J'ai aimé les moments de ma journée, je peux même dire que j'en ai adorés. Une chose est sûre, c'est que ce jour restera marqué par sa douceur et sa légèreté.
Je n'avais pas envie de la regarder se faire dévorer par les obligations et le petit ange-démon de la maison. Petit garçon de trois ans et demi, certains appellent ça: la petite adolescence... Ça lui ressemble.

Tout en m'habillant, je lui ai dit qu'il était important que je puisse "p'ti-déjeuner" sans notre petit garçon, que si je me pressais, c'était pour que je puisse entendre ce dimanche matin dans le silence de la cuisine et du jardin juste à côté, je voulais être seule à l'instant ou il m'offrait ses premiers rayons de soleil. Je savais qu'après ces quelques minutes de retraite, je pouvais laisser une tempête arriver même si j'étais très décidée à ne plus le laisser m'engloutir.
Je ne m'étais pas surchargée non plus de « trop à faire », juste une galette à préparer pour nos invités de l'après midi et le soleil qui chauffait la desserte m'avait ordonné d'enlever la poussière. C'est tout...
En fin de matinée, je me suis glissée dans un bain, j'ai entendu mon souffle respirer l'air jusqu'au bout des ses poumons, j'ai senti mon corps tout entier se détendre; morceaux par morceaux. Je les ai rassemblés et devant le miroir, je me suis trouvée jolie.

En avalant mon café, j'ai pensé aux milliers de choses que nous avions à nous raconter. Il y avait des enfants ici, je savais aussi que ce serait sûrement pour une autre fois le partage de confidences entre filles. Qu'importe, les retrouver, c'était la seule vraie envie qui me ravissait ce matin. C'est le parrain et la marraine de notre petit garçon, nos amis aussi et nous avons laissé beaucoup trop de semaines sans prendre ce temps qui, après coup, m'enveloppe de ses bras en me chuchotant le regret du "plus souvent" en me faisant promettre de ne plus négliger cette part de ma vie. Je n'ai rien promis en leur souhaitant une bonne fin de dimanche.

Je suis certaine aussi qu'il s'est gravé un essentiel aujourd'hui, sur le chemin que j'ai emprunté avec Tylwyth, il y a presque trois ans maintenant. Le moral peut descendre, même très bas, je sais ou regarder et j'ai trouvé des trésors à partager. Du travail, il y en a pour des années, toutes les années qu'il me reste à ses côtés, aujourd'hui j'ai relevé les manches, je sais que peux y arriver.

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