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Juste avant de sortir mon petit chien, j'ai pris dans la main, mon cadeau de Noël de la marque à la pomme. Chaque matin s'habille de cette nouvelle habitude. Je glisse ses écouteurs dans mes oreilles après avoir interrogé les alentours parce que je sais que dans un instant je me transformerai en femme sourde.
Mon baladeur m'offre l'option aléatoire, c'est parfait pour ces minutes entre nature et musique que je choisis pour cette sortie obligatoire.
Dehors, il fait froid. Le nez dans le col de mon manteau, je m'engage sur le petit chemin de tous les jours. Le vent souffle sur mon visage et mes oreilles entendent celui qui me transporte ailleurs depuis que je « reconnais » la guitare: "Maxime Rodriguez"  accélère mon pas au rythme de ses cordes. Je n'entends plus la vie autour de moi, il faut que je me retourne, si une voiture arrive derrière moi... Sentiment d'insécurité... Mes pensées se dirigent auprès des sourds, ce monde là, ces gens là, leur vie à eux qu'est-elle vraiment ?

"Le monde d'Amélie Poulain" vient changer la réflexion. Je ne veux plus me retourner, tant pis. Le piano me donne l'ordre du repos, mon pas ralenti, mon regard est doux, je vois au loin la paix que les prés veulent me montrer. Je pense à la mère que je suis pour mes filles. Mes larmes m'engourdissent et brouillent ma vue. Je laisse l'émotion me parler d'un âge que j'ai connu et je compare les deux générations que je connais mieux depuis ces dernières années. Je pense à internet, blogs, musique... Ce monde virtuel qui attrape n'importe quel être humain dans sa magie et sa souricière. Je sens la fragilité de cet état changeant lorsque dans les oreilles une musique dicte la nostalgie ou bien l'envie de liberté...

"Dream a little Dream" tourne la page. Le voile de mes yeux se lève et mon dos aussi. Me voici transportée dans un monde d'envies et de certitudes. Un confort que j'aime trouver sur les pas du retour avant la porte de l'entrée d'une maison encore endormie. Je veux croire que je n'ai pas vieilli, que tout m'est encore permis. Une année écoulée, je ne suis pas sûr de savoir ou j'en suis et si toutes les pages que j'y ai laissées me plaisent, mais je sais que je n'ai rien à détester de moi pour cette année passée. C'est idiot ce calendrier, rien à changé entre demain et aujourd'hui mais aujourd'hui, j'ai des envies. Envie de préciser mes projets avec lui et je crois bien que je vais tenter la liste des résolutions. Je hais pourtant ce genre de pari, je sais qu'il nous sera impossible de tout réaliser mais j'ai envie d'essayer au moins cette année en promettant d'écrire au feutre rouge indélébile: "Jamais sévère pour ce qui ne sera pas fait"...

Ses filles sont reparties et les miennes aussi. Il nous faudra, comme à chaque fois nous réhabituer au vide laissé et nous reposer aussi...

Je vous souhaite une excellente année.

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