Ma Vie De Château...

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dimanche, août 15 2010

Une dimension toute nouvelle

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J'ai réussi ce que j'imaginais impensable depuis quelques semaines. J'ai fini par vaincre la peur de l'échec., en tous les cas, pour ce coup là. Aujourd'hui, j'ai conduit ma jument juste avec le corps, sans aucun mot, juste les mouvements pour dire. Certes un peu gauche et sans doute brouillon aussi, mais totalement muette de son.

« Après tout, elle ne parle pas humain, je ne parle pas cheval mais nous savons parler toutes les deux les gestes. »

Dans ma peau, j'ai senti mes veines se gonfler doucement de cette certitude là. Pour chaque déplacements des antérieurs ou des postérieurs, je l'ai guidée au dessus de la barre, sans lui toucher un seul de ses poils. Mon corps et ma pensée ont demandé et l'incroyable s'est accompli. J'ai touché une nouvelle dimension, peut être la sienne ou tout simplement la notre. Éphémère, qu'importe puisque je l'ai rencontrée.

Je suis rentrée complètement étourdie, impressionnée de ce que je venais d'accomplir. Je n'ai rien dit parce que je voulais attendre le lendemain pour recommencer, vérifier.

Je me suis trompée, j'ai tout raté sous le regard de ma moitié et je n'ai presque rien avoué des sentiments qui me dévoraient dans le dedans de moi. Je n'ai rien jeté. J'ai recommencé et j'ai franchi une nouvelle fois le seuil du paradis.

Le vrai apparaît, j'ai appris pendant deux jours qui je pouvais être ou qui j'étais... peut être. Je comprends mes gestes au quotidien et je vois ce qui habille celle que je suis toute la journée. Mes idées sont mélangées encore, mais je saisie l'essentiel et j'ai deviné ce qui me brise lorsque l'être humain condamne, accable et dévalorise. Je me reconnais encore fragile et je n'irais plus me frotter à ces individus tant que je n'aurai pas trouvé le chemin changeant cette vulnérabilité.

Tylwyth est celle que j'ai choisie pour devenir ma jument de randonnées, celle que j'imaginais galoper dans les près ou avec ma moitié à nos côtés dans d'immenses forêts, assise tout en haut, sur une selle western, parce que je trouvais ça "trop beau"...
Je ne savais pas puisque je ne connaissais pas la réalité de cette existence là et je n'aurais pas su l'inventer non plus.
J'ai vu des spécialistes, ils m'ont parlé d'enfance et de reconnaissance, de différence aussi, mais aucun d'eux ne m'a chuchoté qui j'étais réellement. Tylwyth a su le faire. Depuis qu'elle partage ma vie ici, elle s'est battue pour me sortir de l'ombre. Je lui ressemble, elle me ressemble beaucoup aussi. Ce qui est fantastique, c'est l'éternel recommencement qui s'accomplit chaque fois que je vais dans le pré. La passion qui m'embrase est le moteur de notre relation, la peur qui m'a longtemps dévorée est devenue une force extraordinaire. Tylwyth est le miroir de mon existence, je suis convaincue aujourd'hui que c'est auprès d'elle que j'apprendrai qui je suis réellement et qu'en remerciement, je saurais être à la hauteur de son existence.

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jeudi, juillet 29 2010

Débardage

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Il a fallu s'arrêter plusieurs fois parce qu'il était vraiment très fatigué. Il m'a tendu la main souvent, j'étais très fière parce qu'il a tenu bon. Il n'a même pas râlé lorsque je lui ai dit que j'étais trop fatiguée aussi pour le porter très longtemps sur mon dos et moi de mon côté, j'ai essayé de chasser le sombre de mes pensées. Sa faiblesse musculaire ne nous avalera pas. Nous avons rencontré un monsieur avec sa tronçonneuse et Rémi lui a crié qu'il avait perdu son papa dans les bois. J'ai beaucoup ri en le regardant ainsi partager son émotion avec un étranger. Il le fait de plus en plus souvent et à chaque fois, je me souviens des mots du directeur du centre, il nous parlait de sociabilisation « Vous allez rencontrer de gros problèmes si vous continuez comme ça! »
Le monsieur lui a promis qu'il était certain qu'il le retrouverait très vite son papa. Moi, j'ai quand même douté quelques secondes parce que dans la forêt les chemins se ressemblent tous et encore plus lorsque l'on a pas du tout le sens de l'orientation. Il avait eu beau décrire parfaitement l'endroit où nous devions monter pour le rejoindre, j'ai eu quelques difficultés à le trouver. Des arbres tout seuls finalement, il y a en plein.
Il faisait chaud et il était vraiment très heureux de trouver une bouteille d'eau, dans le sac de son papa. Il s'est assis sur un tronc, je l'ai laissé se reposer. Je suis allée admirer le travail de Sirano sous les mains de son maître et les conseils de François, l'homme à débarder, l'homme qui connaît parfaitement bien son métier.
Je n'ai pas réalisé tout de suite que c'était un bout de la 4L que le cheval tirait. La transformation est royale et j'admire la simplicité du travail et des idées géniales bricolées par ci par là afin d'améliorer l'attelage. Un avant-train pour tirer les troncs et une remorque pour le bois coupé et le fumier. Sur le chemin du retour, j'ai marché derrière eux en direction du village qui me semblait tout à coup très loin. Je les ai regardés ramener les morceaux de bois coupés, le père victorieux et le fils complice dévorant chaque instant. Je ne serais pas étonnée si Rémi devenait lui aussi un passionné et je serais très heureuse aussi des les accompagner avec Tylwyth pour rapporter les fagots et pourquoi pas, tirer quelques perches...
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mercredi, juillet 28 2010

Relais

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J'ai regardé le temps qu'il faisait dehors alors que mes pieds étaient encore sous la couette. Je suis sortie de mon lit ravie de constater que le ciel était de mon côté ce matin.

Clotilde L est venue travailler avec Tylwyth et moi pour la troisième fois. Je n'ai aucun repère pour reconnaître le mérite de notre travail, je lui ai avoué que ça m'étais difficile d'applaudir mes performances. Elle l'a fait très gentiment. Ses mots resteront très longtemps dans ma mémoire, je crois que je suis fière d'être choisie pour marquer le haut de la courbe. C'est peut être stupide et même totalement con. Sûrement... mais à moi, ça m'a fait du bien.

Elle a posé son regard sur le ralenti de mes gestes et sur mes déplacements avec ma jument. Elle a félicité ma tenue très assurée lorsque j'avançais et elle m'a demandé si je savais pourquoi j'étais si prudente lorsque je demandais de reculer. J'ai souri parce qu'à l'instant même où sa question venait d'être posée, je décodais enfin ce qu'il ce passait, là au dedans de moi et pas seulement aujourd'hui avec Tylwyth , mais dans ma vie de tous les jours. Je l'ai ressenti aussi fort que lumière d'un projecteur sur scène, quand tout est dans l'obscurité, celle qui vient éclairer la représentation. Je ne sais pas ce qu'elle a compris de mes petites confidences, de mes sentiments quant aux bienfaits de ce travail là sur ma vie personnelle. Je crois qu'elle en a compris l'essentiel.

J'ai encore beaucoup, beaucoup de travail à accomplir avec ma jument, je ne suis qu'au pied d'une immense montagne mais j'ai aperçu le drapeau du première relais lundi matin et j'ai découvert un morceau de moi que je ne savais pas. Je voudrais le décrire mais il m'est encore difficile de trouver les mots pour le raconter. Il est question de facilité, de petites feintes, de laisser tomber, de ne pas oser tout simplement parce que je me suis fabriquer comme ça: Pour éviter les conflits, pour ne pas rendre l'autre potentiellement malheureux parce que je dis non.

« Tu sais Clotilde, ça me fait penser aux petites choses du quotidien. Le cartable que je vais ranger, le jouet qui traîne, les morceaux du verre tombé que je ramasse à la place de l'autre... »

Il faudra aussi que je comprenne pourquoi je crains tant l'affrontement et leurs réactions au point d'inhiber celle que je suis. Je crois que je vais prendre un peu de temps pour digérer et trouver le mode d'emploi d'une vie affirmée.

vendredi, juin 25 2010

Savoureuse journée

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J'ai croisé de drôles de sentiments aujourd'hui et je voudrais emmener se coucher avec moi le souvenir de celui qui a caressé ma fierté. L'impatience s'est installée peu avant midi, juste après que l'incertitude soit passée me chatouiller les idées. Le sourire de Clotilde est venue sonner à la porte et nous avons partagé un café à l'ombre du Saule.
« J'aime vraiment beaucoup votre jardin »

C'est une femme qui sait parfaitement bien diriger ses mots pour toucher tout juste ce qu'il faut et son regard dans celui de Tylwtyh n'a rien laissé échapper d'autre que l'amour qu'elle porte aux chevaux. La main toujours précise, qui cherche sans cesse la justesse du geste et qui me fascine par tant d'assurance.
J'ai appris la  "technique du Siou", j'ai réussi à mettre ma jument "dans le cercle" et elle a accepté pour cette fois en tout cas, à ne pas dépasser ma "zone de sécurité-ma bulle à moi". Elle recule de mieux en mieux mais il faut encore trop se fâcher. Je l'ai regardé découvrir avec Clotilde ce qu'était une bâche en plastique et moi, j'ai joué au "yo-yo" dans le carré fabriqué avec les barres que mon amoureux nous a gentiment apporter dans le pré ...
la finesse des jeux me plaît et apprendre à les maîtriser modère mon instabilité:
« tu as réussi à rester concentrée durant presque trois heures! »

J'ai couché mon petit garçon après avoir promis que très vite nous irions chez son parrain et sa marraine pour leur demander de faire un tour sur leur "grand tracteur". J'ai dormi presque deux heures d'un sommeil de plomb.
Les foins sont enfin coupés et enrubannés, mon rhume va donc se terminer. Ce soir, c'était un merveilleux couché de soleil d'été qui a terminé cette douce journée. Il me tarde demain pour recommencer... Toute seule cette fois.

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mercredi, juin 23 2010

Quand je vais rejoindre Tylwyth au pré pour travailler

jeudi, juin 10 2010

Une 4 chevaux

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J'aurai pu avoir le cœur tout retourné en la voyant s'en aller, mais je crois que la joie de ne plus voir cette vieille chose devant ma maison a remporté contre les souvenirs plein de douceur, les énormes bouleversements et les grands chamboulements qu'elle habite. Des vies, un nouveau départ et puis, je dois avouer aussi qu'il est facile de ne pas me laisser déborder par mes sentiments car je sais qu'elle reviendra pour une autre existence. Une vie de services et de toute beauté, enfin pour lui. Pour moi... Je ne manquerai sans doute pas de venir ici le raconter, ce jour où elle reviendra toute transformée... Mais chuuut!!! Pour le moment c'est juste entre eux et nous.

Je pouvais enfin mettre un visage sur ce François. Il m'a tellement parlé de lui et j'étais vraiment très curieuse de connaître cet homme capable de refléter tant d'admiration dans les yeux de ma moitié.

Le café servi, François nous a raconté sa passion et sa façon de débarder avec ses chevaux de traits. J'étais émerveillée par tant de savoir et même si je n'arrive pas à comprendre la technique, il a animé ma curiosité et j'ai très envie d'aller sur un chantier pour apprécier le travail dans toute sa perfection. J'ai été très surprise de voir que son coéquipier était une femme.

Nous sommes forcément sortis leur présenter nos chevaux. Tous les deux très fiers, nous vantions les qualités et la beauté de son trait Comtois et de ma pouliche Irish Cob. Très vite, nous nous sommes retrouvées entre filles à "gagater" elle, de sa "nénette" et moi, de ma "louloute". J'avais en fasse de moi une personne à qui je pouvais parler de communication, d'échange et de liberté. Elle entendait parfaitement bien les mots que je lui confiais, ils résonnaient juste lorsque je disais que Tylwyth m'avait aidée à surmonter certaines difficultés dans ma vie d'adulte. J'ai laissé sortir aussi ceux qui disent combien je me sens parfois frustrée de ne pas pouvoir échanger entre filles sur le sujet et que sa visite d'aujourd'hui me remplissait de joie.
Les garçons sont partis parler de chariots et de matériel agricole. De sifflet fabriqués en saule aussi. Nous avons passés tous les quatre, je crois, un agréable moment.

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mardi, juin 8 2010

Un éclair

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Moi hier, j'étais formidablement heureuse dans les pré avec ma moitié. Moi debout derrière lui sur le Marathon, j'étais rayonnante.
Ce matin, il m'a invité pour une nouvelle balade. Musique-sur-les-oreilles-appareil-photos-très-mauvais-sens-de-l'équilibre-et-de-l'orientation, j'avais tout de réuni pour être un mauvais coéquipier et je l'ai été.

Ça faisait vraiment très longtemps que je n'avais pas ressenti dans mon ventre tant d'agressivité contre moi. Je me souviens encore parfaitement des douloureuses pensées qui ont presque réussi à me ramener chez moi, à pieds. J'ai senti toute mon énergie se fixer sur le terrible malheur qui venait de m'assaillir: Je suis vraiment trop nulle. A ce moment précis où je veux tout jeter, écraser et disparaître et puis...Dans ses yeux j'ai retrouvé l'incompréhension qui le secoue à chaque fois que je suis comme ça. Je me suis détestée et j'ai entendu son regard me dire qu'il fallait écouter et essayer.

Ma tendre moitié a gagné. Je suis rentrée vraiment très heureuse d'avoir combattu la nullité et défié la facilité. Derrière le Marathon je crois que je saurais ne plus me tromper maintenant. L'attelage et ses challenges me transportent à chaque fois loin des frontières de mon univers et j'adore rentrer de mes voyages avec le sourire de ses souvenirs.

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dimanche, juin 6 2010

Attelage et mariage

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Ce matin, en sortant mon petit chien, je me suis demandée comment pouvait-on être allergique à une si jolie saison. Juste avant de rentrer vite, vite retrouver ma "Ventoline", j'ai cueilli ce coquelicot qui semblait bien être unique. J'ai beaucoup aimé ma pensée d'enfant, juste avant de me décider à le cueillir, qui me racontait qu'il avait croisé mon chemin ce matin, pour me certifier un dimanche aussi beau que lui.

Le rhume des foins, cet importun si fatiguant, l'insupportable qui vient engloutir la fin de mes printemps, depuis plus de trente ans, n'a pas réussi à saboter cette journée préparée...

Ils étaient beaux. Sirano qui avait subi un lavage d'un après midi tout entier aura eu une grande part dans la beauté de la journée d'hier. Le sourire de la marié et ses « trop-de-merci » resteront très longtemps dans mes doux souvenirs d'ici.
J'ai été rudement fière de lui aussi. Il était magnifique dans son rôle de meneur de mariés.

Une demoiselle Lucie aura aussi trouvé une très grande place dans "mon-moment-à-moi". Je lui avais demandé de s'occuper de son petit frère parce que je voulais natter la queue de Sirano et que j'avais très envie de faire des photos de cette journée là.
Un petit frère très grognon, très grincheux et très frustré de ne pas pouvoir monter dans le chariot à côté de son papa. Un petit frère qui avait très chaud et qui n'avait pas assez dormi. Un petit frère qu'elle aime beaucoup et qui l'adore aussi. Ils sont partis rejoindre les amis de ma fille et j'ai retrouvé mon fils assis au milieu d'ados, entre nournours, bières et cigarettes. Lui, dégustait une glace.
Il a été ravi de voir enfin la mariée disparaître dans l'église parce que je lui avais promis qu'il pourrait monter dans le chariot juste après. Ils nous ont ramené à la maison pour nous faire beaux, nous étions invités à l'apéro:
«Tu veux bien que je coiffe Rémi ? »
« Si tu n'as pas peur de l'avis de ton beau père... »
« Non! C'est bon! »

Un après midi ensoleillé, avec plein d'enfants, tous heureux de monter dans le chariot et ceux des mariés avaient même le privilège de tenir un peu les guides à condition de ne pas embêter le cheval. Je reste encore très étonnée de ce que j'ai pu observer entre l'animal et le "dedans d'un enfant". C'est incroyable ce que peut nous offrir la magie une fois opérée. Elle nous livre le reflet du tempérament de l'enfant et dans leurs yeux j'ai trouvé toute la puissance d'une envie d'être grand. J'ai été aussi très surprise à côtés des parents qui nous abandonnaient leur confiance en oubliant que nous n'étions pas du métier et qui semblaient n'avoir pas du tout conscience que l'animal pesait quand même plus de six cents kilos, qu'il faisait parti de ces animaux de proie et qui pouvait donc fuir à tout moment écrasant sur son passage les petits pieds humains.

Monsieur le maire nous a serré la main. Doucement nous nous installons dans ce village là. J'aime vraiment beaucoup cette vie ici et je lui ai dit que nous avions de la chance de voir grandir notre petit garçon au milieu de personnes si gentilles et attentionnées. Je lui ai confié ma certitude qu'en ville, nous n'aurions jamais connu tant de joie et de liberté.

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mardi, juin 1 2010

Prélude

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Notre petit garçon a rejoint sa classe et il était plutôt en forme et content d'y retourner. Ma petite collégienne a eu beaucoup plus de mal à se lever: « Je veux dormir encore un peu maman! »
Je suis sortie de la maison avec elle et sur le chemin, elle m'a parlé de notre enjeu. Elle gagnerait un des petits jouets qui viendrait compléter sa collection "trop bien" . Je l'ai embrassée en lui souhaitant une bonne journée et nos sourires complices se sont quittés.

Les enfants à l'école, nous étions plus que tous les deux à la maison. J'étais très heureuse ce matin de pouvoir l'accompagner dans le village pour faire marcher Tylwyth. J'ai pu constater que le repos était effectivement encore nécessaire même si je suis rassurée, elle ne boite plus . Il m'a dit qu'il comptait sortir Sirano en "marathon", tous les matins de la semaine. Il veut préparer le circuit qu'il fera samedi. J'étais très curieuse de découvrir le déroulement de cette journée si particulière et j'ai laissé tomber mes idées de maison bien astiquée. Je suis partie avec lui.

Nous nous sommes arrêtés dans le grand pré où les jeunes mariés feront les photos. Je lui ai confié que j'aurais adoré notre mariage en chariot bâché moi aussi. Il a souri et nous avons continué notre chemin jusqu'au joli lavoir du village. Là aussi, des clichés sont prévus. C'est un très bel endroit, ils seront beaux tous les deux dans le chariot bâché, bien décoré. Moi, je me suis entraînée à natter la queue de Sirano avec du raphia, comme la tradition le veut. Ce n'est pas parfait, mais je vais encore essayer... Je ferai des photos moi aussi, c'est certain. Je crois bien que je serai très fier de lui et de notre vie ici. Le maire a pour habitude de recevoir le père Noël en voiture tirée par notre trait Comtois et samedi, ce sera un jeune couple du village en tenue de marié qu'il verra arriver en attelage fleuri et enrubanné. Elle lui avait confié que c'était un rêve de petite fille qui allait se réaliser en le remerciant pour le service offert. «Vous viendrez pour l'apéritif ? »

La météo annonce un soleil d'été et moi j'ai demandé à Lucie de garder Rémi. Je veux goûter un bout de cette journée aux senteurs de cuir unis à celui du cheval et gâtée de promesses, d'émotions et de sourires.

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Pssiiiit! Sylvie, voilà la photo du marathon de Tylwyth.

vendredi, mai 21 2010

mélange humain

J'essaie de garder mes sentiments humains... Pour les humains, pour les miens. J'essaie de ne pas calquer mes émotions à ses sensations parce qu'il semblerait qu'eux ne vivent que de ces dernières... Et que personne ne vienne me dire que dans le dictionnaire français, on trouve sensation dans la liste des synonymes de l'émotion parce que sinon je vais finir par me perdre.
C'est posé, raconté et expliqué à tout ceux que « l'éthologie » intéresse: Le cheval suit une sensation et n'a pas d'émotion. D'ailleurs, ils expliquent aussi qu'il est utile de laisser nos émotions aux vestiaire avant d'aller partager un moment avec notre cheval sous peine de l'assaillir ... De nos émotions alors que lui n'a que des sensations... bref...

Bref, n'empêche que moi hier, j'ai dû amener ma pouliche jusqu'à son box pour un repos forcé parce qu'elle boite beaucoup et qu'au téléphone, le vétérinaire nous a conseillé de la rentrer jusqu'à ce matin qu'il vienne comprendre pourquoi Tylwyth souffre en posant son antérieur droit au sol.



N'empêche qu'entre le pré et l'écurie j'ai senti mon émotion remplir mes yeux et qu'un peu plus tard, lorsque je l'ai trouvée coucher, j'ai laissé la sensation me guider et je me suis assise dans le box tout prêt d'elle. Elle, elle a suivi la sienne et a posé sa tête sur mes jambes... Et moi, j'ai eu la sensation étrange que là, posé sur mes genoux elle était bien à se laisser caresser par cet être humain comblé d'émotions.
J'ai appris une chose extraordinaire hier à ses côtés:

L'émotion est conduite par une sensation, elle n'est pas qu'un complément mais plutôt un mélange qui fait que je suis l'être humain et elle, l'équidé... Je ne sais pas qui est le plus à envier...

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mercredi, mai 19 2010

grandir

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Je n'arrive pas à savoir de quelle couleur est habillé mon sentiment. Je suis impatiente d'entendre ce que Clotilde aura à me dire.
Hier matin, j'ai filmé pour la première fois notre séance et j'admets que ma toute première impression en la visionnant a été: "Je ne suis pas très brillante et ma jument est très sage".

Je goûte en ce moment à ce tout nouvel ingrédient que j'aime bien dans ma vie. Grandir. Par petites touches ou en grande quantité, je veux l'utiliser pour agrémenter l'élixir d'une journée alors bien sur, lorsque je sens les croyances coller à mes pensées, je ne peux plus avancer.
C'est très difficile comme exercice que de grandir. Enfin je voulais dire: que de parfumer un plat de cet extrait sans en connaître encore vraiment toute ses saveurs et la force de ses expressions. Difficile alors à doser.

Promis, dès que ma moitié aura installé un nouveau logiciel adapté aux retouches des vidéos, je les ''enregistrerai ici. ''

samedi, mai 1 2010

Seule au pré avec eux

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Depuis que Clotilde L. est passée, je suis vraiment plus à l'aise avec les chevaux. J'ai compris où était leur place et surtout, où se trouve ma zone de sécurité. Ça rassure !

Je vais jouer avec elle, une ou deux fois par jour, parfois trois. Je crois qu'elle aime ça parce qu'elle est toujours heureuse de me voir arriver et je n'ai qu'à l'attendre, elle vient au galop ou en trottinant et chose extraordinaire, elle s'arrête juste au ras de ma « toute nouvelle bulle ». Je la félicite à chaque fois avec des caresses pleine d'affection et de fierté.

Je regarde le calendrier et je sens l'impatience pointer le bout du nez. Attendre encore une vingtaine de jours pour avoir des réponses aux questions que je me pose:

Lorsque je cours avec elle et que je m'arrête brusquement, Tylwyth continue sa course jusqu'à me dépasser tout en contournant « ma bulle » pour enfin ce présenter face à moi. Pourquoi ne s'arrête t-elle pas derrière moi comme j'ai pu le voir sur toutes ces vidéos un peu magiques que raconte le net ou sur les DVD ? Est ce une erreur de statut, de compréhension ?

J'ai beaucoup de mal à lui demander de reculer plus d'un pas. Je me souviens pourtant de cette unique fois où elle est allée au bout de la longe en reculant. Ce jour là, j'ai pu lui demander encore et encore l'exercice, je la voyais s'éloigner et revenir sur une simple demande à la longe... Et puis terminé. Pourquoi ? Je ne sais pas ce que je fais ou ne fais plus pour échouer. Je déteste donner toute mon énergie dans la corde pour qu'elle comprenne. Il faudra sans doute revoir les détails avec Clotilde et en attendant, je me contente d'un pas.

Parfois je rentre avec une tête en point d'interrogation parce que Tylwyth semble ne pas comprendre ce qu'il m'arrive et d'autres fois, je rentre la bouche en coeur, heureuse du moment chargé de complicité et de béatitude. Même si je rencontre des hauts, très haut et des bas, très bas, je sais maintenant que les choses ont changé dans son regard et son attitude, tout comme avec Sirano.

Avec lui aussi, il me tarde de raconter la douce première fois où j'ai décidé que c'était terminé, dans le pré qu'il n'était plus roi et que j'existais.

Je n'ose pas dire cette impression, qui pourtant m'inonde de plaisir. Je n'ose pas dire qu'il me semble que Tylwyth me fait confiance et lorsque Sirano approche vers nous, les oreilles basses, je crois bien pouvoir presque affirmer que juste à cet instant où avant elle fuyait parce que lui l'avait décidé, elle ne bouge plus parce qu'elle sait que je vais manager.

Je dois avouer que ce tout nouveau statut m'intimide beaucoup; j'appréhende de décevoir et le côté nournours à câliner me manque. Avoir le rôle d'apprenti leader n'est pas une tâche simple mais je continue parce que je sais qu'après ce travail là, je pourrai monter sur son dos en toute sécurité.

samedi, avril 24 2010

vendredi 23 avril 2010, que je n'oublierai pas

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J'ai gardé un sourire "con" tout le reste de la journée et en tête tous les jeux appris et leurs raisons d'être.
Je n'ai pas pu résister très longtemps et je suis retournée dans le pré avec les licols, la longe et le stick en main.
Tylwyth est venue en trottinant vers moi, heureuse de me voir et elle s'est arrêtée là, bien avant ma bulle toute neuve. Je me suis avancée pour la caresser. J'ai laissé tout mon être se concentrer dans ma main inexpérimentée, je l'ai dirigée sur sa crinière pour la monter jusqu'en haut de ses oreilles. Une fois posée là, j'ai reconnu le doute venir essayer de gâcher l'instant et je l'ai dépassé. Je crois que c'est la première fois que j'ai accueilli la confiance avec autant de joie et je n'ai pas eu peur une seule seconde.
Je venais tout juste de finir de faire le nœud au licol lorsque Sirano est arrivé près de nous. Sans le regarder, j'ai sommé tout mon corps à boucler les portes d'entrée de ma bulle toute neuve. J'ai senti deux fois la chaleur de ses nasaux me souffler qu'il essayait de s'imposer, je n'ai pas cédé et il est reparti brouter.

J'ai cessé de jouer avec ma jument très vite parce que j'avais envie de rester sur un goût sucré et je me suis tournée vers Sirano. J'ai fait les mêmes gestes avec lui mais plus forts. Je n'ai pas eu peur quand je me imposée et je ne suis pas prête d'oublier ma surprise devant le résultat. Je me souviens encore de cette seconde d'hésitation, de son dernier pas dirigé vers moi et de ma décision. Le souvenir de ce que j'avais appris le matin à balayé définitivement tous les doutes. J'ai serré la longe dans ma main et avec toute l'énergie nécessaire, j'ai dessiné un grand demi cercle avec la corde et j'ai donné l'ordre à son onde d'emmener toute ma détermination au bout du licol. Sirano a reculé d'un pas. J'ai demandé au calme de revenir et je me suis approchée de lui pour le caresser et de rester là... J'ai tourné les talons pour avancer et lorsque je suis arrivée en bout de mes 1m70 de longe, je me suis retournée. il était resté là, connecté. Il me regardait, il attendait. J'ai totalement fondu devant son merveilleux regard. Je me suis penchée et je lui ai demandé de venir, je l'ai félicité et remercié...

Les possibles d'une complicité toute simple, la découverte d'un langage commun et l'ouverture d'une entente entre l'animal et l'humain, voilà de merveilleux cadeaux que m'a offert aujourd'hui Clotilde L. Merci.

mardi, mars 9 2010

Sans milieu

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J'apprends avec délice à maintenir l'équilibre entre la barre du haut et celle tout en bas. A cheval, c'est comme ça et c'est vraiment bon. Je cherche le vrai et j'apprends que rien n'est faux.
J'apprends de mes erreurs, je change parfois de cap et rien ne s'abîme. L'horizon des possibles s'offre à moi et depuis ces quelques jours où la lumière de cette étendue m'éblouit, je ne pense qu'à ça, je suis obsédée par ça, je ne parle que de ça et je ne fais que ça.

Avec Tylwyth j'apprends chaque jour à caresser la douce sensation de plénitude, j'ai de moins en moins peur et puis soudain, ça part de travers, ça déconne et je rends les guides à ma moitié.
C'est comme ça qu'hier ça c'est passé et même si je sais bien que c'est parfois l'extase et parfois le néant dans ce monde équin, j'ai quelquefois encore des coups au moral, une mise au sol qui m'anéantit complètement. Lui, possède ce petit truc que je n'ai pas aux côtés des chevaux. Je devrai passer par les maîtres pour contrôler ce que lui sait être depuis qu'il ai né. Je n'ai rien dit, j'ai essayé d'ignorer ce sentiment qui voulait me happer toute entière et j'ai balayé mes pensées les plus détestables qui m'encombrent ces jours là. J'ai regardé, j'ai sans doute appris aussi et nous sommes rentrés. Tylwyth au box, je me suis approchée d'elle et je l'ai laissé me respirer. Je me suis collée au mur et j'ai fermé les yeux. J'ai senti mon corps s'apaiser et mon âme déposer le drapeau blanc à ses côtés.
J'ai tellement, tellement de choses encore à apprendre avant de la guider à l'attelage ou aux longues rênes, en selle ou en liberté. Oh! Ça non, je ne laisserai pas tomber! J'ai pleuré, contre elle et je lui ai juré d'essayer d'être à la hauteur, je n'étais sans doute pas très rassurante mais j'étais sincère.

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jeudi, mars 4 2010

Douloureusement bon

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Je ne peux plus y aller. Il m'est impossible de trouver une once de plaisir là-bas depuis que je l'ai vu trembler de peur. Cette jument que j'ai appris à aimer, qui était devenue ma complice d'une heure presque chaque semaine depuis des mois, je ne veux plus, je ne peux plus fermer les yeux juste parce qu'il faut apprendre à monter.

Je me souviens de cette grande vague de déception lorsque j'ai confié ma joie à ma moitié :
« Tu as vu ? J'ai réussi à la faire galoper et même quand elle a tapé le pare botte, je n'ai pas cédé !»
Il m'a dit qu'il était désolée de ne pas se réjouir avec moi. Il n'a vu que la souffrance de cette jument et non pas le caractère d'ado rebelle, qu'ils essaient tous là bas, de lui étiqueter. Le moniteur m'avait confié la semaine juste avant que j'étais une des rares avec qui elle acceptait de sauter les obstacles.

Ma peine a été à la hauteur de ma béatitude toute neuve, durant trois semaines. Chaque samedi, je me trouvais des excuses pour ne pas partir au centre équestre et j'ai fini par avouer qu'il avait raison. J'ai précisé mes accusations en racontant que ce mercredi, le coup de grâce est tombé, lorsque j'avais assisté au soit disant « défoulage de cette jument » et c'est précisément là que j'avais compris. J'ai laissé mon chagrin éclater. Je lui ai dit que je n'avais plus la force d'y aller parce que mes yeux c'était ouvert bien trop grand.

Demain je m'en vais apprendre ailleurs et autrement. Demain est une nouvelle page. J'espère que demain je serai de retour à la maison avec le sourire et l'envie.

Ce matin, même si certains muscles m'obligent à porter une minerve, même si je suis tombée de cheval hier, je peux me réjouir d'avoir appris comme jamais je n'avais appris depuis tous ces mois en club. J'ai rencontré des personnes d'une simplicité rare et totalement gouvernées par leur certitude: L'EQUILIBRE du cheval, avant tout! La porte est ouverte, je vois derrière tellement de choses colorées, rondes et douces. Un savoir sans fin et ce qui peut naître et grandir dans une relation d'infimes progrès. J'ai trouvé dans la bouche du cheval qui m'a accompagné hier matin, la légèreté d'une complicité et le confort sur son dos lorsque l'équilibre à été trouvé. Je n'oublierai jamais ce sentiment si puissant qu'au dessus de lui, même si je tenais les ficelles pour le guider, il avait en sa possession toute la finesse du reste et l'envie d'y aller...

Il me faut trouver la volonté d'ouvrir les livres pour apprendre la théorie, jour après jour, j'irais avec Tylwyth débroussailler notre chemin. Je veux atteler en concours et je veux galoper, en selle, dans les prés juste à coté de chez moi. Que personne ne vienne me dire que je ne suis pas douée, que je ne sais pas apprendre, que je ne suis pas sage, que je suis impatiente ou que je suis trop vieille et pas sportive parce que cette personne, je la prendrai par le col et je la ficherai dehors...

dimanche, février 21 2010

Dans les rues du village

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Le soleil est passé de l'autre côté, la journée se termine, le jour rencontre la nuit. Mon attention est soudainement attirée par les bruits de derrière la fenêtre. Je m'étonne d'entendre chanter les oiseaux, je pense au printemps qu'ils annoncent , leurs notes de musique terminent ma généreuse journée.

Ma dernière pensée avant de m'endormir hier soir était pour Tylwyth et ce matin, j'ai pensé au moment où je remonterais. Aucune peur ne m'a bousculée, peut-être quelques appréhensions, celles de l'inconnu et mon vieil ami « le manque de confiance » est venu me titiller un peu.

Lorsque je l'ai sortie de son box, l'anxiété m'a saluée. Mes mains se sont mises à trembler et dans ma voix, il y avait sans doute de fausses notes. J'étais très sûre de mon envie et lorsque j'ai croisé le regard de Tylwyth, juste avant de monter, il était doux. La chaleur de son corps sous le mien a aidé mes épaules à se relâcher et très vite, j'ai laissé son pas bercer mon bassin.
Il était à la tête, prêt à intervenir, je lui ai souvent demandé de se rapprocher lorsqu'il s'éloignait de nous. Dans le village, j'ai passé les petites rues qu'elle connaît à l'attelage et derrière l'école que Rémi retrouvera demain matin, j'ai franchi avec elle un petit talus dans sa montée. Sur le chemin du retour, je lui ai confié ma liberté trouvée.

J'ai pleuré dans ses bras, l'émotion m'a rattrapée. Je crois que j'ai oublié de le remercier. Tylwyth a retrouvé son box et moi, ma vie de maman. Les deux enfants de la maison ont pu profiter de cette légèreté qui m'a accompagnée le reste de la journée.
« Tu vas écrire sur ton blog que tu es très heureuse maman ? »



J'ai tellement de choses encore à apprendre et à lui apprendre mais qu'importe, doucement je vais avancer et un jour ne vous étonnez pas si vous rencontrez une jument noire et blanche avec sur son dos une dame au sourire béat.

samedi, février 20 2010

Première fois

Je ne sais pas combien de fois je l'ai rêvé ni combien de fois je l'ai désiré. Je me souviens que souvent, je sortais de mes songes en me promettant d'immortaliser l'instant en photos.
Le plus important pour la première fois et j'y tenais vraiment beaucoup, c'était qu'elle en garde aussi, un doux souvenir. Je l'imaginais généralement avec une pomme. Passer par son péché mignon, retenir son regard dirigé vers moi, son encolure tournée pour en attraper le morceau, c'était forcement une bonne idée.

Aujourd'hui est un grand jour, je n'avais ni pomme, ni appareil photo mais je crois que mes caresses et ma joie l'auront remerciée et rassasiée. Le tableau de cette occasion sera le plus beau que mes souvenirs garderont dans leur mémoire. Je n'ai rien à regretter.

Lorsqu'il m'a demandé si j'étais déjà montée sur Tylwyth, je lui ai répondu qu'il savait bien que non. Il m'a proposé de trouver un tabouret et il est resté tout à côté d'elle. J'ai fait très attention, il me fallait être la plus douce possible au moment où ma jambe est passée au dessus de son dos. Je n'ai rien touché, ni même effleuré, je me suis posée lentement et doucement j'ai laissé mon corps se placer sur le dos de ma pouliche.

Aujourd'hui est un grand jour, mes yeux se sont embués et j'ai laissé mon sourire couvrir mon visage tout entier et ce soir, ma tête est pleine de ce souvenir et ça me va bien.
Demain, il veut nous voir marcher toutes les deux, juste un tout petit peu parce qu'il faut se rappeler que sa croissance n'est pas encore terminée et que moi, je sais que ce sont les premières fois qui feront d'elle ma complice pour toute une vie...

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Photos prises le lendemain de son arrivée qui était le 09 février 2008. Elle avait presque 8 mois

vendredi, février 19 2010

Aujourd'hui

J'ai envie de dormir
la tête dans mes rêveries
Avec la musique dont j'ai besoin.

Écrire vraiment serait brouillon
Je trie
J'éclaircis
blotti contre lui, ou seule aussi.

Je vois là bas le jour
et dans sept jours que c'est long
Il y a les obligations
surtout celles qui paralysent

il faut que je m'organise
que je planifie
que je mette des notes dans chaque mesure.

Une démangeaison dans l'âme
un bouillonnement ardent du dedans
qu'il faut que je calme.

Pardonnez mon narcissisme.

J'ai envie de dormir
la tête dans mes rêveries
avec la musique dont j'ai besoin.

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Tylwyth février 2008.
Deux années de passer à la regarder grandir et me voilà arrivée tout tout prêt de mon but. Une naissance, une nouvelle vie qui commence, la vie que j'ai dessinée, un livre d'histoires à découvrir et à raconter. Je vais me régaler, je sens la peur s'éloigner et je ne sais pas par quel bout commencer...

mardi, décembre 15 2009

Pour le plaisir

Le froid est arrivé, le pré a séché et nos chevaux ont peu retrouver leur liberté...

dimanche, décembre 6 2009

Isos

Je déteste cette vague d'émotion là. Je la sens monter, pas doucement non, très violemment. Je crois que c'est ça que je déteste le plus. « Les émotions à grande vitesse »

Lorsque je suis arrivée devant le classeur du samedi, comme à chaque fois, je me sens comme une petite fille qui veut, qui ne veut pas... Qui ne sait pas, qui accepte dans tous les cas, sans protester le choix du « maître ».

Aujourd'hui, lorsque j'ai lu son nom, je l'ai un peu détesté parce qu'il sait depuis le début que je ne veux pas monter les grands chevaux. Je lui avais raconté ma chute de petite fille sur ce grand grand cheval, L'humérus cassé et les chevaux au dessus de ma tête. Je l'avais averti que je n'avais même pas envie d'essayer puisque de toute façon ma jument sera classée avec les poneys ou « gabarit petit cheval »et c'était bien comme ça.

Je crois que si mon mari ne m'avait pas pris dans ses bras lorsque je suis rentrée et que dans son regard je n'avais pas trouvé la sincérité d'un homme me donnant raison, je me serais enfuie loin, très loin de ce monde qui me donne le vertige.

Chaque semaine, depuis plus d'un an, j'avance d'un pouce vers la gloire et la richesse de ma liberté et cet après midi j'ai entendu ma peur revenir au galop et aux travers de mes larmes, j'ai avoué au moniteur que je ne pouvais pas la surmonter aujourd'hui, que j'avais bien essayé mais que je ne pouvais même pas entrer dans le box pour le seller... Il m'a laissé rentrer à la maison coupable du crime que je venais de commettre. J'ai reposé la selle du grand grand cheval et son filet. Je me suis assise dans la voiture et j'ai pleuré, pleuré, pleuré et j'ai tourné la clef pour rentrer.

J'ai couru dans l'écurie pour voir Tylwyth. Elle était couchée, elle a "ronronné" lorsque je me suis approchée. Je suis restée près d'elle dans la chaleur et la douceur de son encolure. Je lui ai raconté... Elle m'a consolée et je suis rentrée.

Mon mari m'a pris dans ses bras et j'ai relevé la tête. Non, je n'ai pas encore gagné, peut être que jamais je serais la vainqueur mais je sais que je serais sur le podium. Un jour j'irai jusqu'au bout du chemin et ce jour là, ce sera avec ma jument...

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