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Hier matin, j'aurais pu écrire que j'avais senti le vent de la nouvelle année. Tous nos visiteurs ont regagné leur domicile. Le calme et le désordre laissés m'ont donné cet élan qui prend généralement au printemps, lorsque le soleil s'installe tout entier dans la maison pointant de ses rayons chaque toile d'araignée ou grain de poussière. Ici, on parle de couche épaisse et de crasse au sol. Je n'ai même pas senti rosir mes joues lorsque j'ai eu terminé l'inspection des travaux ménager à faire. Il m'a fallu la matinée toute entière pour la cuisine. J'ai rendu l'éponge et le chiffon à l'heure du déjeuner en déclarant que c'était tout pour aujourd'hui concernant le ménage. Il me restait une galette à faire et après je voulais toute une après midi peinte de « rien à faire ».
Je me suis allongée pour une courte sieste et puis... Et puis les heures ont dévoré tout le reste de ce dimanche. Je me souviens qu'en me couchant je mettais promis
« demain je recommencerai avec la même ardeur ». Retrouver mes repères, ma maison à dorloter et ce qui me tient à cœur pour cette année:
apprendre avec Tylwyth la légèreté d'une douce complicité et apprivoiser les cordes de ma guitare.

Le réveil a sonné. A 6 heures, en janvier, je ne pouvais pas compter sur les oiseaux pour me chanter le petit matin, alors j'ai allumé un feu dans la cuisinière et j'ai bu mon café. Dehors il faisait -10° et il n'y avait pas le moindre petit flocon de neige comme je l'avais fanfaronné à Leia juste après le « bonne nuit » d'hier soir.
J'ai essayé de trouver par quel bout commencer le décrassage du château et j'ai un peu rangé. Je me suis installée plusieurs fois avec ma guitare et je l'ai quittée à chaque fois avec les larmes au fond de la gorge et l'idée que je n'étais vraiment pas douée... J'ai cherché plusieurs fois Tylwyth par la fenêtre et j'étais à deux doigts d'y aller. Ce soir, je l'ai ramenée au box sans la regarder, sans la caresser. Je ne sais pas par où commencer et je ne sais pas si je pourrai toucher un jour à mon rêve...
Ce soir, je me sens seule enfermée dans cette bulle que je connais par cœur et je ne sais pas si je dois avoir peur ou non de cette humeur là... Pour ça non plus je ne suis pas douée.

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