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Sur la route qui mène à la gare, je roule dans la nuit déjà bien présente. Dans une vingtaine de minutes je retrouverai ma Lucie pour un week end. J'imagine sa bouille d'ado lorsque je lui proposerai une soirée fast food et un ciné entre filles. La radio allumée sur des musiques de ma jeunesse, j'écoute en suivant le dessin du bitume. J'adore ces moments là. Le silence de mes pensées au rythmes de la musique dans le ronronnement de ma voiture. Je crois que c'est ce que je voulais exprimer lorsque je disais que plus tard ça ne me déplairais pas d'être routière.

Mes pensées me parlent d'une phrase toute faite juste entre deux villages. Sur cette longue route: - " Longue comme un jour sans pain " ...
mon esprit a dérapé sur : "comme un jour sans fin".
C'est comme ça les esprits, parfois ça dérapent ... Enfin le mien est comme ça. Souvent même je dois l'avouer... Bref, me voici partie en plein délire sur cette phrase en me posant la question suivante:

Comment serait un jour sans fin ?

La première remarque était qu'il n'y aurait plus de bonsoir ni de bonne nuit et encore moins d'à demain... Comment se quitterait-on alors ? A tout à l'heure ? A plus tard, je reviens dans la journée ?

Je pense aux matins où je me suis levée du pied gauche et aux jours de travers où j'ai dit: vivement ce soir que je me couche...

Un jour sans fin resterait toujours gauche ou de travers alors ?

Un jour sans fin commence forcement à sa naissance et alors on mourrait le même jour ?

Un jour sans fin n'aurait pas de lune et les pâquerettes ne dormirait plus ?

J'ai ralenti à cause des travaux tout près de la gare. Mon esprit s'est concentré sur ma conduite et l'arrivée de ma fille. Je souris encore une fois à mes fidèles pensées tordues, la voilà sur le trottoir d'en face... Bonsoir Lucie...