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Entre notre chambre et la cuisine, je marche dans le long couloir et mon cerveau essaie de compter combien de personnes il y a derrière chaque porte rencontrée. Je descend les escaliers et c'est seulement là que je réussi à me souvenir que ce matin, j'avais deux de mes filles et notre petit garçon à accueillir pour le petit déjeuner.
J'ai pris mon bol de café et je me suis assise à table en tentant de répondre aux questions: « Qui arrive aujourd'hui, qui repart et demain? » Je n'ai pas envie de manger, je ne sais pas quoi avaler. J'attendrai que mon estomac me fasse signe, certaine que lui, saura me dire.
« Ça y est je sais, c'est lundi qu'il faut cocher et puis jeudi aussi. »

Mon esprit se fixe ensuite, sur les choses à faire aujourd'hui. Je rassemble les plus pressées et c'est la chaudière à démarrer que je mets en priorité. Mon petit chien dort dans son panier, je sais que dans les prochaines minutes, je vais m'exposer aux moins 9 degrés que mon thermomètre vient de m'indiquer. Je profite de cet instant de tranquillité pour allumer mon PC et venir ici « Ça fait si longtemps ? »

Je me suis laissée happer par le tourbillon des virus, de la fièvre, des urgences et des questions qui me bousculent lorsque je pense à elle...
Nous étions en « mode vielle », deux parents transparents et leur petit garçon qu'il fallait surveiller, jour et nuit. La tyrannie des convulsions et la méchante adolescence de ma fille m'ont ébranlées plus que je le pensais.

Ce matin, je reste épuisée tout en dedans et je n'aime pas celle du dehors... où peut être l'inverse. Je ne sais pas. Ce sont mes rêves qui allument cette obscurité ou ce sont eux qui éteignent mes journées, je ne sais plus.