A plusieurs reprise, je lui ai dit qu'il allait me manquer. Comme à chaque fois qu'il doit partir, je pense aux avions qui ne sont jamais arrivés et avec l'hiver, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à l'accident de voiture sur la route de l'aéroport. Je me suis réveillée au milieu de la nuit et c'est ma main sur son oreiller qui m'a alerté qu'il s'était déjà levé. Je déteste le premier jour, le vide qu'il laisse derrière lui. Quoique je fasse à la maison, j'ai l'impression de tourner en rond, je ne dors plus et j'avoue détester aussi le silence qui gouverne toutes les pièces.

Juste après mon café, j'ai allumé mon ordinateur, il faisait bon dans mon bureau, j'ai pensé à lui et je l'ai remercié par la pensée d'avoir pris soin de remplir la chaudière de bois, avant de s'en aller. J'ai remis ma douche à plus tard et j'ai supplié le petit Capi de rester encore un peu au panier. j'avais juste envie d'essayer de trouver quelque part assez de force pour au moins la matinée.

Leia m'a appelé, elle s'en allait vivre sa journée de petite collégienne. J'ai eu envie de l'accompagner jusqu'en haut de la rue. J'ai appelé mon chien et nous sommes partis. Le thermomètre indiquait -12°, je n'ai pas senti le froid tout de suite. J'ai entendu chacun de mes pas revenir à la maison et c'est en rentrant que j'ai pleuré.

Je déteste ce premier jour, celui qui vient me flanquer son air de solitude en pleine figure, celui qui m'oblige à me regarder dans le miroir et à vivre en tête à tête avec moi...

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