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Je ne peux plus y aller. Il m'est impossible de trouver une once de plaisir là-bas depuis que je l'ai vu trembler de peur. Cette jument que j'ai appris à aimer, qui était devenue ma complice d'une heure presque chaque semaine depuis des mois, je ne veux plus, je ne peux plus fermer les yeux juste parce qu'il faut apprendre à monter.

Je me souviens de cette grande vague de déception lorsque j'ai confié ma joie à ma moitié :
« Tu as vu ? J'ai réussi à la faire galoper et même quand elle a tapé le pare botte, je n'ai pas cédé !»
Il m'a dit qu'il était désolée de ne pas se réjouir avec moi. Il n'a vu que la souffrance de cette jument et non pas le caractère d'ado rebelle, qu'ils essaient tous là bas, de lui étiqueter. Le moniteur m'avait confié la semaine juste avant que j'étais une des rares avec qui elle acceptait de sauter les obstacles.

Ma peine a été à la hauteur de ma béatitude toute neuve, durant trois semaines. Chaque samedi, je me trouvais des excuses pour ne pas partir au centre équestre et j'ai fini par avouer qu'il avait raison. J'ai précisé mes accusations en racontant que ce mercredi, le coup de grâce est tombé, lorsque j'avais assisté au soit disant « défoulage de cette jument » et c'est précisément là que j'avais compris. J'ai laissé mon chagrin éclater. Je lui ai dit que je n'avais plus la force d'y aller parce que mes yeux c'était ouvert bien trop grand.

Demain je m'en vais apprendre ailleurs et autrement. Demain est une nouvelle page. J'espère que demain je serai de retour à la maison avec le sourire et l'envie.

Ce matin, même si certains muscles m'obligent à porter une minerve, même si je suis tombée de cheval hier, je peux me réjouir d'avoir appris comme jamais je n'avais appris depuis tous ces mois en club. J'ai rencontré des personnes d'une simplicité rare et totalement gouvernées par leur certitude: L'EQUILIBRE du cheval, avant tout! La porte est ouverte, je vois derrière tellement de choses colorées, rondes et douces. Un savoir sans fin et ce qui peut naître et grandir dans une relation d'infimes progrès. J'ai trouvé dans la bouche du cheval qui m'a accompagné hier matin, la légèreté d'une complicité et le confort sur son dos lorsque l'équilibre à été trouvé. Je n'oublierai jamais ce sentiment si puissant qu'au dessus de lui, même si je tenais les ficelles pour le guider, il avait en sa possession toute la finesse du reste et l'envie d'y aller...

Il me faut trouver la volonté d'ouvrir les livres pour apprendre la théorie, jour après jour, j'irais avec Tylwyth débroussailler notre chemin. Je veux atteler en concours et je veux galoper, en selle, dans les prés juste à coté de chez moi. Que personne ne vienne me dire que je ne suis pas douée, que je ne sais pas apprendre, que je ne suis pas sage, que je suis impatiente ou que je suis trop vieille et pas sportive parce que cette personne, je la prendrai par le col et je la ficherai dehors...