et de leurs mots parce qu'ils peuvent tout casser.

Je lui ai dit qu'elle est allée trop loin, qu'il est tellement facile de jeter la faute sur l'autre, que les solutions ne se trouvent pas dans les "oui-mais-si", que la seule vraie issue était le face à face entre le miroir et elle. Un travail d'acceptations. Entendre et apprécier ce que la vie lui a donné, qu'elle a des parents pour la guider et d'arrêter de chercher ailleurs ce qu'elle a juste à côté.

Un week-end terminé par un vent de rage violent balayant sur son passage toute la culpabilité de ces dernières années.
Lorsque je plonge dans ses yeux bleu... Lorsque son sourire vient faire battre mon cœur de maman, je me laisse aller au doux rêve de la prendre dans mes bras et je me vois la bercer comme quand elle était bébé....Qu'est ce que je l'ai bercé ce bébé là. Je crois que je n'ai fait que ça pendant les deux premières années. La bercer pour essayer de calmer ses larmes inexpliquées. Jour et nuit, nuit et jour je l'ai bercée...

dimanche, février 14 2010

Bousculée

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Entre notre chambre et la cuisine, je marche dans le long couloir et mon cerveau essaie de compter combien de personnes il y a derrière chaque porte rencontrée. Je descend les escaliers et c'est seulement là que je réussi à me souvenir que ce matin, j'avais deux de mes filles et notre petit garçon à accueillir pour le petit déjeuner.
J'ai pris mon bol de café et je me suis assise à table en tentant de répondre aux questions: « Qui arrive aujourd'hui, qui repart et demain? » Je n'ai pas envie de manger, je ne sais pas quoi avaler. J'attendrai que mon estomac me fasse signe, certaine que lui, saura me dire.
« Ça y est je sais, c'est lundi qu'il faut cocher et puis jeudi aussi. »

Mon esprit se fixe ensuite, sur les choses à faire aujourd'hui. Je rassemble les plus pressées et c'est la chaudière à démarrer que je mets en priorité. Mon petit chien dort dans son panier, je sais que dans les prochaines minutes, je vais m'exposer aux moins 9 degrés que mon thermomètre vient de m'indiquer. Je profite de cet instant de tranquillité pour allumer mon PC et venir ici « Ça fait si longtemps ? »

Je me suis laissée happer par le tourbillon des virus, de la fièvre, des urgences et des questions qui me bousculent lorsque je pense à elle...
Nous étions en « mode vielle », deux parents transparents et leur petit garçon qu'il fallait surveiller, jour et nuit. La tyrannie des convulsions et la méchante adolescence de ma fille m'ont ébranlées plus que je le pensais.

Ce matin, je reste épuisée tout en dedans et je n'aime pas celle du dehors... où peut être l'inverse. Je ne sais pas. Ce sont mes rêves qui allument cette obscurité ou ce sont eux qui éteignent mes journées, je ne sais plus.

lundi, février 1 2010

Le plus joli des gâteaux

J'ai vu deux fois cette semaine les secours arriver chez moi et deux fois cette semaine j'ai senti mon cœur suspendu au fil très fin et solide de la vie, je dois lutter contre un rhume qui s'est invité et la fatigue de tout ça qui s'est empilé le temps d'une semaine.

Ce matin, il m'a encore dit qu'il me trouvait formidable. Il est amoureux et ça me va très bien. Je crois qu'il ne sait pas passé un seul jour de la semaine sans qu'il me dise qu'il me trouvait tellement grandi, sans qu'il ne me prenne dans ses bras pour me rappeler encore et encore que j'étais fantastique et qu'il m'aimait vraiment très fort. Je crois que j'ai puisé de ma force dans tout ça.

Je me souviens de mon adolescence et de ses maux qui l'ont accompagnée. Je garde en mémoire toutes les sensations et les interrogations, ce sentiment d'être trop différente, de solitude habillée d'un vide immense, pesant et devenu insupportable. Le temps que je trouvais terriblement long, les jours noir et les blanc.
Je me souviens de cet homme que j'ai aimé d'un amour tout puissant, celui que l'on ressent quand on a 15 ans et des 16 qui nous séparaient. Je n'ai pas oublié cette envie de mourir qui vient s'offrir comme une légèreté, une main tendue vers la liberté. Une amie en fait, la confidente de mon emprisonnement.
Parfois, je m'invente un monde à l'envers aux portes fermées. Je m'en vais courir pour rattraper toutes mes années à « rebours » avec les clefs que j'ai trouvées dans ce monde à l'endroit.

Je voudrais tellement lui offrir les siennes... J'aurais surtout voulu trouver une clef plus tôt, celle que je nomme aujourd'hui la petite étincelle magique, celle qui fait avancer, celle qui donne envie de continuer.
J'ai donné l'album photos du plus joli des gâteaux mais j'ai oublié de lui apprendre l'envie de le croquer. Avec un "si j'avais su" je commencerais par lui donner les ingrédients, j'applaudirais l'effort de chaque étape, sans oublier de l'encourager à trouver sa forme et sa décoration pour en faire une peinture unique qu'elle glissera dans une des pochettes de l'album photos du plus joli des gâteaux.

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Photo prise par une de mes filles, je ne sais plus laquelle...

lundi, janvier 25 2010

Cap au pays des rêves

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Le printemps arrive. Je sais qu'il est loin et je sais aussi qu'il faut que je retienne cette agitation qui me surprend tous les ans et qui rend le mois de février interminable. Je sais. Mais le soir, l'idée me rattrape parce que le soleil éclaire encore les trottoirs à cinq heures et demi par ici. C'est le soir que mes rêves les plus fous s'emparent de moi et depuis plusieurs jours, j'aime me laisser flotter pour le reste de la journée avec eux et surtout y puiser une force extraordinaire.

C'est toujours le matin, lorsque je me réveille que dans ma tête je rédige la liste des obligations de la journée, croyant m'aider à l'organiser ou pour me donner bonne conscience, je ne sais pas... La fatigue de la vieille s'est effacée aussi, je me sens « d'attaque » juste après mon café-tête-à-tête-avec-moi. Hier, c'est le repassage dont j'avais envie, au moins le commencer. Les chemises, le pire... je crois que c'est le côté bonne conscience qui me prend dans ces moments là.

J'ai finalement demandé à mes filles de bien vouloir s'occuper de Rémi, parce que j'avais trop envie d'aller me promener, avec Vincent et Sirano en chariot. Je suis rentrée complètement glacée mais pleinement heureuse. Mes rêveries s'étaient invitées plus tôt aujourd'hui et dans les bois, je crois que j'ai réalisé qu'un cap était franchit. Je sens encore sa fragilité et je n'ose pas trop en parler. Crédulité de petite fille qui me colle à la peau « si je le dis, si je l'avoue, il s'en ira pour toujours » Pourtant, hier soir, j'ai laissé échapper un peu de ce qui m'étourdissait en ce moment, ce qui m'avait donner la force et la volonté d'en finir avec tous ces kilos en trop.
Hier, je n'ai rien grignoté, je n'ai pas touché à un seul bonbon de la boite au dessus du frigo et je suis partie me coucher tôt pour en terminer avec cette habitude de manger devant la télé ou le PC. Je ne me suis pas pesée. Cette fois, je m'en fiche de voir de quel côté penche l'aiguille, j'ai juste besoin de sentir mon corps s'alléger. Je veux me le ré-approprier, je veux pouvoir monter sur mon cheval cet été, je veux pouvoir courir sans m'essouffler et même danser, me balancer au rythme des musiques que j'aime, comme avant... Il y a trop longtemps maintenant. La dépression, les antidépresseurs, l'arrêt du tabac, un nouveau bébé, une nouvelle vie. Je ne veux plus rien accuser. Je veux juste retrouver mon corps, il est temps de l'écouter me dire: «  stop!ça suffit avec tes conneries ». J'ai mal au dos depuis une semaine et dans le miroir je n'aime plus ce corps que j'avais découvert et appris à regarder avec ses yeux à lui.

Des projets pour la nouvelle année, j'en ai plein la tête et je ne sais pas encore lesquels je vais vraiment réaliser. Le potager, les travaux dans la maison, les peintures des fenêtres que je remets chaque année, le rangement des trucs que nous gardons : on-ne-sait-jamais-ça-peut-servir. Je voudrais faire une belle chambre pour mon petit garçon et une salle rien que pour le sport. Apprendre l'attelage et partir en Normandie pour apprendre durant cinq jours le comportement du cheval et améliorer la complicité toute neuve de Tylwyth et moi.... Je ne veux rien regretter si la liste n'est pas rayée. Pour commencer, le plus urgent, c'est la forme physique à retrouver et comme je sais où je veux aller, je sais que je vais y arriver...

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lundi, janvier 4 2010

Tous les jours ne se ressemblent pas

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Hier matin, j'aurais pu écrire que j'avais senti le vent de la nouvelle année. Tous nos visiteurs ont regagné leur domicile. Le calme et le désordre laissés m'ont donné cet élan qui prend généralement au printemps, lorsque le soleil s'installe tout entier dans la maison pointant de ses rayons chaque toile d'araignée ou grain de poussière. Ici, on parle de couche épaisse et de crasse au sol. Je n'ai même pas senti rosir mes joues lorsque j'ai eu terminé l'inspection des travaux ménager à faire. Il m'a fallu la matinée toute entière pour la cuisine. J'ai rendu l'éponge et le chiffon à l'heure du déjeuner en déclarant que c'était tout pour aujourd'hui concernant le ménage. Il me restait une galette à faire et après je voulais toute une après midi peinte de « rien à faire ».
Je me suis allongée pour une courte sieste et puis... Et puis les heures ont dévoré tout le reste de ce dimanche. Je me souviens qu'en me couchant je mettais promis
« demain je recommencerai avec la même ardeur ». Retrouver mes repères, ma maison à dorloter et ce qui me tient à cœur pour cette année:
apprendre avec Tylwyth la légèreté d'une douce complicité et apprivoiser les cordes de ma guitare.

Le réveil a sonné. A 6 heures, en janvier, je ne pouvais pas compter sur les oiseaux pour me chanter le petit matin, alors j'ai allumé un feu dans la cuisinière et j'ai bu mon café. Dehors il faisait -10° et il n'y avait pas le moindre petit flocon de neige comme je l'avais fanfaronné à Leia juste après le « bonne nuit » d'hier soir.
J'ai essayé de trouver par quel bout commencer le décrassage du château et j'ai un peu rangé. Je me suis installée plusieurs fois avec ma guitare et je l'ai quittée à chaque fois avec les larmes au fond de la gorge et l'idée que je n'étais vraiment pas douée... J'ai cherché plusieurs fois Tylwyth par la fenêtre et j'étais à deux doigts d'y aller. Ce soir, je l'ai ramenée au box sans la regarder, sans la caresser. Je ne sais pas par où commencer et je ne sais pas si je pourrai toucher un jour à mon rêve...
Ce soir, je me sens seule enfermée dans cette bulle que je connais par cœur et je ne sais pas si je dois avoir peur ou non de cette humeur là... Pour ça non plus je ne suis pas douée.

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samedi, janvier 2 2010

Fin d'année

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Juste avant de sortir mon petit chien, j'ai pris dans la main, mon cadeau de Noël de la marque à la pomme. Chaque matin s'habille de cette nouvelle habitude. Je glisse ses écouteurs dans mes oreilles après avoir interrogé les alentours parce que je sais que dans un instant je me transformerai en femme sourde.
Mon baladeur m'offre l'option aléatoire, c'est parfait pour ces minutes entre nature et musique que je choisis pour cette sortie obligatoire.
Dehors, il fait froid. Le nez dans le col de mon manteau, je m'engage sur le petit chemin de tous les jours. Le vent souffle sur mon visage et mes oreilles entendent celui qui me transporte ailleurs depuis que je « reconnais » la guitare: "Maxime Rodriguez"  accélère mon pas au rythme de ses cordes. Je n'entends plus la vie autour de moi, il faut que je me retourne, si une voiture arrive derrière moi... Sentiment d'insécurité... Mes pensées se dirigent auprès des sourds, ce monde là, ces gens là, leur vie à eux qu'est-elle vraiment ?

"Le monde d'Amélie Poulain" vient changer la réflexion. Je ne veux plus me retourner, tant pis. Le piano me donne l'ordre du repos, mon pas ralenti, mon regard est doux, je vois au loin la paix que les prés veulent me montrer. Je pense à la mère que je suis pour mes filles. Mes larmes m'engourdissent et brouillent ma vue. Je laisse l'émotion me parler d'un âge que j'ai connu et je compare les deux générations que je connais mieux depuis ces dernières années. Je pense à internet, blogs, musique... Ce monde virtuel qui attrape n'importe quel être humain dans sa magie et sa souricière. Je sens la fragilité de cet état changeant lorsque dans les oreilles une musique dicte la nostalgie ou bien l'envie de liberté...

"Dream a little Dream" tourne la page. Le voile de mes yeux se lève et mon dos aussi. Me voici transportée dans un monde d'envies et de certitudes. Un confort que j'aime trouver sur les pas du retour avant la porte de l'entrée d'une maison encore endormie. Je veux croire que je n'ai pas vieilli, que tout m'est encore permis. Une année écoulée, je ne suis pas sûr de savoir ou j'en suis et si toutes les pages que j'y ai laissées me plaisent, mais je sais que je n'ai rien à détester de moi pour cette année passée. C'est idiot ce calendrier, rien à changé entre demain et aujourd'hui mais aujourd'hui, j'ai des envies. Envie de préciser mes projets avec lui et je crois bien que je vais tenter la liste des résolutions. Je hais pourtant ce genre de pari, je sais qu'il nous sera impossible de tout réaliser mais j'ai envie d'essayer au moins cette année en promettant d'écrire au feutre rouge indélébile: "Jamais sévère pour ce qui ne sera pas fait"...

Ses filles sont reparties et les miennes aussi. Il nous faudra, comme à chaque fois nous réhabituer au vide laissé et nous reposer aussi...

Je vous souhaite une excellente année.

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vendredi, décembre 11 2009

A faire avant de mourir

Aller jusqu'au bout de mes idées au moins une fois
Aller aux US
Dormir dans un arbre
passer les savoirs en étholologie à l'académie de Firfol
partir dans les bois avec Tylwtyh, en rando plusieurs jours, grand galop dans un pré
savoir tenir sur le monocycle sans le mur
faire du kart
une journée thalasso
partir au ski/chalet en amoureux
partir en roulotte
assister à une mise bas d'un poulain et d'un veau
avoir un chat
passer mon permis moto
Partir avec tous nos enfants en gîte une semaine aux sports d'hiver
terminer les travaux de ma maison
Une soirée de princesse dans un grand grand restaurant/dansant
ne plus avoir peur des chevaux
Voir un opéra à Paris
Jouer de la guitare le morceau de Joshua
Partir avec une super copine quelques jours à la mer: plage/resto/ papotage
Monter sur un chameau
faire une jolie terrasse
Voir le Mexique
Voler en tandem avec lui
réussir à faire coucher Tylwyth
revoir la Corse
lire un livre en un jour
aller à un dîner spectacle équestre « Gruss »
apprendre l'osier
Rencontrer les Bloggeurs que j'aime bien
faire une chouette salle de sport
acheter une chaine hifi, un home cinéma et un projecteur
Une grande baignoire pour deux
terminer ma chambre
Faire de l'accrobranches
savoir atteler parfaitement et participer aux concours avec Tylwyth
Aller à Mouthe voir les chiens de traîneaux 
Allez au marché de Noël de Strasbourg
avoir un aquarium géant
Ne plus culpabiliser
réussir à m'orienter sans GPS
Ne plus être jalouse
Avoir totalement confiance en moi
visiter la Mongolie ( vie des nomades )
demander pardon au garçon de ma 6°

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J'en rajoute un peu au fil du temps...

Allez au Québec en hiver!

vendredi, décembre 4 2009

Noël

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Elle m'a dit que ça la « tuait » de savoir son père seul pour le soir de Noël, qu'elle préférait plutôt partager le réveillon du nouvel an avec nous parce qu'ici, c'est un peu mieux et que son papa pouvait être sans elle ce soir là sans problème...

Je n'ai pas pu m'empêcher de croire que les autres pensaient pareil.

Je n'ai pas pu m'empêcher de me dire qu'elle avait sans doute raison et pendant quelques secondes cette fichue culpabilité m'a rattrapée pour me coller sous le nez, l'étiquette que je croyais avoir jetée:
« Tu n'es que la vilaine qui est partie... »

Lui, il est seul et moi j'ai à mes côtés un mari et un petit garçon pour passer cette soirée d'enfants, sans trop de vide à surmonter. C'est sans doute, le seul message qu'elle a voulu passer...

Je ne sais pas si je dois rendre responsable la saison qui a décidé que le manteau blanc n'était pas encore pour maintenant mais je ne ressens aucun plaisir à habiller la maison de rouge, de vert et de fête, elle est d'ailleurs encore presque nue de décorations. Hier j'ai ramené la fleur de Noël, celle que je pose sur la table de la cuisine depuis ces cinq dernières années, j'ai trouvé un peu de gaieté en rajoutant dans mon sac, trois bulbes plantés dans un panier. Les jacinthes m'ont parlé d'après, lorsque mes yeux les ont regardées...

Mon âme d'enfant ne m'a pas quitté, dans les grands magasins j'ai des envies de poupées en chiffon, de petites souris et d'ours en peluche...

Je ne désire pas faire croire à Rémi qu'un soir dans l'année il y a un monsieur en rouge et blanc, avec une grande barbe blanche, vient par la cheminée pour apporter des cadeaux. Il saura parfaitement qui remercier.

Hier soir, nous avons trouvé les marionnettes pour notre fils sur clavier. A l'écran s'est affiché que la commande à bien été enregistrée. Je me souviens de l'an dernier, je découvrais la joie de l'emballage en papier craft . L'infidélité du grand froid qui annonce l'arrivée de sapin à la maison a retardé l'envie ici de paquets à habiller et de ruban à nouer mais j'entends le vent tourner... je laisse le temps au temps d'approcher et de m'enivrer doucement de ce que j'attends.

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